Stratobus : enfin une première marque d'intérêt du ministère des Armées

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Le développement du Stratobus réunit cinq industriels français ainsi que l'ONERA en charge d'étudier la dynamique de vol : TAS, Tronico-Alcen (distribution de l'énergie à bord), Solution F (pour la propulsion électrique), Airstar Aerospace (l'enveloppe) et CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée) pour la (nacelle et l'anneau)
Le développement du Stratobus réunit cinq industriels français ainsi que l'ONERA en charge d'étudier la dynamique de vol : TAS, Tronico-Alcen (distribution de l'énergie à bord), Solution F (pour la propulsion électrique), Airstar Aerospace (l'enveloppe) et CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée) pour la (nacelle et l'anneau) (Crédits : Thales Alenia Space)
Thales Alenia Space a signé avec la Direction générale de l'armement un contrat d'étude de concept sur Stratobus, un dirigeable stratosphérique. Ce contrat marque une étape clé vers la définition d'une éventuelle solution opérationnelle pour les armées françaises.

Après une très longue attente, Thales Alenia Space (TAS) et sa maison mère Thales ont enfin signé avec la Direction générale de l'armement (DGA) un contrat d'étude de concept sur Stratobus, un dirigeable stratosphérique dont le coût de développement est estimé entre 100 et 150 millions d'euros. Les études, qui ont toutefois un périmètre restreint, portent uniquement sur les seules applications ISR (Intelligence, Surveillance et Reconnaissance) à bord de Stratobus qui seront destinées à répondre aux besoins opérationnels des armées françaises.

Ce contrat était attendu en juin, puis au cœur de l'été... Il "marque une étape clé vers la définition d'une éventuelle solution opérationnelle en lien avec les utilisateurs", a assuré le directeur de la ligne de produit Stratobus, Jean-Philippe Chessel, cité dans un communiqué commun de TAS et Thales, qui fournira les radars aéroportés pour la simulation. Ce contrat intervient à la suite d'un premier financement décidé par la France dans le cadre du Plan d'Investissement d'Avenir (PIA), puis d'un soutien du fonds européen de développement régional (FEDER) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA).

Un programme qui prend du retard

Ce contrat pote précisément sur deux études : l'étude d'un concept opérationnel d'une mission ISR, incluant des exercices de simulation de son fonctionnement sur des théâtres d'opération et l'étude d'un concept de démonstrateur échelle 1 capable de voler dans la stratosphère afin de démontrer les performances en vol d'une mission ISR. Un des défis sera de certifier des technologies aéronautiques dans un environnement (stratosphère) beaucoup plus plus proches de ceux dans l'espace. Des composants aéronautiques qui sont beaucoup moins chers que ceux habituellement intégrés sur les satellites.

Ces études permettront "de préparer les entrées nécessaires au développement de la solution complète incluant l'avionique dronisée et fiabilisée ainsi que l'ensemble des segments de contrôle, l'objectif étant d'aboutir à une démonstration en vol pour fin 2023", a expliqué Jean-Philippe Chessel. Soit avec un an de retard environ par rapport à une précédente estimation. In fine, "ce contrat a pour objet d'évaluer la pertinence des solutions stratosphériques persistantes de type Stratobus pour les besoins de défense", a-t-il affirmé.

Stratobus, un espion stratosphérique

L'intérêt des solutions stratosphériques de type Stratobus est double, selon TAS : "Il accroît notablement la zone surveillée depuis un unique porteur, notamment en permettant de s'abstraire des masques de terrain. Il offre une persistance sur zone qui complète et améliore la résilience vis-à-vis des solutions existantes, navales, aéroportées, terrestres et spatiales". Stratobus est un ballon stratosphérique dirigeable autonome de la famille des HAPS (High Altitude Platform System) et positionné à 20 km d'altitude. Stratobus peut devenir un "game changer" tant pour l'observation de la terre et les communications que pour son utilisation militaires. Ainsi il pourrait être très utile dans la bande sahélo-saharienne (BSS), une zone d'action pourtant très vaste, grâce à son temps d'observation très prolongé. Et ce d'autant que le Stratobus resterait protégé en raison de la supériorité aérienne française.

Avec une couverture régionale permanente, il est le complément idéal d'une solution par satellite. Stratobus pourra embarquer des missions de type surveillance des frontières, de sites critiques sur terre comme sur mer (vidéo protection des plates-formes off-shore), de la sécurité militaire (lutte contre le terrorisme, les trafics de stupéfiant), mais aussi de contrôle environnemental (feux de forêts, érosion des plages, pollutions...) et télécoms (internet, 5G).

Thales à la tête d'un groupe de PME

Le développement du Stratobus réunit cinq industriels français : TAS, Tronico-Alcen (distribution de l'énergie à bord), Solution F pour la propulsion électrique, Airstar Aerospace pour l'enveloppe et CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée) pour la nacelle et l'anneau. Deux sociétés étrangères sont également déjà à bord, l'entreprise norvégienne Prototech (pile à combustible réversible) et la néerlandaise SSBV (système de sauvegarde).

Enfin, l'ONERA est en charge d'étudier la dynamique de vol (modèles de vol, simulation, développement d'outils, pilotage, guidage) et son aérodynamique (modèles, maquettes, essais en soufflerie, calculs des caractéristiques aérodynamiques, y compris celles des hélices).

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Commentaires
a écrit le 18/01/2020 à 14:29 :
Il aurait été très utile aux australiens...



Le Sahara n'est pas la seule grande étendu méritant notre attention, par ailleurs, le complément de ce dirigeable, ce sont des drones armées de missiles aux frappes chirurgicales, nul besoin d'hommes au sol avec des matériels lourds à transporter par un avion qui n'existe pas!



Donc, réallouer les sommes consacrés au développement de l'inutile (les hussards de Napoléon c'est terminé) et aux guerres inutiles à des projets utiles et faire un dirigeable invisible aux radars...
a écrit le 11/01/2020 à 19:36 :
Un très bon développement , s'est sûrement moins chere qu'un satellite d'observation ... Se sera un bon drone MÂLE à grande capacite ... Une bonne plateforme de relais radio ... Et pour surveiller les terroristes en mobilette se sera parfait ...
Réponse de le 12/01/2020 à 15:42 :
a 20 km d'altitude, il est hors de portée des missiles accessible à des combattants islamiques ou autres (seuls les grandes puissances comme la Russie ont des missiles avec cette portée)
Le Stratobus peut rester longtemps sur zone . Il est vulnérable seulement quand il descend pour maintenance (info non disponible mais sans doute au moins un mois)

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