Alstom/Siemens : vers la naissance d'un Airbus du rail

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L'accord négocié prévoit l'absorption du pôle ferroviaire de Siemens par Alstom, spécialisé dans le rail depuis la cession de son pôle énergie à General Electric, pour former un groupe installé et coté à Paris mais dont l'Allemand prendrait la moitié du capital.
L'accord négocié prévoit l'absorption du pôle ferroviaire de Siemens par Alstom, spécialisé dans le rail depuis la cession de son pôle énergie à General Electric, pour former un groupe installé et coté à Paris mais dont l'Allemand prendrait la moitié du capital. (Crédits : REUTERS/Regis Duvignau)
Deux ans après une première tentative de mariage, les deux fleurons français et allemand devraient annoncer leur union dans les heures à venir. Un accord qui scellerait la première alliance franco-allemande depuis l'arrivée à l'Elysée d'Emmanuel Macron, qui milite pour une plus grande intégration économique européenne.

L'annonce devrait intervenir ce mardi soir. Ou mercredi. Après un premier rapprochement évoqué puis avorté en 2014-2015, Alstom et Siemens devraient annoncer leur fusion, dans les heures à venir. Pour les deux géants, qui réalisent respectivement 7,8 et 7,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, il s'agit officiellement de s'unir face au géant chinois CRRC, issu d'une fusion pilotée par Pékin et qui lorgne désormais sur les marchés européens en discutant avec le tchèque Skoda Transportation.

Le conglomérat allemand réunit mardi son conseil de surveillance, tandis que le groupe français tiendra un conseil d'administration dans le même temps. En parallèle, donc, les deux entreprises se prononceront sur le projet, avant de vraisemblablement communiquer ensemble sur leurs décisions.

Un groupe installé et coté à Paris

D'après le Handelsblatt, journal économique allemand, l'accord déjà négocié prévoit l'absorption du pôle ferroviaire de Siemens par Alstom, spécialisé dans le rail depuis la cession de son pôle énergie à General Electric, pour former un groupe installé et coté à Paris mais dont l'Allemand prendrait la moitié du capital.

Les autorités françaises, qui plaident pour un tel rapprochement, insistent sur la nécessité d'une fusion "équilibrée". Dans le cadre des discussions actuelles, le président non exécutif de la future entité serait choisi par Siemens et le directeur général serait l'actuel président d'Alstom Henri Poupart-Lafarge, qui serait aussi administrateur. Le conseil compterait 11 membres, dont 6 nommés par Siemens.

S'il devait se concrétiser, cet accord scellerait la première alliance franco-allemande depuis l'arrivée à l'Elysée d'Emmanuel Macron, qui milite pour une plus grande intégration économique européenne. Les opposants du chef de l'Etat, cependant, ont commencé à faire pression sur le gouvernement en critiquant la manière dont un nouveau "fleuron industriel français", et non des moindres puisque le TGV fabriqué par Alstom est de longue date une des fiertés françaises, passerait sous pavillon allemand.

| Lire aussi : Alstom/Siemens : le gouvernement tente de rassurer

L'Etat ne devrait pas lever son option d'achat

D'autant que, d'autres intérêts français sont concernés par l'opération. Le groupe Bouygues détient en effet 8,3% du capital d'Alstom et est propriétaire de 20% supplémentaires qu'il a prêtés à l'Etat français en 2014 pour faciliter la cession à General Electric des activités d'Alstom dans l'énergie. Selon des sources contactées par l'agence Reuters, l'Etat n'exercera pas son option d'achat sur ces 20% au prix du marché, qui expirera le 17 octobre. Dans ce cas, Bouygues disposera de 28,3% du capital d'Alstom et en sera le premier actionnaire, mais il verra cette participation diluée de moitié dans le cadre d'un accord avec Siemens.

Enfin, outre un accord entre les deux groupes, la fusion devra ensuite recevoir le feu vert de la Commission européenne, ce qui pourrait impliquer des cessions d'actifs pour éviter des abus de position dominante. Les autorités françaises ne sont pas inquiètes concernant ces questions anti-trust, un aspect que, selon les analystes de Barclays, le Pdg d'Alstom Henri Poupart-Lafarge a cependant cité à plusieurs reprises comme un élément de préoccupation dans le cadre d'une consolidation européenne du secteur ferroviaire.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/09/2017 à 7:04 :
Macron élu avait dénoncé avec justesse le bradage de STX par Holand , pour maintenant retourner sa veste , avec Alstom comme cerise sur le bradage de nos fleurons industriels . ( Oui NOS : car c'est nos impôts qui à chaque fois les ont renfloué )
a écrit le 27/09/2017 à 18:42 :
Mettre Airbus à toutes les sauces, c'est un truc de communicants. J'ai vécu les débuts du programme Airbus. Aujourd'hui, c'est devenu, dans l'imagerie populaire, un synonyme de grand succés. Qui se souvient que ce programme a failli capoter de nombreuses fois sur des choses secondaires parce que la politique locale passait les considérations industrielles. Un simple exemple: pourquoi l'assemblage final s'est-il toujours fait à Toulouse, jusqu'à aujourd'hui? Quel a été l'impact sur la rentabilité d'aller chercher tous les éléments avec des avions spéciaux? Pour le 380, c'est encore pire, il faut aller par la route d la Gironde jusqu'au site de Toulouse.Pour le 747, Boeing avait créé un site avec un quai de dechargement pour les cargos. En 1977, la cadence était d'un avion tous les 4 mois, mais personne ne voulait anticiper la reprise en investissant comme il aurait fallu le faire.
Le cycle de fabrication des atterrisseurs était de 3 ans et personne ne s'en souciait. Aujourd'hui, les bureaux d'étude d'Airbus n'ont aucun projet en route, si ce n'est de la"poudre aux yeux" donnée à la presse non spécialisée (taxi volant, long courrier électrique, etc)
S'il n'y avait pas eu des gens de la trempe de lAllemand Felix Krahe (entre autres) où en serait le programme Airbus? Comme le Concorde...
a écrit le 27/09/2017 à 1:23 :
Mieux vaut opter pour Hyperloop beaucoup plus performant et nettement moins coûteux avec moins d'emprise au sol. Restera 49% dans Siemens+Alstom puisque Siemens est un peu plus grand qu'Alstom. Par contre la partie énergie est les éoliennes offshore était un marché important et Kron notamment a très mal géré Alstom. de même que la France ne se défend pas assez face aux méthodes de guerre économique américain entre autres où la justice collabore avec les grandes entreprises. Le problème est extra-territorialité qu'appliquent les américains et que nous devrions appliquer également au plan européen ou contraindre avec d'autres les américains à changer de système.
a écrit le 26/09/2017 à 23:07 :
Encore un fiasco de nos élites politiques et de managers sans sans visions

Pauvre France ton industrie fout le camp..
C est pas grave les travailleurs français iront travailler en Allemagne...en voiture électrique chinoises. .
a écrit le 26/09/2017 à 23:05 :
...que Siemens pour gagner aux dépends d'Alstom un contrat a cédé ses technos aux Chinois qui aujourd'hui sont présentés comme une menace pour Siemens et Alstom, ce qui justifie la prise de contrôle du second par le premier !
a écrit le 26/09/2017 à 22:32 :
Un pole Franco-Allemand Industriel et de recherche et d'export en énergies renouvelables est souhaitable : trop de savoirs dispersés, et donc inopérants : atteindre une taille critique.
a écrit le 26/09/2017 à 22:07 :
Quelles sont les banques conseils ? il y a t il Rotschild ?
a écrit le 26/09/2017 à 21:59 :
N'importe quoi.
Clap de fin c'est tout.
La démonstration par à+b que la gestion d'état est un non sens.

Rip Alstom Alsthom cge alsienne Thomson.

Un désastre Siemens aura beau jeu de fermer le cercueil
a écrit le 26/09/2017 à 20:58 :
Dur d'être sans un sou vaillant . Comme chez Airbus l'Allemagne s'impose par sa capacité à financer .
a écrit le 26/09/2017 à 19:14 :
Fusion équilibrée ? 50/50 ou comme Airbus : 1x/1x ?

Alstom travaille souvent sur des projets, à coté d’autres acteurs français : Egis, Thales, Saint Gobain, Geodis, Keolis, Railtech, RATP Dev, Engie Ineo, Colas et autre acteurs du BTP, etc.
Passer Alstom sous contrôle allemand va contribuer à affaiblir la meute ainsi tous les sous-traitants français du rail.
Bravo !
Puis STX, et ensuite, à qui le tour ?
Réponse de le 26/09/2017 à 19:45 :
Le bilan des contrats signés ces derniers trimestres n'est pas à l'avantage de Siemens.
Réponse de le 26/09/2017 à 21:13 :
la France va devenir un pays riches de pauvres travailleurs! apres S.T.X .... a qui le tour ! les responsables ? ****
a écrit le 26/09/2017 à 18:54 :
on nous présente le rachat d alstom par Siemens comme un airbus du rail
c est juste la finalité de la vente par morceaux d alstom

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