Mégabassines : une seconde manifestation marquée par quelques tensions à La Rochelle
latribune.fr

La journée s'est soldée par 7 gardes à vue
Benoit Tessier
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La journée s'est soldée par 7 gardes à vue
Benoit Tessier
Les manifestations du 19 et 20 juillet contre les « mégabassines » n'ont pas atteint le niveau de violence de Sainte-Soline en mars 2023, mais quelques heurts ont eu lieu. La deuxième manifestation contre les bassines, samedi à La Rochelle, a été plus tendue que celle de vendredi dans la Vienne. Le cortège était divisé en deux, balade « familiale » et fanfare d'un côté et convoi de gens « pas contents » et déterminés incluant des black-blocks de l'autre. Des affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre lors de la dislocation d'un des cortèges qui se dirigeait vers le port de commerce, cible de la journée.
Selon les organisateurs, jusqu'à 10.000 personnes ont pris part à cette mobilisation contre les réserves dites « de substitution » de l'agro-industrie. Le parquet estime leur nombre à 6.000 dont 500 « black-blocs ».
Les autorités avaient mis en garde contre des affrontements face à la présence de « plusieurs centaines d'individus radicaux » et déployé un très important dispositif de sécurité.
Tôt le matin, environ 200 manifestants l'ont déjoué en s'introduisant par surprise, du pont de l'Île-de-Ré, dans le terminal agro-industriel du port de La Pallice, délogés ensuite dans le calme par les gendarmes.
Vers 13H30, des gendarmes ont chargé à l'arrière de ce cortège, avec tirs de grenades lacrymogènes et coups de matraque, après des dégradations d'abribus et de commerces notamment.
« On respectait le fait de ne pas faire d'intrusion sur le site (du port de commerce, NDLR). C'était ce qu'ils craignaient mais c'était le deal. Et le deal a été rompu », a déploré Juliette Rivière, porte-parole du mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre, l'un des organisateurs. « On n'avait pas pour objectif d'aller au contact des forces de l'ordre, c'est souvent les forces de l'ordre qui ont pour objectif d'aller au contact avec nous », ajoute-t-elle.
La dislocation du cortège a été suivie d'affrontements avec barricades, feux de poubelles, dégradations, jets de projectiles et de grenades lacrymogènes.
Selon un bilan du parquet de La Rochelle, quatre membres de forces de l'ordre et cinq manifestants ont été blessés, tous légèrement. Sept personnes ont été arrêtées, pour des faits d'intrusion au port et dans un Ehpad, et d'association de malfaiteurs. Des vols d'alcool et d'argent ont eu lieu dans le supermarché.
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« On a réussi à montrer ce qu'on souhaitait, la place de ce port agro-industriel et de ses acteurs céréaliers dans le bassinage de nos territoires », a déclaré à l'AFP Julien Le Guet, du collectif "Bassines Non Merci".
« L'encerclement » annoncé du port visait à dénoncer les grands acteurs de la filière céréalière que les organisateurs associent à la construction des réserves d'eau contestées.
La préfecture de Charente-Maritime, craignant des violences, avait interdit tout rassemblement dans la ville, très fréquentée par les touristes en cette période estivale.
Ces manifestations interviennent dans le cadre du "Village de l'eau", rassemblement militant organisé également, depuis mardi et jusqu'à dimanche à Melle (Deux-Sèvres), par le mouvement écologiste Extinction Rébellion, l'union syndicale Solidaires et l'association altermondialiste Attac, avec la participation de 120 structures militantes. Des prises de parole sur des sujets internationalistes s'y sont succédé dans une ambiance pacifiste et festive.
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Pour contrer les images de violences qui ont tourné en boucle au printemps 2023, et qui collent durablement à l'image du mouvement, les collectifs intensifient par ailleurs toute l'année des actions touchant l'ensemble de la population: réunions publiques, projections, même performances artistiques.
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