La colère agricole du début d'année 2024 n'a pas disparu, loin s'en faut. Et la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et la Coordination rurale viennent d'appeler les nouveaux députés à remettre rapidement à l'ordre du jour « les travaux législatifs et réglementaires en cours » avant la dissolution de l'Assemblée nationale. Une séquence politique débutée le 9 juin et qui pourrait durer encore quelques semaines voire quelques mois compte tenu de la fragmentation inédite de l'hémicycle. D'autant plus que les deux députés Anne-Laure Babault (Modem, Charente-Maritime) et Alexis Izard (Ensemble, Essonne) qui pilotaient la mission parlementaire sur l'adaptation des lois Egalim ont été contraints de se désister pour faire barrage au Rassemblement national. Au centre des préoccupations des vignobles de Bordeaux et d'ailleurs : la rémunération juste du producteur.
« De fait, l'activité législative sur les lois Egalim est interrompue et je ne peux pas vous dire qui sera notre interlocuteur au ministère de l'Agriculture sur l'élaboration d'un contrat de filière. Cela décale mécaniquement le calendrier de nos travaux », réagit Bernard Farges, le vice-président du CIVB (Conseil interprofessionnel du Vin de Bordeaux). Celui qui préside aussi le CNIV (Comité national des interprofessions des vins) a d'ailleurs écrit à Emmanuel Macron dès le 17 juin pour alerter le chef de l'État sur « ces prix très bas qui entraînent une dévalorisation continue et une perte progressive de l'attractivité de la filière vitivinicole » et demander que le travail d'amélioration des loi Egalim ne passe pas à la trappe après les élections législatives.