A Detroit, le secteur automobile tente de garder le moral

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Le salon automobile de Detroit aux Etats-Unis ouvre ses portes ce dimanche, alors que le secteur est plongé dans la crise. Les constructeurs se tournent plus que jamais vers les voitures "vertes".

Alors que le secteur automobile traverse une des plus graves crise de son histoire, les principaux contructeurs mondiaux se retrouvent au salon automobile de Detroit (Etats-Unis) qui ouvre ses portes ce dimanche. Objectif : attirer des acheteurs toujours plus hésitants avec de nouvelles voitures économes en énergie. Quelque 58 nouveaux modèles, dont 44 premières mondiales,  vont ainsi être présentés ces prochains jours.

A Detroit, siège historique des "Big Three" General Motors, Chrysler et Ford, c'est pourtant l'allemand Mercedes qui a ouvert les présentations. Le président de la maison-mère Daimler, Dieter Zetsche, a ainsi affirmé sa "confiance mesurée" pour 2009 en dépit des "pressions énormes" qui pèsent sur l'industrie automobile. Le dirigeant estime que les constructeurs "innovants" en matière de technologies vertes restaient promis à "un brillant avenir". Il a ainsi présenté samedi sa nouvelle berline haut de gamme Mercredes Classe E avec un moteur consommant moins, un modèle qui constitue le coeur de sa gamme et représente en Europe de l'Ouest 30% des ventes de son segment.

Parmi les annonces de ce dimanche, Volkswagen, le premier constructeur automobile européen, a pour sa part indiqué avoir tenu ses promesses en ayant atteint ses objectifs de ventes au niveau du groupe en 2008, avec une progression de 0,6% des livraisons, au record de 6,23 millions de véhicules. Mais le constructeur prévient que ses ventes pourraient baisser de 10% environ cette année. Pour autant, le groupe prévoit toujours de consacrer 8 milliards d'euros par an au développement de nouveaux modèles et de nouvelles technologies.

L'américain Ford a lui annoncé le lancement de quatre nouveaux modèles hybrides en Amérique du nord d'ici 2012 et prévoit de commercialiser une petite voiture électrique en 2011. Initialement, Ford vise la vente de 5.000 à 10.000 voitures électriques.

Côté japonais, Toyota lancera de son côté une voiture entièrement électrique aux Etats-Unis d'ici 2012. Le constructeur a aussi présenté deux nouveaux modèles de voitures hybrides (essence/électricité) Prius et Lexus. Le japonais, désormais numéro un mondial des constructeurs automobiles, veut accélérer l'introduction de voitures "vertes" aux Etats-Unis pour compenser le recul de ses ventes au niveau mondial.

Recherche de l'énergie "verte" aussi pour Honda, qui va commercialiser dès février au Japon le premier modèle de sa prochaine génération de voitures hybrides bon marché Insight, avant des lancements en Europe et aux Etats-Unis prévus en mars et avril.

Enfin, Chrysler a lui reconnu que passer l'année allait être "un vrai défi". Le groupe table sur 600.000 voitures vendues en moins en 2009 et une chute des recettes entre 16 et 17 milliards de dollars. L'entreprise continue néanmoins à investir et 24 nouveaux modèles vont être présentés dans les quatre prochaines années. Le constructeur a par ailleurs démenti lles rumeurs de vente par le groupe Cerberus et a confirmé que des contacts avec d'autres constructeurs automobiles pour discuter d'alliances stratégiques ou d'éventuelles fusions avaient eu lieu mais que rien de concret n'avait émergé.

Signe de crise, certains constructeurs ont eux décidé de ne pas faire le voyage, dont Nissan, Suzuki, Porsche, Ferrari et Land Rover. Il faut dire que le bilan de l'année 2008 a été plus que difficile, et que 2009 s'annonce également sous de bien sombres auspices. Aux Etats-Unis, le marché automobile est retombé à son niveau de 1992, avec une baisse de 18% des ventes de voitures l'année dernière. En France, le marché a bien résisté avec un recul de seulement 0,7%.

Pour 2009, les prévisions tablent sur des volumes d'environ 11 à 12 millions de véhicules vendus aux Etats-Unis, soit encore 1 à 2 millions de moins. Les ventes ne sont pas tombées au-dessous de 12 millions depuis la récession de 1982, lorsque l'Amérique comptait 70 millions d'automobilistes de moins qu'aujourd'hui. En Europe, le directeur général de Renault, Patric Pélata, estimait fin novembre que les ventes de voitures allaient chuter d'au moins 20% cette année.

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