"France, veux-tu encore de tes paysans ? " Les agriculteurs fustigent l'agribashing et interpellent Macron

"Marre de l'agribashing": d'Arles à Épinal, de la Haute-Savoie à la Gironde, les paysans se sont rassemblés devant les préfectures de "85% des départements de France" selon les JA, pour interpeller, à travers elles, le chef de l'État, opérations de bâchage à l'appui, le hashtag #SauveTonPaysan en bandoulière.

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(Crédits : Reuters)

« Macron, réponds-nous !» Les paysans ont fait entendre leur détresse mardi devant les préfectures, exprimant leur ras-le-bol de l'"agribashing" et demandant au chef de l'État de les défendre contre les maux qui affectent un secteur en crise d'identité et en crise économique, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA).

D'Arles à Epinal, de la Haute-Savoie à la Gironde, les paysans se sont rassemblés devant les préfectures de "85% des départements de France" selon les JA, pour interpeller, à travers elles, le chef de l'État, opérations de bâchage à l'appui, le hashtag #SauveTonPaysan en bandoulière.

Le chef de l'État leur a répondu mardi soir depuis Mayotte en déclarant qu'il jugeait "inacceptables" les attaques contre les agriculteurs.

"Notre pays s'est emparé d'une drôle de mode, en tous cas d'un drôle d'état d'esprit qui a consisté à pointer du doigt, voire à stigmatiser nos agriculteurs en disant qu'ils étaient les ennemis du bien-être animal, les ennemis de la bonne alimentation", alors même que "nous avons l'une des agricultures les plus exigeantes."

« On a besoin que les gens écoutent les agriculteurs, reprennent confiance en leurs agriculteurs et ça, ça passe par le chef de l'État qui doit dire "Stop, maintenant on arrête, on revient à l'apaisement"», avait déclaré plus tôt dans la journée Arnaud Gaillot, secrétaire général des JA, lors d'un point presse.

Revenus en berne: la faute aux écolos ou à la grande distribution ?

Outre les intrusions dans les élevages des militants antispécistes ou les pressions sur l'utilisation de produits phytosanitaires, avec la mise en place de zones de non-traitement (ZNT) de pesticides, les agriculteurs déplorent, pour beaucoup, des revenus en berne, en partie à cause de la guerre des prix des acteurs de la grande distribution.

Une situation que devait régler au moins partiellement la Loi Alimentation mise en place en début d'année, censée ramener du revenu dans les cours de fermes en rééquilibrant les relations commerciales entre paysans, industriels et distributeurs.

"Souffrance économique et morale": Macron articule compassion...

« Nous demandons au ministre de l'Agriculture de réunir les acteurs, notamment les 4 centrales de distribution pour leur dire: "Cette année, vous ne pouvez pas passer à côté, et contourner les outils de la loi alimentation"», a déclaré Christiane Lambert lors d'un point presse de la FNSEA.

"Nos agriculteurs, je sais l'état de souffrance économique, et parfois morale, dans laquelle ils sont. Trop d'entre eux n'arrivent pas à vivre de leur travail, et du prix payé (...) alors même qu'on leur demande d'investir", a assuré M. Macron depuis Mayotte.

...et discours de maître d'école

Mais le président a aussi rappelé que "les choses ne se font pas en un claquement de doigt (...) il faut que toutes les filières l'appliquent", et s'il y a des filières où "ça bouge", dit-il en citant le porc, il pointe au contraire la filière de la viande bovine "pas organisée".

Cette loi "ne porte pas assez ses fruits", avait pour sa part reconnu le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, sur LCI, ajoutant que "si ça ne fonctionne pas, il faudra prendre des décisions". Il s'est dit toutefois "choqué" par le slogan des agriculteurs: «On ne s'adresse pas au président de la République en disant "Macron, réponds-nous".»

La colère du monde agricole se répand dans toute l'Europe

"La FNSEA et les Jeunes agriculteurs canalisent le mécontentement, s'il n'y a pas cette canalisation, ce sera je pense beaucoup plus difficile et plus violent", a averti Mme Lambert, qui a demandé aux agriculteurs de "s'impliquer d'avantage dans les conseils municipaux", avec les prochaines élections en ligne de mire.

Cette colère du monde agricole n'est pas circonscrite à la France: en Allemagne, des milliers d'agriculteurs ont également manifesté mardi à travers le pays contre les réglementations du gouvernement en matière de climat et de réforme agricole, qui menacent selon eux l'existence de leur activité.

Aux Pays-Bas, une mobilisation avait causé le 1er octobre le plus gros embouteillage de l'histoire du pays avec 1.000 kilomètres de bouchon.

En France, la mobilisation est loin d'être terminée: dès la semaine prochaine, des actions en grandes surfaces et dans les restaurants sur l'étiquetage des produits sont prévues, avant une action au niveau européen le 15 novembre prochain.

(Nicolas Gubert, avec les bureaux régionaux de l'AFP)

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Commentaires 15
à écrit le 23/10/2019 à 17:18
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nos enarques de la politique sont dans un théatre ! sans grand résultat mais soutiennent une agriculture industrielle et les lobby de l agroalimentaire en sacrifiant nos paysans (ceta/ et mercosur ) la population est indignée

à écrit le 23/10/2019 à 17:17
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nos enarques de la politique sont dans un théatre ! sans grand résultat mais soutiennent une agriculture industrielle et les lobby de l agroalimentaire en sacrifiant nos paysans (cet mer/ et mercosur ) la population est indignée

à écrit le 23/10/2019 à 17:16
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nos enarques de la politique sont dans un théatre ! sans grand résultat mais soutiennent une agriculture industrielle et les lobby de l agroalimentaire en sacrifiant nos paysans (cet mer/ et mercosur ) la population est indignée

à écrit le 23/10/2019 à 16:16
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La lecture du bouquin d'Arthur Young (agronome Anglais) "mes voyages en France" dans les années 1787 montre l'état catastrophique de l'agriculture à cette époque et j'ai la faiblesse de penser que tous les magnifiques champs de nos jours résultent du...

à écrit le 23/10/2019 à 15:51
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Les Agriculteurs ont rien compris , ils sont entrés dans une phase de mutation de l'agriculture du Futur et refuse les novations . S'ils ne changent pas , ils seront balayés à jamais par les enteprises techniques qui seront le futur proche prenant e...

à écrit le 23/10/2019 à 15:30
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"France, veux-tu encore de tes paysans ? " A la FNSEA ,euh,non.

à écrit le 23/10/2019 à 15:18
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Je souhaite la disparition de toutes les exploitations dirigées par des destructeurs de l'environnement, de la ruralité et de la paysannerie... En gros tous ceux qui manifestent actuellement et qui adhèrent à la FNSEA, FDSEA... Par contre vive ...

à écrit le 23/10/2019 à 13:41
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Il y a les vrais paysans, respectueux de l'environnement, qui offrent par leurs pratiques vertueuses depuis des millénaires ses lettres de noblesse à la terre....Et puis il y a le gros des troupes représenté par la FNSEA, ses coopératives vassalisées...

à écrit le 23/10/2019 à 13:28
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Issu du monde rural dans les Landes, autour de moi j'entends souvent les mêmes remarques: Oui on veut des agriculteurs mais du modef ou de la confederation paysanne mais surtout pas ceux de l'agro-chimie FNSEA qui tuent les plus petits pour faire gr...

à écrit le 23/10/2019 à 12:56
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"nous avons l'une des agricultures les plus exigeantes." Avec l'Allemagne et les Pays-Bas,donc.

à écrit le 23/10/2019 à 12:27
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Des réalités très diverses, rien en commun entre l'agriculteur exploitant plusieurs centaines ou milliers d'hectares, de celui qui a hérité de ses parents l'exploitation et ceux qui partent de zéro avec tous les crédits sur le dos... Très difficile d...

à écrit le 23/10/2019 à 12:08
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En s'attaquant aux consommateurs et à leurs voisins, les agriculteurs se trompent encore une fois de combat. Mais ils recrachent bien les argumentaires de l'industrie et de la grande distribution : "ce n'est pas de notre faute, c'est la faute des con...

à écrit le 23/10/2019 à 11:40
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Les agriculteurs doivent revenir aux fondamentaux de l'agriculture ; Ils sont victimes consentantes et complices des politiques agricoles de Bruxelles qui ont établit cette monumentale connerie des jachères pour réduire les surproductions dues aux...

le 24/10/2019 à 7:45
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Exact et tout à fait bien dit.

à écrit le 23/10/2019 à 11:29
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On veut de vous bien entendu, on a besoin de vous et urgemment mais on aimerait que vous arrêtiez de prononcer les mots de l'agro-industrie, on aimerait que vous vous exprimiez par vous-mêmes on en a tous besoin c'est vital mais au travers de vous c'...

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