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Les constructeurs automobiles américains au bord du gouffre appellent à l'aide

latribune.fr

Publié le 19 novembre 2008 à 03:06 - Mis à jour le 19 novembre 2008 à 03:13

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Les patrons des constructeurs automobiles General Motors, Ford et Chrysler ont tenté de convaincre le Sénat américain de leur accorder un crédit-relais de 25 milliards de dollars (20 milliards d'euros) pour survivre à la crise. Pour le moment, ils ont essuyé un refus.

Les géants de l'automobile ont supplié les pouvoirs publics de les sauver du dépôt de bilan. A Washington, les patrons des constructeurs automobiles General Motors, Ford et Chrysler ont tenté mardi de convaincre le Sénat de leur accorder un crédit-relais de 25 milliards de dollars (20 milliards d'euros) pour survivre à la crise.


Le PDG de Chrysler, Robert Nardelli, a affirmé que son groupe ne pourrait plus fonctionner normalement "sans un soutien financier immédiat" de l'Etat fédéral. Il a agité l'épouvantail d'une faillite de Chrysler, qui mettrait en péril 56.000 emplois directs, priverait de financement 20 milliards de dollars en couverture santé assurée par le groupe, et représenterait 35 milliards de dollars en manque à gagner annuel pour les fournisseurs, selon lui. Robert Nardelli s'est même dit prêt à se contenter d'un salaire annuel d'un dollar pour participer au redressement de l'entreprise, en réponse à des sénateurs démocrates évoquant "l'inquiétude des gens qui pensent qu'ils subventionnent" les salaires des cadres dirigeants.

Le PDG de General Motors Rick Wagoner a assuré de son côté que les risques de faillite pesant sur son groupe étaient la conséquence directe de la crise financière, et non d'erreurs qu'il aurait commises ces derniers mois. "Il y a bien plus en jeu que Detroit", affirme-t-il, en référence à la grande ville du Michigan, berceau de l'automobile américaine. "Il s'agit de sauver l'économie américaine d'un effondrement généralisé".

Le patron de Ford, Alan Mullaly, a lui aussi parlé d'un "effet dévastateur sur l'ensemble des constructeurs, des équipementiers et des concessionnaires" si l'un de ses concurrents s'effondrait. Pour renflouer leurs caisses mal en point, Ford a vendu 20,4% du capital du japonais Mazda Motor pour environ 425 millions d'euros, et General Motors les 3,2% qu'il détenait dans Suzuki Motor pour 180 millions d'euros.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a prévenu que toute aide au secteur automobile "doit être accompagnée de conditions très strictes", notamment un gel des primes et autres indemnisations, ainsi qu'une obligation "d'utiliser les nouvelles technologies" pour produire des véhicules plus économes en carburant. Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a de nouveau refusé qu'une partie des 700 milliards de dollars affectés au sauvetage du système financier soient utilisés pour soutenir l'économie, en particulier le secteur automobile.

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Le secteur automobile plombé par la crise est aussi l'objet de toutes les attentions en Europe. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré mardi que les Européens allaient s'assurer que le plan américain de soutien au secteur automobile ne pénaliserait pas l'industrie européenne. Le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a exclu de lancer un programme de soutien global pour l'industrie automobile allemande. Les constructeurs automobiles européens ont demandé en octobre une aide chiffrée à 40 milliards d'euros sous la forme de prêts à taux réduit, et des primes pour inciter les consommateurs à remplacer leurs voitures.

Le PDG de Nissan et de Renault, Carlos Ghosn, a prévenu mercredi que le constructeur automobile japonais devrait enregistrer un bénéfice "zéro" au deuxième semestre, tandis que la marge d'exploitation du français devrait chuter à 2,5% cette année.

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