Pourquoi Cardin a toutes les chances de devenir chinois

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Officiellement en vente pour 1 milliard d'euros, la marque française suscite l'intérêt de plusieurs entreprises de textile chinoises qui tentent de faire baisser le prix.

C'est sur le pont d'un porte-avions racheté à l'Ukraine au début des années 1990, au milieu d'un décor d'avions de chasse et d'hélicoptères, que Pierre Cardin a décidé de dévoiler en Chine sa nouvelle collection. Le créateur connu pour sa folie des grandeurs dans l'ex-empire du Milieu - il a dans le passé fait défiler ses modèles dans le désert de Gobi ou sur la grande muraille - n'a jamais lésiné sur les moyens pour y faire sa promotion. D'ailleurs, c'est sans doute le créateur le plus connu du grand public et surtout le plus acheté. Et c'est peut-être ici aussi que Pierre Cardin, 88 ans, décidera de vendre sa marque dont il a récemment annoncé au Wall Street Journal qu'elle était officiellement en vente pour 1 milliard d'euros. « J'ai eu des offres d'acheteurs aux États-Unis ou en Angleterre mais je préférai en effet que les Chinois soient propriétaires de ma marque. Cela me semble plus courtois de ma part », a-t-il indiqué vendredi lors d'une conférence de presse à Tianjin, près de Pékin.

Plus de 1.000 boutiques Cardin en Chine

L'histoire d'amour du créateur français avec la Chine remonte au début des années 1990. À l'époque, il n'avait alors pas hésité à être le tout premier à investir massivement pour prendre pied sur un marché à la fois vierge et très risqué. Son flair d'homme d'affaires affûté a porté ses fruits : Pierre Cardin est présent en Chine dans plus de 1.000 boutiques (dont beaucoup en franchise) et plus de 100.000 employés sur un total d'environ 200.000. Son chiffre d'affaires y croît de 20 % par an depuis plus d'une décennie. En 2009 il y a vendu 32 licences à deux entreprises chinoises pour 200 millions d'euros.

Officieusement, cela fait deux ans déjà qu'il cherche en Chine un repreneur et il avoue avoir reçu plusieurs propositions. Selon Fang Fang, la représentante de la marque en Chine, les acquéreurs potentiels chinois seraient tous des entreprises de textile dont certaines déjà implantées en France espèrent acquérir un savoir-faire et une reconnaissance qui leur manquent. « L'objectif premier serait avant tout de continuer à développer la marque en Chine. Mais à terme évidemment tous ont l'ambition de s'en servir comme tremplin pour l'international », explique la directrice de Cardin en Chine. Le dossier Pierre Cardin s'inscrit parfaitement dans le cadre de la stratégie des autorités chinoises qui poussent ses entreprises à mettre la main sur des sociétés étrangères dans le but d'acquérir leur technique. Dans tous les cas de figure, Pierre Cardin resterait actionnaire minoritaire.

Un milliard d'euros, c'est trop

Quant au prix affiché d'un milliard d'euros, et jugé bien trop élevé par les analystes, Pierre Cardin continue de le défendre. « S'ils n'ont pas les moyens d'acheter, qu'ils n'achètent pas. C'est très clair », déclare-t-il sûr de la valeur de sa marque déclinée dans plus d'une centaine de produits : linge de maison, accessoires et même théâtre. Fang Fang avoue que les candidats chinois au rachat de la marque française ont bien tenté de négocier le prix à la baisse mais, explique Fang Fang, « tant que les négociations continuent, c'est qu'ils savent reconnaître la vraie valeur de Pierre Cardin ».

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Commentaires
a écrit le 16/05/2011 à 10:45 :
de toutes façons tout Pierre Cardin est déjà fabriqué en chine (chemises, gadgets, etc), donc ça ne change pas grand chose. Cela fait longtemps que ça n'a de français que le nom...
a écrit le 16/05/2011 à 10:44 :
de toutes façons il faisait déjà tout fabriquer en chine.

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