La FNSEA exige des avancées concrètes et rapides sur ces retenues d'eau de substitution. Mais les blocages, même lorsque les projets sont autorisés et qu'aucune décision judiciaire n'est plus attendue, dépendent d'un choix de la France: celui d'une gouvernance décentralisée et concertée de l'eau.« Depuis le Varenne de l'eau et du changement climatique (réflexion et concertation menée en 2022 sous l'impulsion du Président de la République, ndlr), ce qui nous intéresse est combien on est capable de stocker de mètres cubes supplémentaires, dans le respect évidemment du cadre (réglementaire, ndlr). Aujourd'hui, on a beaucoup de projets qui sont en l'air depuis des mois, voire des années, voire des dizaines d'années. Comment on fait très concrètement pour rendre ces projets opérants? », a questionné le président de la FNSEA lors d'une conférence de presse le 20 mars.
« Toujours quelque chose qui s'additionne »
« On a donné un exemple au Premier ministre » (rencontré la veille par le syndicat) : des réserves de substitution dans la Vienne « ayant obtenu un permis de construire, purgées de tout recours, et en l'air depuis plus de dix ans. Est-ce qu'à un moment, on le fait ou on ne le fait pas? », a précisé Arnaud Rousseau.
Interrogé sur les points de blocages, le syndicaliste a évoqué un Projet de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE) et une Analyse hydrologie-milieux-usages-climat (HMUC) locaux.
« Il y a toujours la petite demande de feuille complémentaire, il y a toujours quelque chose qui s'additionne (...). Si on veut faire des études complémentaires, on les fait en amont de l'autorisation du permis », a-t-il plaidé.
Des projets financés à 70% par une Agence de l'eau
De la trentaine de projets de retenues de substitution autorisées par le préfet dans la Vienne, après la présentation d'études d'impact voire des résultats d'une enquête administratives, certains sont en effet purgés de tout recours administratif ou judiciaire, confirme Benoît Grimonprez, professeur de droit rural et de l'environnement à l'Université de Poitiers. Ils pourraient donc déjà être lancés s'ils n'étaient financés que par des fonds privés.