Les vendanges 2024 « en net recul » à cause de la météo
latribune.fr

La production viticole est estimée à 39,3 millions d'hectolitres en 2024, « en net recul », indique le ministère de l'Agriculture.
Reuters
latribune.fr

La production viticole est estimée à 39,3 millions d'hectolitres en 2024, « en net recul », indique le ministère de l'Agriculture.
Reuters
Les vendanges 2024 en France sont attendues en baisse de 18% sur un an. Tel est le constat dressé par une nouvelle estimation publiée ce vendredi par le ministère de l'Agriculture. La production viticole est ainsi estimée à 39,3 millions d'hectolitres, « en net recul », indique le ministère. Un phénomène qui s'explique par les conditions climatiques « particulièrement défavorables » dans pratiquement tous les bassins de production.
La précédente prévision, publiée début août avant le début des vendanges, était une production se situant entre 40 et 43 millions d'hectolitres. L'estimation du mois précédent a été « ajustée à la baisse en raison d'une meilleure appréciation des résultats de la floraison dans les vignobles les plus tardifs, notamment dans les Charentes », précise le service de statistiques du ministère, Agreste.
En comparaison, la France avait produit 48 millions d'hectolitres de vin en 2023, soit 4% de plus que l'année précédente, ce qui lui avait permis de prendre la place de premier producteur mondial devant l'Italie et l'Espagne.
Mais cette année, de nombreux vignobles ont été affectés par des phénomènes tels que « la coulure qui entraîne la chute des fleurs et jeunes baies », ou « le millerandage qui provoque une variation de taille des baies ». La faute à des périodes humides et fraîches lors de la floraison. Le mildiou a, lui, touché la majorité des bassins viticoles.
Les baisses les plus marquées concernent les vignobles du Jura (-71% sur un an), où un gel sévère et le mildiou réduisent significativement la production, après une très bonne récolte 2023. Mais en volume produit, le repli le plus important touche le grand vignoble des Charentes.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Les autres vignobles les plus touchés sont le Val de Loire (-30%) et Bourgogne-Beaujolais (qui perdrait un quart de sa production) : des pertes essentiellement occasionnées par le mildiou, auquel s'est ajoutée la grêle pour le Beaujolais. La Champagne voit sa production reculer de 16% sur un an, mais reste supérieure de 8% à la moyenne des cinq dernières années.
Dans le Bordelais, où les surfaces ont diminué dans le cadre du plan prévoyant l'arrachage de 8.000 hectares de vignes cette année, la réduction de la production, également due à des maladies et des orages de grêle, est évaluée à 10%. Ces baisses de surfaces viennent répondre à une baisse des ventes en volume de vin ces dernières années, les consommateurs boudant en particulier le vin rouge.
Jérôme Despey s'inquiète particulièrement des difficultés économiques rencontrées par les producteurs de rouge dans le sud-ouest, l'Occitanie et la vallée du Rhône.
À l'inverse, grâce aux précipitations d'août, le petit vignoble corse voit sa production progresser de 9% par rapport à la moyenne quinquennale, en dépit d'un repli de 5% sur un an. Au niveau national, la vendange 2024 est inférieure de 11% à la moyenne 2019-2023, selon le ministère.
À lire également
Une des pires moissons en 40 ans
Du côté du blé, les récoltes sont également en berne cette année. La moisson 2024 s'annonce comme « une des plus faibles récoltes des 40 dernières années », a rapporté le 9 août le service de statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste). La production est estimée à 26,3 millions de tonnes, en baisse de 23,9% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La France pourrait ainsi face à sa plus faible production depuis 1987, selon des données communiquées par le ministre de l'Agriculture à l'AFP. Un pic avait été atteint en 2015 avec 41 millions de tonnes.
Les pluies tombées abondamment depuis l'automne dernier sur de larges pans du territoire ont d'une part empêché la bonne réalisation des semis : les surfaces consacrées au blé tendre ont reculé de près de 11% sur un an. Puis l'excès d'eau et le manque d'ensoleillement ont plombé les rendements et la qualité des grains.
(Avec AFP)
latribune.fr