La liste des clients de Safran Data Systems est extrêmement prestigieuse. D'ailleurs, elle regroupe pratiquement tout le bottin des plus grands industriels mondiaux de l'aérospatial (Boeing, Lockheed Martin, Raytheon, SpaceX, ULA, Airbus, Dassault Aviation, ArianeGroup, KAI...) des plus grandes agences spatiales (NASA, ESA, CNES, Roscosmos, JAXA...) et des centres d'essais les plus illustres (US Air Force, US Army, US Navy, Chine, Israël, Corée du sud, Japon, Australie...) Un tableau de chasse dont aucune entreprise n'oserait rêver dans l'aérospatial. Mais Safran Data Systems (SDS), basé à La Teste de Buch en Gironde et présent dans 40 pays, l'a fait. Ce qui fait d'elle une entreprise quasi incontournable dans la filière aérospatiale mondiale. Cette pépite, héritée de Zodiac, est donc naturellement le leader mondial sur son marché de niche : instrumentation d'essais, télémesure et communications pour l'espace.
Cette entreprise, qui a aujourd'hui la taille d'une belle ETI (750 personnes), ne connait pas la crise. Elle est en croissance de 6% par an depuis plus de huit ans et a porté en 2020 son chiffre d'affaires à environ 160 millions d'euros, dont 100 millions issus de ses activités spatiales lancées en 2001 et qui sont aujourd'hui en plein essor. "Ces nouveaux projets vont nous aider à tenir des objectifs de croissance et, bien entendu, on a envie d'être dans ces marchés de constellation", a assuré le PDG de Safran Data Systems, Jean-Marie Bétermier, également patron de la division espace de Safran Electronics & Defense, qui réinvestit 15% de son chiffre d'affaires dans la R&D.
Tous ces satellites auront besoin de communiquer avec le sol. Tout bénéfique pour SDS car, la profusion de ces projets "va nécessiter un accroissement important du nombre" d'antennes au sol. C'est d'ailleurs pour cela que l'usine de La Teste (156 salariés) a été agrandie afin de pouvoir répondre à la demande en forte croissance, notamment en raison de l'irruption rapide de nouveaux acteurs du NewSpace. Cet investissement de 6,5 millions d'euros permettra d'améliorer l'efficacité industrielle d'environ 60%. En 2020, l'usine de La Teste de Buch a livré une cinquantaine d'antennes, dont certaines - les plus complexes - exigent douze mois d'assemblage.