Avec des hausses de prix moyens de 12,4 % en Europe de 10,8 % au grand export et de 8,3 % en France, les vins de champagne ont emprunté en 2023 la pente tarifaire ascendante. Les volumes suivent la courbe inverse : 300 millions de cols auront été expédiés au cours de l'année 2023, soit une baisse escomptée de plus de 9 % par rapport au millésime 2022 exceptionnel avec ses 325,5 millions de bouteilles. Un recul justifié par des excédents de stocks réalisés fin 2022 sur certains marchés à l'export, mais aussi par la concurrence féroce d'autres vins effervescents (crémants, prosecco).
« L'inflation est passée par là », reconnaît Christine Scher-Sévillano, présidente de la fédération des vignerons indépendants de Champagne. « Les bouteilles vides, le carton, les bouchons, les muselettes : tout a augmenté entre 20 % et 30 % ! », déplore la porte-parole de ce syndicat professionnel qui regroupe 400 vignerons (18 millions de bouteilles produites en 2022).
Deuxième souci : le risque climatique et son incidence sur le rendement. « Avec le changement climatique, on voit apparaître des phénomènes destructeurs comme des pluies torrentielles, des phénomènes de grêle, des tornades, des températures extrêmes », a observé Christophe Juarez, directeur de l'union coopérative Terroirs et Vignerons de Champagne (Nicolas Feuillatte, Castelnau, Abelé 1757, Henriot). « Ces contraintes engendrent un coût. Pour y répondre, on a besoin de mieux positionner le champagne comme un effervescent de très haute qualité. Notre appellation ne représente que 10 % des effervescents dans le monde, on a tendance à l'oublier », rappelle Christophe Juarez.