« Les expéditions de champagne seront en recul en 2024 » (Charles Goemaere, CIVC)
Olivier Mirguet
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Charles Goemaere, directeur du Comité Champagne (CIVC).
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LA TRIBUNE - Les intempéries et l'absence d'ensoleillement durable ont fait chuter la production des vignes en Champagne. Certains experts évoquent des ventes en baisse de près de 7% en valeur. 2024 sera-t-elle « annus horribilis » pour les vins de Champagne ?
CHARLES GOEMAERE - La filière a expédié près de 300 millions de bouteilles en 2023. Les expéditions en 2024 se situeront bien en-deçà de ce volume. Les chiffres consolidés seront connus dans quelques semaines, entre le 20 janvier et le 30 janvier. La raison principale de ce recul des ventes, c'est le contexte géopolitique et économique mondial. La conjoncture est beaucoup moins favorable. Mais nous ajustons notre économie.
Comment faire pour éviter de plonger dans la crise ?
C'est la particularité du système champenois : avant les vendanges, la profession fait en sorte qu'il n'y ait pas de décalage entre l'offre et la demande. Chaque année en juillet, nous nous interrogeons sur le nombre de bouteilles de champagne que nous pourrons vendre. Puis nous comparons cet objectif avec l'état des stocks. Ce calcul permet de déterminer le volume commercialisable que chaque opérateur doit atteindre pour assurer l'équilibre de la filière. En 2024, nous avons établi ce rendement à 10.000 kilos de raisin par hectare.
Mais les conditions climatiques n'ont pas permis d'atteindre l'objectif.
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Les vignes ont produit en moyenne 8.000 kilos par hectare. Il en manque 2.000 cette année. Notre organisation collective exige que les producteurs aillent prélever dans leur réserve les quantités manquantes. Le 1er février 2025, date fixée pour la sortie de réserve, la filière aura retrouvé son équilibre.
Olivier Mirguet
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