Doux : combat de coqs entre Arnaud Montebourg et les repreneurs

Xavier Beulin, président de Sofiprotéol, estime "inévitable" les pertes d'emploi lors de la reprise du groupe breton de volailles mis en redressement judiciaire début juin. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, plaide toujours pour une "solution globale", sans dépeçage.

2 mn

Ludovic/Rea
Ludovic/Rea (Crédits : AFP)

Partout, à Bercy comme dans les états-majors des grands groupes, Arnaud Montebourg agace, comme l'affirme "Le Canard Enchaîné" du mercredi 11 juillet. Le ministre du Redressement productif irrite aussi les candidats à la reprise du groupe Doux placé en redressement judiciaire début juin. Parmi eux, figure Sofiprotéol. "Vendredi 6 juillet, à 18h01, 1 minute après la fin du délai de dépôt des offres de reprise au Tribunal de commerce de Quimper, il avait déjà fait part de sa réaction à la presse", souligne un proche du président de Sofiprotéol, Xavier Beulin, et par ailleurs, président de la FNSEA, principal syndicat agricole en France.

Des pertes d'emplois inévitables

Alors que sept offres venaient d'être déposées au Tribunal de Commerce de Quimper, l'entourage d'Arnaud Montebourg avait fait savoir que "le compte n'y était pas". Quelques jours auparavant, le ministre du Redressement productif avait rappelé qu'il attendait "une solution française" et "globale" pour la reprise du groupe volailler, qui emploie 3.400 salariés. "Nous refusons la stratégie du dépeçage et du démembrement", avait déclaré le ministre lors d'une conférence de presse. Et depuis il exige que les offres soient améliorées. "Ce n'est pas comme cela qu'il faut avancer sur ce dossier. Qu'il cesse de dire que l'offre de Sofiprotéol est insuffisante !", regrette l'entourage du patron de ce groupe agroalimentaire.

Sofiprotéol assure "coordonner les offres de reprise de LDC, Terrena, Tilly-Sabco, Glon Sanders, Duc et Triskalia". Cette offre est, dit-il, un "garde-fou pour éviter un dépeçage". "Dans la reprise du groupe Doux, ne nous le cachons pas, il y aura inévitablement des pertes d'emplois", a averti Xavier Beulin lors d'une conférence de presse ce mercredi 11 juillet. Déjà des chiffres circulent. Entre 1.000 et 1.500 emplois sur les 3.400 salariés de Doux seraient menacés. Car trois usines de Doux (Pleucadeuc, Graincourt et Quimper) ne sont pas concernées par l'offre de reprise portée par Sofiprotéol, a confirmé Xavier beulin.

Eviter la fermeture des poulaillers

Alors qu'une grève des transporteurs menace Doux, vendredi prochain, Sofiprotéol n'hésite pas à agiter le chiffon rouge. "Il faut d'abord veiller au maintien de la production de poulets. Car, si on ferme des poulaillers, c'est toute la filière des abattoirs et de la découpe qui sera concernée. Et ces marchés, porteurs à l'export, seront repris par d'autres. Eux ne seront pas français", prévient l'entourage de Xavier Beulin. Sofiprotéol promet cependant d'améliorer son offre d'ici au 23 juillet, date fixée par les autorités judiciaires.

2 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 17
à écrit le 12/07/2012 à 16:11
Signaler
C'est évident que la position de Montebourg est difficile et peut-être ne débouchera sur rien. Mais je la trouve 10. 000 fois plus respectable que de baisser les bras et laisser des industriels couler leur business sans rien faire! L'Etat est là au m...

à écrit le 12/07/2012 à 15:19
Signaler
Montebourg va y laisser des plumes ! Notre Zorro (en attendant Zéro) du redressement productif, a du pain sur la planche ! Tous les économistes, et journalistes, avaient alerté l'opinion publique depuis bien des mois. Il aurait fallu que ces messieur...

le 12/07/2012 à 16:05
Signaler
Oui courage car M. Doux lui, va se la couler douce après avoir laissé couler son business avec des investissements mal évalués... Tous ces éleveurs, rabaissés au rang de machines qui versent des granulés de m. dans des cages où des machines de chair ...

à écrit le 12/07/2012 à 12:31
Signaler
Arnaud Montebourg....qui n' a jamais vendu une savonnette de sa vie .... va dire ce qu'il faut faire ?

à écrit le 12/07/2012 à 12:30
Signaler
Mais de quoi il se mêle ? Il est actionnaire de l'entreprise ? Depuis quand un individu externe a son mot à dire dans une transaction privée ? Big Brother est là et tout le monde laisse faire, non mais c'est vraiment n'importe quoi ! Cassez vous !

à écrit le 12/07/2012 à 10:36
Signaler
Reagan expliquait l'interventionnisme de l'état ainsi : Si une entreprise bouge (= fait des bénéfices) on taxe ! Si elle bouge toujours, on taxe toujours ! si elle ne bouge plus, on subventionne !

à écrit le 12/07/2012 à 10:09
Signaler
La demonstration de l'inutitlité et de l'incompétence de Montbourg on est dans la vrai vie économique paqs dabs des tables rondes ou le verbiage est roi montebourg ets un pantin il n'a aucun pouvoir , personne ne se laisse convaincre il ne sert...

à écrit le 12/07/2012 à 9:28
Signaler
cette pantalonade est usante... si le ministre ne veut pas de cette solution, soit il pose lui meme SON pognon sur la table, soit on depose le bilan, on vend les meubles et on remercie les collaborateurs

à écrit le 12/07/2012 à 8:46
Signaler
Juridiquement, le Ministre n'est rien et son avis importe peu..

à écrit le 12/07/2012 à 8:13
Signaler
Voici un bon cas d'école de commerce à la Française. L'état et les politiques peuvent tout et bien non. Dans un pays civilisé, l'état et les politiques doivent faire en sorte que les conditions pour entreprendre amène la réussite. En France depuis pl...

le 12/07/2012 à 19:13
Signaler
Tu m'excuses,mais pour le matraquage de l'entrepreneur et du capital,tu repasseras,il va falloir trouver un autre exemple.Doux,c'est depuis des années 63 MILLIONS D'EUROS par an de subventions européennes!!!!Evidemment dilapidés ds l'aventure brésili...

le 13/07/2012 à 9:38
Signaler
C'est bien le problème car à force de subvention on oublie le vrai marché économique. Et comme l' Europe et la France ont réduit leur budget la réalité économique arrive au galop. Je suis complétement d'accord avec Réalité. En France on matraque les...

à écrit le 12/07/2012 à 7:28
Signaler
Je me demande a quoi il sert le ministre....juriste et politique.... Monde des affaires connait pas

à écrit le 12/07/2012 à 6:29
Signaler
analyse très intéresante : les politiques ont aussi très largement leurs responsabilités dans cette situation : on a augmenté les normes, les coûts, etc... sans se préoccuper de la réalité de l'entreprise.

à écrit le 11/07/2012 à 23:32
Signaler
Montebourg dans le poulet ! fait un stage en alternance ? Va sortir plumé ...

à écrit le 11/07/2012 à 20:56
Signaler
Qui c'est la coq?

le 12/07/2012 à 12:37
Signaler
Pour info les coqs ne pondent pas d'oeufs !

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.