Dans le spatial, Safran gonfle ses muscles en remettant dans un premier temps de l'ordre dans ses activités (hors ArianeGroup), jusqu'ici un peu éparpillées dans tout le groupe. Le patron de Safran Electronics & Defense (SED) Martin Sion a créé cet été au sein de SED une direction Espace, qui pèse 170 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 100 millions générés par Safran Data Systems, et emploie 1.000 personnes environ (8 sites en France et trois filiales à l'étranger). Ce qui fait de Safran, l'équipementier le plus important en poids de la filière spatiale en France. Une consolidation qui dévoile clairement de nouvelles ambitions dans le spatial pour Safran (hors ArianeGroup). Cette orientation s'inscrit pleinement dans la stratégie voulue par le nouveau directeur général de Safran Olivier Andriès, qui fait de la souveraineté un de ses axes de croissance dans les activités de défense et de l'espace.
Cette réorganisation prend tout son sens sur le plan opérationnel afin de créer des synergies commerciales entre les activités regroupées et surtout, au moment où le spatial est sur une belle dynamique comme en témoigne les nombreuses opportunités offertes par le NewSpace sur le plan commercial. "Les activités spatiales sont en plein essor", s'est d'ailleurs réjoui le président de SED. Sans oublier enfin le plan de relance annoncé mardi par Emmanuel Macron et dans lequel le spatial tient sa place. En tant que premier équipementier dans le spatial, Safran va désormais peser de tout son poids pour bénéficier de ces financements publics. D'autant que le groupe a déjà raté début 2020 le train du plan spatial pour les équipementiers doté d'une quarantaine de millions et approuvé par les pouvoirs publics au sein du Cospace.