Six mois avant les prochaines élections des Chambres d'agriculture, l'occasion tombe à pic pour les syndicats agricoles. La mobilisation contre les « méga-bassines », ou « retenues de substitution », prévue cette semaine dans le Poitou, leur permet de clamer non seulement leur position sur ce sujet épidermique, mais aussi leur vision radicalement opposée des rapports entre agriculteurs et défenseurs de l'environnement.
Alors que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin - dont les prérogatives en fin de semaine pourraient être réduites à la gestion des affaires courantes -, dit craindre « des actes d'une très grande violence », la Confédération paysanne, organisatrice de la mobilisation avec 119 autres organisations, dénonce « les pressions venant de toutes parts pour stigmatiser ce rassemblement consacré à la préservation et au partage de l'eau ».
Plusieurs de ses représentants figurent d'ailleurs sur le programme du « premier acte » de la mobilisation : le Village de l'eau. Celui-ci se tiendra, « pour une semaine de débats, formations, ateliers et fêtes », du 16 au 21 juillet à Melle (Deux-Sèvres) - à 15 kilomètres de Sainte-Soline, théâtre de violents affrontements entre opposants aux méga-bassines et forces de l'ordre en 2023. Le syndicat rappelle partager la principale revendication de la mobilisation : l'adoption d'un moratoire immédiat sur les méga-bassines « tant au niveau national que local ». Un moratoire qui figure parmi les engagements du Nouveau Front populaire pour ses éventuels 15 premiers jours de gouvernement.