Alstom/Siemens : le gouvernement tente de rassurer

Alors que l'annonce de la fusion entre les deux géants doit intervenir mardi ou mercredi, les leaders politiques et syndicaux s'inquiètent des conséquences pour l'industrie française. Si le gouvernement tente de dissiper les inquiétudes, la CFE-CGC d'Alstom récuse le terme de "mariage" et parle plutôt d'un rachat du français par l'allemand.

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La discussion actuellement en cours entre les deux groupes est évidemment suivie de très près par le gouvernement et par les services du ministère de l'Economie et des Finances, a déclaré Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, à l'Assemblée.
"La discussion actuellement en cours entre les deux groupes est évidemment suivie de très près par le gouvernement et par les services du ministère de l'Economie et des Finances", a déclaré Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, à l'Assemblée. (Crédits : POOL New)

Le gouvernement français s'est efforcé mardi de dissiper les inquiétudes sur la perspective d'une alliance entre Alstom et Siemens en assurant avoir d'ores et déjà obtenu des garanties sur l'emploi et la gouvernance. Ce mariage suscite , à droite comme à gauche, des interrogations. On dit notamment craindre un déséquilibre au profit du groupe allemand et des conséquences néfastes pour les salariés.

"La discussion actuellement en cours entre les deux groupes est évidemment suivie de très près par le gouvernement et par les services du ministère de l'Economie et des Finances", a déclaré Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, à l'Assemblée. "Dans l'hypothèse d'un rapprochement entre les deux entreprises, l'Etat, soyez en certains, veillera à ce que ce mariage soit un mariage entre égaux, la valorisation respective des deux entreprises étant très proche."

| Lire aussi : Alliance en vue entre Alstom et Siemens pour un "Airbus du ferroviaire"

Cette fusion dans le secteur ferroviaire, dont l'annonce devrait être formalisée mardi ou mercredi, a rallumé le débat sur l'avenir de l'industrie française et la survie de ses fleurons historiques.

"Est-ce aujourd'hui la fin d'Alstom ? Le TGV va-t-il devenir allemand? Pourquoi le gouvernement accepte-t-il un tel déséquilibre ?", s'interroge sur Twitter le député Les Républicains (LR) Eric Woerth, qui fut ministre du Budget sous Nicolas Sarkozy.

Christian Estrosi approuve pour sa part l'idée de bâtir un géant européen du ferroviaire pour résister à la concurrence du champion chinois CRRC, qui s'est lancé dans une offensive mondiale pour rafler des parts de marché, mais à condition que l'"égalité" soit assurée entre le français et l'allemand. "Il semblerait que toutes ces conditions pour l'instant ne soient pas réunies", a déploré le maire LR de Nice sur franceinfo. "Voilà pourquoi j'invite le gouvernement français à être extrêmement ferme dans ces négociations."

Les responsables politiques citent la question sociale au premier rang de leurs préoccupations même si, de source proche du dossier, on précise que l'accord pourrait inclure une clause sur le maintien de l'emploi pour une durée de quatre ans.

Le France se vide de son sang

Dans un autre registre mais sur le même thème, Jean-Luc Mélenchon a fustigé samedi ce qu'il qualifié de "vente de la France par appartements" en référence à deux dossiers qui ont provoqué les mêmes remous ces dernières années, les ventes des chantiers navals STX et des activités d'Alstom dans l'énergie.

"Et maintenant, les voilà qui ont décidé aussi de donner le TGV à Siemens, si bien que la France se vide de son sang, de sa capacité industrielle et de sa richesse intellectuelle", a-t-il déclaré lors de son rassemblement contre la réforme du Code du travail.

Marine Le Pen s'est dite "prudente" car, a-t-elle déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale, "je partage l'inquiétude d'un certain nombre de salariés qui craignent évidemment que ce soit en réalité les Allemands qui prennent les décisions".

Inquiétude syndicale

Côté syndical, l'inquiétude est aussi palpable. Claude Mandart, délégué CFE-CGC chez Alstom, a estimé sur franceinfo que le rapprochement n'avait rien d'un "mariage".

"C'est purement une vente d'Alstom à Siemens. (Siemens) va devenir l'actionnaire de référence. En gros c'est lui qui aura les clés des cordons de la bourse. A partir du moment où on a les cordons de la bourse, on décide de la stratégie."

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, avait lui aussi fait part de ses doutes lorsqu'une telle opération avait été envisagée une première fois. "De fait, un partenariat Alstom-Siemens ne faisait qu'additionner les difficultés (...) en surconcentrant les problèmes au plan européen", avait-il dit lors d'une audition à l'Assemblée. "De plus, l'impact social d'un tel rapprochement aurait été critique avec un grand nombre de suppressions d'emploi à la clé. Enfin, les cultures d'entreprises de ces deux concurrents - cette dimension psychologique a son importance - étaient fondées sur un fort antagonisme."

(Avec Reuters)

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Commentaires 11
à écrit le 27/09/2017 à 13:16
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@ Futuringé : les prix d'entretien du seul ballast pour un TGV sont prohibitifs. De même que l'énergie consommée. De même que l'effet climat extérieur. Hyperloop a nettement moins ces inconvénients d'où un avantage de prix que l'on peut anticiper ave...

à écrit le 26/09/2017 à 22:10
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A mon avis il fait un cadeau à un de ses amis banquier qui a du recevoir le mandat sur ce deal... ça sent le mélange des genres. ..

à écrit le 26/09/2017 à 21:02
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Alstom : bradage d’un fleuron industriel, suite et fin d’un scandale national Après avoir bradé une partie d’Alstom aux Américains en tant que ministre de l’économie, Emmanuel Macron termine le travail en vendant le reste à l’allemand Siemens. L’É...

à écrit le 26/09/2017 à 19:48
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Lamentable !

à écrit le 26/09/2017 à 19:37
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Une fois de plus, l'industrie française part sous contrôle allemand, comme pour Nexter et le remplaçant du FAMAS alors que le marché principal est en France, sans la moindre contrepartie en face. On accepte de se faire critiquer et de fermer des cen...

le 27/09/2017 à 1:17
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Vous mélangez tout ! les centrales nucléaires seront fermées en France en raison de leur âge, risque et coûts. Voyez les dernières déclarations des dirigeants d'EDF qui confirment que le nucléaire actuel n'est plus compétitif face aux renouvelables. ...

le 27/09/2017 à 9:09
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"Quant aux TGV ils sont par nature plus coûteux qu'Hyperloop donc mieux vaut opter pour Hyperloop etc plus performant" Donnez moi un prix pour une rame hyperloop (qui n'existe que dans les rêves de certains, car il reste encore beaucoup de chemin a ...

à écrit le 26/09/2017 à 18:09
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Pas très convaincant. Un mariage entre égaux signifie que les mariés ont le même poids financier( il n'y a que ça qui compte);on en est loin. Et comme il n'y a pas d'actionnaires avec une minorité de blocage,....

à écrit le 26/09/2017 à 18:03
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"le gouvernement tente de rassurer" C'est vrai qu’on sent qui va gagner Griveaux sur la photo

à écrit le 26/09/2017 à 18:03
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Macron se fout de savoir si le TGV sera français ou allemand. Son unique dessein est l’intégration toujours plus forte de l'UE et la disparition des États nations ! Avec une France à l'image de l'Allemagne. Tant que nous ne comprendrons pas, le jeu d...

à écrit le 26/09/2017 à 17:44
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Merkel a obligé Macron d'accepter les conditions de l'offre siemens . Point final .

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