Manifestations d'agriculteurs : débuts des "feux de la colère"

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(Crédits : Emmanuel Foudrot)
Quelques centaines d'agriculteurs ont procédé lundi soir à des actions "feux de la colère", incendiant palettes, bottes de paille et souches, afin d'exprimer le "malaise" du monde agricole, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs.

En Ile-de-France, des feux étaient allumés dans une demi-douzaine de lieux, dont deux dans le Val d'Oise, trois dans les Yvelines, et un dans l'Essonne, selon Amandine Muret-Beguin, céréalière, secrétaire générale des JA d'IDF-Ouest, jointe au téléphone par l'AFP.

"On a appelé ça les feux de la colère, mais aussi les feux du désespoir, pour faire ressentir le malaise ambiant qu'il y a dans la campagne, et cet acharnement qu'on peut subir au quotidien", a-t-elle déclaré.

Selon elle, sur chaque site, une bonne vingtaine d'adhérents devaient entretenir les feux une bonne partie de la nuit.

En Essonne, Damien Greffin, président de la FDSEA Ile-de-France revendiquait une quarantaine de manifestants à Etampes, avec une dizaine de tracteurs et des feux de palettes allumés.

"Le monde agricole est stigmatisé au quotidien " et dernièrement, le projet de mise en place de zones de non-traitement (ZNT) destinées à protéger les populations contre les dangers potentiels des pesticides "a mis le feu aux poudres", a expliqué Damien Greffin par téléphone.

Dans d'autres régions, des opérations du même type ont été organisées: dans la Marne, dès 17h, deux manifestations ont eu lieu à Witry-les-Reims, sur la route menant à Charleville-Mézières, avec environ 70 personnes selon la FDSEA, et Sainte-Ménehould, avec une dizaine de personnes.

En Haute-Garonne, des petits groupes devaient également allumer des feux à partir de 21h dans des champs proches de trois ou quatre communes rurales autour de Toulouse, selon Xavier Dayde, secrétaire général adjoint de la FDSEA 31.

"Ca a été la goutte d'eau"

Dans le Pas-de-Calais, à Coquelles, à l'approche du tunnel sous la Manche, environ 70 agriculteurs locaux avaient allumé un feu en plein champ et positionné une vingtaine de tracteurs autour d'un rond-point, sans bloquer les accès, a constaté un correspondant de l'AFP.

A Calais, une manifestation de même type, sans blocage ni heurts, se déroulait au rond-point proche de l'hôpital de la ville.

Les agriculteurs entendaient protester contre les ZNT, mais pas seulement.

"Ca a été la goutte d'eau. On se fait déjà pas mal attaquer quotidiennement sur nos pratiques, alors que le gouvernement admet qu'on a l'agriculture la plus durable au monde, donc c'est un non-sens", a indiqué Mme Muret-Beguin, aux abords de l'A13, dans le secteur de Mantes.

"Je pense qu'il y a une méconnaissance du milieu agricole", a-t-elle déploré, invitant les gens à "venir discuter dans les fermes, avec les agriculteurs".

"On ne compte pas bloquer, ce n'est pas l'objectif", a indiqué cette agricultrice des Yvelines, qui compte poursuivre ces feux "toute la semaine":

"Après, s'il faut continuer, le désespoir est tellement présent qu'on continuera".

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Commentaires
a écrit le 27/09/2019 à 2:13 :
En fait la FNSEA est financée par Bayer-Monsanto.C'est pour ça qu'ils sont obligés de dire que les pesticides el l'herbicide glyphosate sont absolument nécessaires.La santé de nos enfants et des agriculteurs n'intéresse pas la FNSEA et Bayer
a écrit le 24/09/2019 à 16:23 :
Les agriculteurs jouent avec le feu ...

que feront-ils le jour ou une plainte collective les poursuivra pour avoir empoisonné des enfants ?

ces povres agriculteurs chimiques ne se rendent pas compte qu'ils ne font que brasser de l'argent en chiffre d'affaire dont la grande part se déverse dans les coffres des actionnaires de l'industrie chimique !

ils feraient mieux de revenir à une agriculture plus naturelle et à EXIGER DE LIBERER TOUTES LES JACHERES

Les jachères sont une escroquerie intellectuelle de Bruxelles complice des lobyistes de la finance "chimiste"

si on produit moins sans la chimie, il n'y a qu'à cultiver de plus grandes surfaces.

FAUT DISSOUDRE LA COMMISSION DE BRUXELLES pour ERRADIQUER LES VOYOUS
a écrit le 24/09/2019 à 15:18 :
Le désespoir des agriculteurs n'est pas dans l'utilisation des pesticides, mais dans les prix trop bas auxquels on achète leur produits.
Quoi qu'il en soit, leur combat est d'arrière garde, s'ils ne se remettent pas en question, leur production sera de moins en moins vendable, avec des prix qui s'écrouleront. Pour beaucoup, il est déjà trop tard.
a écrit le 24/09/2019 à 13:57 :
L'actuel modèle agricole productiviste, intensif et destructeur, est condamné à très court terme, et ce sont les citoyens-consommateurs qui le feront inexorablement tombé. Ces spasmes sont ceux d'un autre temps, dont les acteurs, qui sont les mieux placés, en connaissent évidement l'issue. En attendant, l'effondrement de la biodiversité et l'intoxication des populations continuent.
a écrit le 24/09/2019 à 13:47 :
a force de palabrer nos dignitaires de la politique ne s inquiettent guère de voir le déclin de la France en marche.. nèanmoins les agriculteurs ont le soutien des français
a écrit le 24/09/2019 à 13:46 :
a force de palabrer nos dignitaires de la politique ne s inquiettent guère de voir le déclin de la France en marche.. nèanmoins les agriculteurs ont le soutien des français
a écrit le 24/09/2019 à 13:14 :
"l'agriculture la plus durable au monde" ????
Depuis que la soit disant agriculture raisonnée a vu le jour il y a 20 ans, alors que la france est dans le peloton de tête des 3 pays qui consomment le plus de pesticides, le premier plan éco phyto prévoyait une diminution de 50% en 10 ans, sur la base du "volontariat". 10 ans plus tard, résultat ++++ 15%. Rebelote en 2009, nouvelles promesses, résultat en 2018 + 5%. On se fiche de qui là ????
Et maintenant, il faudrait accorder un nouveau délai car "ça ne peut pas se faire du jour au lendemain". C'est vrai, +20% en 20 ans, sur une consommation déjà énorme, c'est "du jour au lendemain" ......
a écrit le 24/09/2019 à 12:28 :
"et positionné une vingtaine de tracteurs "

Ferguson , acheté avec les aides europeennes pour continuer à produire du mais dans les zones en pénurie d'eau chaque année.
a écrit le 24/09/2019 à 12:10 :
Le jour ou les agriculteurs se sortiront de l'imposture FNSEA ils arrêteront de se suicider.
a écrit le 24/09/2019 à 11:52 :
Le gouvernement sème le vent, il récolte la tempète.

Le monde paysan est coincé entre des injonctions contradictoires, et il devient schyzphrène. C'est normal.

le gouvernement est incapable de travailler en concertation avec qui que ce soit, donc il édicte des réglementations inapplicables.
Réglements sur lesquels il est obligé de revenir, tout en prétendant que non, mais en les modifiants quand même.

Bref, il génère un sentiment d'insécurité administrative qui s'ajoute à des attaques bien réelles de la part des "amis" des animaux, des "écologistes" totalitaires, et des mairies qui font du greenwashing.
a écrit le 24/09/2019 à 11:17 :
La grosse colère, c'est pour les enfants.
Et pour ceux qui se font laver le cerveau sur les forums FesseBouc, ce qui revient au même.
Et le libre-arbitre, b... ?

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