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Moissons 2024 : le blé connaît « une des plus faibles récoltes des 40 dernières années »

latribune.fr

Publié le 09 août 2024 à 08:46 - Mis à jour le 09 août 2024 à 09:11

Les moissonneuses-batteuses sont encore au travail par endroits, mais le constat est déjà largement partagé : la récolte 2024 sera bien en-deçà des années précédentes.

Les moissonneuses-batteuses sont encore au travail par endroits, mais le constat est déjà largement partagé : la récolte 2024 sera bien en-deçà des années précédentes.

ALEXANDER ERMOCHENKO

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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La France connaît « une des plus faibles récoltes » de blé « des 40 dernières années », selon le service de statistiques du ministère de l'Agriculture, Agreste. La vendange 2024 est quant à elle « attendue en baisse dans presque tous les bassins viticoles »,

C'est une année noire pour l'agriculture française. La moisson de blé en France est sur le point d'aboutir à « une des plus faibles récoltes des 40 dernières années », avec un volume estimé en recul de près de 24% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, rapporte ce vendredi le ministère de l'Agriculture.

D'ordinaire premier producteur et exportateur européen de blé tendre, la France connaît cette année « parmi les trois plus petites récoltes (...) des 40 dernières années » en raison d'un hiver pluvieux et du manque d'ensoleillement, selon une note du service de  statistiques du ministère, Agreste.

La vendange 2024 en France, affectée par des maladies favorisées par l'humidité ainsi que par des épisodes de gel ou de grêle, est quant à elle « attendue en baisse dans presque tous les bassins viticoles ». La production viticole se situerait entre 40 et 43 millions d'hectolitres cette année, un niveau inférieur de 10% à 16% par rapport à 2023, et de 3% à 10% par rapport à la moyenne 2019-2023, précise Agreste. Particularité en 2O24 : les vendanges devraient débuter plus tardivement que ces dernières années.

Les éleveurs pas tranquilles

Des manques à gagner de plusieurs dizaines de milliers d'euros sont attendus dans certaines fermes et le désarroi s'est aggravé pour une profession qui s'est largement mobilisée cet hiver, notamment avec des blocages d'autoroutes, pour dénoncer la paperasserie et des revenus insuffisants.

La France a au moins globalement échappé jusqu'ici à la sécheresse, ce qui a préservé les prairies, sources de fourrage pour les bêtes. Mais les éleveurs, en particulier de moutons, ne sont pas tranquilles pour autant. L'arrivée dans le nord du pays d'un nouveau sérotype de fièvre catarrhale ovine (FCO), ou maladie de la langue bleue, risque de faire des dégâts dans les troupeaux.

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Côté céréales, ce sera « une des plus mauvaises récoltes depuis 40 ans », avait déjà tranché mercredi le président du syndicat agricole majoritaire FNSEA, Arnaud Rousseau. Lui-même producteur de grandes cultures, il évoque une « année catastrophique ». Il demande au gouvernement, même démissionnaire, de se mettre au travail pour aider les agriculteurs à traverser cette mauvaise passe.

Intempéries à répétition

Mardi, le cabinet spécialisé Argus Media avait estimé que la récolte de blé tendre - céréale la plus produite en France qui sert à faire du pain et des gâteaux - pourrait chuter au plus bas depuis 1983, à 25,17 millions de tonnes, soit une baisse de 27% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

C'est « la conséquence d'intempéries à répétition des semis à la récolte », a analysé Argus Medias. Les pluies tombées abondement depuis l'automne dernier sur de larges pans du territoire ont empêché la bonne réalisation des semis. Les surfaces consacrées au blé tendre ont reculé de près de 11% sur un an, selon la précédente publication d'Agreste. Les rendements ont chuté, à 5,93 tonnes par hectare, d'après Argus Media. Soit une chute de 18,7% par rapport à la moyenne quinquennale.

Excès d'eau et manque d'ensoleillement

« Les rendements de blé tendre sous les 60 quintaux par hectare (6 tonnes, ndlr) avaient disparu depuis la fin des années 80 en France. Mais les aléas climatiques nous ramènent en arrière. D'abord avec la très mauvaise récolte de 2016 qui avait enregistré 53,74 quintaux/hectare et aujourd'hui avec celle de 2024 », a commenté le directeur d'Argus Media France, Gautier Le Molgat, dans un communiqué.

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Miel : les apiculteurs font grise mine, les récoltes plombées par un printemps très pluvieux

Parmi les raisons de ce faible rendement, le groupe avance « une mauvaise implantation, une asphyxie des racines par excès d'eau, une forte pression des maladies et des adventices (mauvaises herbes, ndlr), des températures trop faibles pendant la phase de reproduction et encore le manque d'ensoleillement ».

Des dispositifs d'aides exceptionnelles attendus

Les cultivateurs ont connu auparavant plusieurs années porteuses sur le marché des céréales et graines à huile, dans le sillage notamment de la guerre en Ukraine - pays exportateur de premier plan dont l'invasion a fait exploser les cours.

Ils ne peuvent plus espérer compenser le déficit de volume par des prix de vente élevés : sur le marché européen, le blé tendre évolue autour de 220 euros la tonne depuis un mois, car les récoltes sont globalement abondantes à l'échelle de la planète.

Lors d'une visite la semaine dernière dans l'exploitation d'un céréalier de la Beauce prévoyant une moisson pire qu'en 2016, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau avait indiqué que le gouvernement était prêt à activer des dispositifs d'aides exceptionnelles si les moissons se révélaient vraiment mauvaises.

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Des brebis décimées par la fièvre catarrhale dans le Sud

Alors que l'arrivée en France d'un nouveau type de FCO, à savoir le sérotype 3, a été confirmée cette semaine dans le département du Nord, le sérotype 8, présent dans le pays depuis 2006, frappe fortement les Pyrénées-Orientales depuis juin, d'où il a progressé de l'est vers l'ouest, touchant également l'Aude et l'Ariège.

« À ce stade, nous avons d'ores et déjà 4.000 brebis mortes dans les trois départements, et on pense atteindre les 6.000 d'ici la fin du mois », sur un total de 15.000 dans les Pyrénées-Orientales, 75.000 en Ariège et 40.000 dans l'Aude, estime Myriam Cormary, directrice de la chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales. Aucune donnée n'a été livrée au niveau national sur les cas de FCO recensés dans le sud du pays. Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Agriculture n'a pas répondu.

(Avec AFP)

latribune.fr

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