Les 3.400 salariés Doux se préparent à une « casse sociale »

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Dépités, les syndicats du groupe breton de volaille analysent ce week-end les onze propositions de reprise. Les 1.800 salariés de l'activité de production de poulets frais sont les plus inquiets.

Week-end noir pour les salariés du groupe Doux. Les représentants du personnel du groupe placé en redressement en judiciaire étudieront ce week-end les propositions de reprise présentées vendredi au Comité Central d'Entreprise. Tous se préparent à une « casse sociale ». « Ce week-end et lundi, nous allons expertiser les dossiers qu'on vient de nous remettre (...) Nous redoutons qu'il n'y ait que des plans sociaux dans ces dossiers », a observé le délégué central adjoint CFDT, Jean-Luc Guillart, dans des propos rapportés par l'AFP.

Eviter le dépeçage

Jeudi, sept repreneurs étaient sur les rangs: les établissements Daviet, Cavac-Ciab, Financière Turenne Lafayette, LDC, Sofiprotéol, Tilly-Sabco et Terrena avaient déposé leur dossier auprès de l'administrateur judiciaire Régis Valliot. Depuis, quatre autres candidats se sont présentés : le groupe Amice-Soquet, Proteis Viande, Finalab et Hendrix Genetics. Glon, filiale de Sofiprotéol, est également en lice, associé à Tiskalia et Duc pour la reprise d'une partie des activités de Doux.
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a défini vendredi deux critères pour la reprise du volailler en redressement judiciaire: la reprise par une seule entité "sans dépeçage" et le maintien d'"un maximum" de sites et d'emplois. Mais, selon Bercy, au vu des offres présentées, « le compte n'y est pas ». Arnaud Montebourg exige que ces offres soient améliorées.
 

Le groupe pourra-t-il vraiment s'éviter un dépeçage ? Tilly-Sabco, qui a déposé jeudi son dossier, a ainsi proposé de ne reprendre que les 588 emplois des activités "grand export" de Doux. Spécialiste de la vente de poulets entiers surgélés au Moyen-Orient, la société de Guerlesquin (Finistère) est prête à reprendre les « deux abattoirs de poulets entiers surgelés situés à Châteaulin (Finistère) et à Chantonnay (Vendée) », précise le groupe dans un communiqué. Il offre également de "racheter 50%" des créances des éleveurs de volaille de chair. Elles sélèvent à "6 millions d'euros", selon la Confédération française de l'aviculture.

Simulacre d'offres


C'est surtout l'activité de produits frais qui inquiète. Déficitaire, cette activité occupe 1.800 des 3.400 salariés du groupe. « Nous avons la certitude que tous les sites ne seront pas repris", a déclaré la déléguée centrale FO, Nadine Hourmant. La CGT reste totalement opposée au démantèlement du groupe. Le syndicat dénonce « un simulacre d'offres ». Même si elles étaient multipliées par trois, ce ne serait pas au niveau de nos revendications pour le maintien de tous les emplois" du groupe, a affirmé son délégué central syndical CGT, Raymond Gouiffès.
Le groupe familial Doux, propriétaire du célèbre "Père Dodu", affime de son côté qu'il prépare un "plan de continuation". Mais rares sont ceux à y croire. « La famille Doux est encore notre employeur, mais plus pour longtemps », a estimé le délégué central adjoint CFDT, Jean-Luc Guillart.
Les repreneurs potentiels ont jusqu'au 17 juillet pour réévaluer leurs propositions. Dans la foulée, elles seront soumises aux organisations syndicales. Le tribunal de commerce de Quimper, qui devait se prononcer le 16 juillet, a repoussé sa décision au 23 juillet.

 

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a écrit le 12/07/2012 à 19:38 :
Je trouve scandaleux qu'un syndicat dit majoritaire avec en réalité 25% des agriculteurs
puisse de nos jours dépecer un groupe industriel par son organisation tentaculaire à réussi à verrouiller toutes les filières
agricoles à des fins personnelles (dans les années 30 en Amérique ,un consortium était tout simplement une organisation mafieuse) Je trouverais formidable que M Charles DOUX
puisse retrouver des financiers qui ne soient pas à la solde de ces malfaiteurs .
Debout les gars réveillez- vous .
Le Groupe DOUX sera démantelé et la filière en souffrira très longtemps avec la bénédic-
tion de nos politiques et de tout un système qui en dit bien plus qu'il en fait. Les intérêt
personnel passe avant tout Les syndicat ouvrier pourront toujours se battre comme les
éleveurs ,il seront encore la barrière d'ajustement d'un système pourri et déshumanisé




Si on continue comme çà le made in France ne sera plus qu'un souvenir
a écrit le 09/07/2012 à 1:05 :
La France va fournir 230 millions d'euros à l'Afghanistan (sans oublier les milliards pour la Grèce, Portugal, Irlande, Espagne) ... Mais rien pour Doux ... Sauver l'emploi est-ce moins valorisant ?
a écrit le 08/07/2012 à 10:53 :
Montebourg va vite se rendre compte qu'il ne "RIEN exiger" il y a une realité économique et pas un repreneur ne se metttra en péril en surpayant !Maintenant , la production de poulets c'est le Bresil où ils sont nourris avec du Sorgho OGM , L-interdiction des OGM en France va être rapidement une calamité économique pour la production agricole de masse , Les Ameicains ne font plus que des cultures OGM avec des rendements 30 à 50% supérieurs aux notres ! BOVE et les Verts seront responsables de la faillitre de notre agriculture
Réponse de le 08/07/2012 à 18:03 :


Bientot la loi ZAPA (taxe entree en zone urbaine)) A quand la taxe entree dans nos campagne ecolo ???? BORDEES DE TALUS .DE MENHIRS
Réponse de le 08/07/2012 à 18:06 :

Des bernard sont tapis pret a bondir
a écrit le 08/07/2012 à 8:36 :
surtout éviter le redressement judiciaire , ça coute une fortune les créanciers en sont pour leur argent , seuls gagnants les mandataires judiciaires ,huissiers et avocats
Réponse de le 08/07/2012 à 15:44 :
c'est rarement par plaisir :-)), et quand les chefs d'entreprise se décident à aller déposer leur bilan il est souvent déjà trop tard ..
a écrit le 08/07/2012 à 1:12 :
C'est que il n y a pas trop de monde qui aime les poulets
Réponse de le 08/07/2012 à 9:48 :
Si: Montebourg!!! Et aussi Valls quand ils sont sur le bord des routes avec des radars.
a écrit le 07/07/2012 à 17:59 :
Les charges salariales sont telles qu'aucun repreneur ne pourra tenir le coup s'il reprend l'entreprise à un prix élevé.
a écrit le 07/07/2012 à 17:53 :
Ils n'ont qu'à faire du poulet de qualité et en moindre quantité. C'est très bien ca polluera moins comme cela.
a écrit le 07/07/2012 à 17:33 :
salaire trop important (40000 e/a) + gains importants eleveurs
Réponse de le 07/07/2012 à 21:29 :
les marges arriere verse a la grande distribution.....aisi qeles agiots serse aux banques toute cette argent doit etre restitue
a écrit le 07/07/2012 à 17:27 :
À force de refuser les solutions, il n'y en aura plus!
a écrit le 07/07/2012 à 11:23 :
Depuis quand Montebourg est-il devenu un stratège de l'industrie du poulet pour refuser le redéploiement des entreprises qui composent le groupe Doux? Le conglomérat n'est évidemment plus viable. Il est nécessaire que certaines de ses entreprises soient reconverties et la procédure judiciaire donne tous les moyens pour faciliter ces reconversions. Bien sûr le personnel et les éleveurs doivent être préservés au mieux dans le plan stratégique. Mais les surcapacités dont l'avenir est irrémédiablement compromis doivent être éliminées.
Réponse de le 07/07/2012 à 20:54 :
Mais Montebourg est socialiste: donc il sait tout et a toujours raison!
Réponse de le 08/07/2012 à 8:55 :
Et si ça casse ce sera la faute de Sarkozy car Montebourg et ses copains socialiste sont toujours irresponsables.. (Ah les belle promesses de campagne... Pour les imbéciles gagas.)
Il est socialiste, donc toute faillite sera attribuée
aux forces sournoises du capitalisme qui voudront que François
Hollande échoue dans sa politique...

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