Un déplacement dans les vignes dès les premiers coups de sécateurs : c'est devenu un rendez-vous traditionnel de rentrée pour Pierre Hurmic. Cette année, le maire écologiste de Bordeaux s'est rendu, ce lundi 26 août, aux Vignobles Boissonneau. Cette exploitation d'une cinquantaine d'hectares dans le sud Gironde à Saint-Michel-de-Lapujade, est labellisée bio depuis 2011 et en biodynamie depuis 2021. L'occasion de soutenir, à l'approche des vendanges, une filière traversée par les crises : les attaques de mildiou et la baisse de la consommation et des exportations.
Pour autant, malgré un printemps très pluvieux cette année, alors que le bio représente 24 % du vignoble en Gironde, du point de vue des vignerons bio convertis, il n'y a pas de tendance à la déconversion.
« Au printemps il y a eu beaucoup de stress et des déclarations qui n'ont pas toujours été suivies d'effet, explique Pascal Boissonneau, viticulteur et président des vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine. Nous observons en revanche que 75 % des viticulteurs qui se déconvertissent sont en bio depuis moins de 5 ans et souvent moins de 3 ans. Ils sont donc en phase de conversion ou n'ont pas forcément de stratégie commerciale, c'est-à dire qu'ils vendaient beaucoup en vrac mais pas en bouteille. Or le marché du vrac étant compliqué si vous ne préparez pas votre conversion, que vous ne vendez pas en bouteille, la conversion est extrêmement compliquée. Mais au niveau des vignerons bio de Nouvelle-Aquitaine, nous n'avons pas de déconversion des professionnels qui ont des commercialisations établies en bouteille. »
La pluie de cette année a nécessité plus de passages et de traitement au cuivre dans les vignes, « mais il faut l'accepter », explique Pascal Boissonneau. Lui-même avait voulu limiter les passages l'année dernière. « Résultat, j'ai perdu une récolte ! Il faut donc le faire quand c'est nécessaire. Ce sera de toute façon toujours raisonné. En bio, nous sommes contrôlés au niveau des doses de cuivre dans les vignes. » Il admet vivre le changement climatique très concrètement : « Nous sommes passés d'un printemps très pluvieux à un été très sec. Nous subissons des épisodes extrêmes, avec des orages violents de la grêle, mais globalement, l'agriculture bio a tenu. Nous avons évité le mildiou et nous voyons une belle abnégation de la viticulture bio. »