L'industrie mondiale de la bière en pleine effervescence

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Après le rachat, début août, d'Aleadri par Kirin et avant celui, imminent, d'Independent Liquor par Asahi, SABMiller réitère son offre de 7 milliards d'euros sur Foster's, mais de manière hostile cette fois. Cette dernière a été rejetée par Foster ce jeudi.

Vent d'ivresse sur le marché de la bière. Les projets d'acquisition se multiplient en cette période estivale. Le 2 août, le deuxième brasseur japonais, Kirin, a déboursé 2,5 milliards de dollars pour avaler le brésilien Aleadri et prendre position sur un marché en plein essor. Asahi, le numéro un japonais du secteur, est dans les starting-blocks pour faire une offre d'achat sur le néo-zélandais Independent Liquor, à hauteur de 1,2 milliard de dollars.

Mercredi, le numéro deux mondial de la bière, le britannique d'origine sud-africaine SABMiller, qui produit des marques internationales haut de gamme, comme Grolsch, Miller Genuine Draft, et Pilsner, est revenu à la charge sur l'australien Foster's, producteur de la célèbre bière éponyme. Deux mois après avoir fait une offre amicale à 9,5 milliards de dollars australiens (7 milliards d'euros auxquels il faut ajouter 700 millions de reprise de dette), immédiatement rejetée par le conseil d'administration du groupe australien, le directeur général de SABMiller, Graham Mackay, a décidé de lancer une OPA hostile du même montant (4,90 dollars par action). D'ailleurs, le brasseur australien a fait savoir ce jeudi qu'il rejette cette nouvelle offre (hostile) en déclarant : "le directoire de Foster's, avec ses conseillers, a étudié avec attention l'offre et entend unanimement recommander aux actionnaires de la rejeter".

En réalité, fidèle à sa réputation de ne pas surpayer ces acquisitions, Graham Mackay a fait une offre aux actionnaires de Foster's moins favorable dans la mesure où il est précisé que tout dividende versé à l'avenir par Foster's sera déduit de l'offre. « On peut donc considérer que le prix est inférieur à l'offre initiale », explique un actionnaire de Foster's. Pis, le 21 juin dernier, l'offre initiale de SABMiller octroyait une prime de 8,2 % par rapport au cours de clôture de la veille. Mercredi, la prime n'était plus que de 1,2 %. Le 5 août, le cours de Forster's était même passé sous le niveau de l'offre du brasseur britannique.

Une dure réalité alors que la majorité des analystes attendaient au contraire un relèvement de l'offre autour de 5,2 à 5,4 dollars. Mais « la forte volatilité des capitalisations boursières et l'absence, à ce jour, d'une contre-offre plus alléchante a fragilisé les positions de Foster's », explique un analyste anglo-saxon. Asahi, Suntory ou encore Anheuser-Busch InBev, le leader mondial) n'ont pas souhaité faire de commentaires sur leurs intentions.

SABMiller a beaucoup à gagner en rachetant son concurrent australien. Ce dernier dégage des marges de 38 %, deux fois supérieures à celles observées dans le secteur. En outre, selon Zsuzsa Szilagyi, spécialiste des boissons alcoolisées chez Euromonitor, « l'intérêt de SABMiller s'inscrit dans sa stratégie pour générer plus de croissance, le groupe étant bien moins présent que ses concurrents mondiaux dans les pays développés à haute valeur ajoutée », tels que AB InBev, Heineken ou Carlsberg.

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Commentaires
a écrit le 18/08/2011 à 12:57 :
Est-ce bien normal toute cette concentration sans un mot des régulateurs ? SAB dispose d'un grand actionnaire à 38 % ce qui présage encore la concentration de la concentration.
Réponse de le 18/08/2011 à 19:55 :
Corso pourquoi se compliquer la vie, avec des actionnaires et des pourcentage, la bière est une valeur sur toute la planète terre, on boiras toujours du vin du pastis, mais une bière bien fraiche, c'est le paradis, et peu importe qui est derrière, c'est le plaisir de boire une bière et avec tout les pays que j'ai fait j'ai au moins gouté une bière du cru.
Réponse de le 25/08/2011 à 13:59 :
La bière se boit tiède, c'es ce qui fait sa force.
Il ne faut pas oublier que le premier produit des céréales ce'st la bière

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