Nouvelle sortie de route pour les constructeurs automobiles en Europe

 |   |  661  mots
Les chiffres communiqués depuis lundi par les différents pays européens montrent bien que dans le contexte de crise, les ménages limitent leurs achats de véhicules neufs.

Les ménages limitent leurs dépenses dans le contexte de crise. Le marché automobile français a chuté de 7,9% en janvier d'une année sur l'autre. La tendance est identique en Italie et en Belgique. En Espagne et en Grande-Bretagne, le plongeon est redoutable, de plus de 40% et de 30% respectivement. En Allemagne, la baisse est de 14% pour le premier mois de l'année. A nombre de jours ouvrables constants, le recul des immatriculations est limité à 8%.

Les professionnels se déclarent cependant plus optimistes pour la suite. Le 25 janvier, la VDA, la fédération allemande de l'industrie automobile, a déclaré que les perspectives 2009 du marché allemand bénéficiaient d'une soudaine embellie grâce à l'efficacité surprenante des mesures de soutien mises en oeuvre par les pouvoirs publics. Matthias Wissmann a estimé que les ventes de voitures en Allemagne pourraient même dépasser le seuil de 3 millions d'unités en 2009, soit à peu près leur niveau de 2008. Les concessions automobiles de la République fédérale se sont effet remplies subitement ces derniers jours après l'annonce par le gouvernement d'une "prime à la casse" de 2.500 euros pour les véhicules d'au moins neuf ans remplacés par une voiture neuve. L'organisation professionnelle KBA a calculé qu'environ 13,7 millions de véhicules étaient susceptibles d'être éligibles pour la "prime à la casse", soit environ un tiers des voitures immatriculées en Allemagne.

En France, la prime à la casse annoncée en fin d'année par le gouvernement (1.000 euros) n'a pas bénéficié aux constructeurs français. Les immatriculations de voitures particulières se sont établies en janvier à 149.385 unités, a annoncé le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). A nombre de jours ouvrables comparables, les ventes de voitures neuves ont reculé de 3,5%.

En Italie, les ventes de voitures neuves ont également plongé de 32,64% sur un an à 157.418 unités, a annoncé le ministère italien des Transports et des Infrastructures. Les ventes des trois marques de Fiat ont chuté de 31,3% à 50.467 unités.

En Belgique, les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 16,11% sur un an en janvier pour s'établir 47.690 unités, selon les chiffres communiqués par la Fédération belge de l'automobile (FEBIAC).

En Espagne, les immatriculations de voitures neuves se sont établies à 59.385 le mois dernier, selon les chiffres de l'Association espagnole des constructeurs automobiles (Anfac). La chute observée au mois de janvier est toutefois inférieure à celle de décembre lorsqu'elles avaient reculé de 49,9%. Dans un communiqué, l'Anfac a qualifié d'insuffisantes les aides apportées par Madrid. Pour l'essentiel, il s'agit de primes à l'achat de véhicules neufs et moins polluants. La semaine dernière, le journal Cinco Dias rapportait que le gouvernement envisageait d'exonérer provisoirement les groupes automobiles de leurs cotisations de sécurité sociale. Des responsables politiques ont refusé de détailler ces projets. La marge de manoeuvre espagnole est étroite et les 70 milliards de dollars de soutien annoncés pour l'ensemble de l'économie risquent de ne pas suffire.

En Grande-Bretagne, le secteur s'enfonce dans la crise, les ventes de voitures neuves ayant chuté de 30,9% en janvier par rapport au même mois de 2008, selon l'Association des constructeurs automobiles britanniques (SMMT). Ces chiffres ont été accompagnés de l'annonce de 850 suppressions d'emplois en Grande-Bretagne par la filiale britannique du constructeur américain Ford. Le groupe a invoqué, comme nombre de ses concurrents, la chute des ventes de voitures en Europe. Le gouvernement britannique a annoncé le mois dernier des mesures de soutien au secteur, centrées sur des garanties de prêts. La SMMT a cependant réclamé la mise en place d'une prime à la casse, comme il en existe dans de nombreux pays voisins dont la France.

Hors d'Europe,  l'Association japonaise des concessionnaires (JADA) a annoncé que les ventes de voitures au Japon, hors "mini-véhicules" de moins de 660 cm3 de cylindrée, avaient chuté de 27,9% en janvier par rapport au même mois de l'an dernier, à 174.281 unités.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
J'ai du mal à lire vos commentaires sur le marché automobile qui comparent un mois donné avec le même mois de l'année précédente. Vous gagneriez en crédibilité à comparer 12 mois glissants avec 12 mois glissants A-1 ce qui donnerait là vraiment une tendance de fond et non pas une vision superficielle.
Pour ce qui est de la France en janvier, les statistiques montrent que le déficit d'immatriculations est principalement dû à la baisse des achats des loueurs courte durée. La clientèle particulière continue d'acheter bien que ces achats se déplacent vers des véhicules plus modestes en prix d'achat, consommation et coût d'entretien. Que faisons-nous pour relancer les ventes des catégories supérieures ? Rien ! Le scénario est le même en Allemagne avec des achats des catégories les plus basses et des gammes hautes laissées à l'abandon. Dommage que les Twingo, C1 et autres soient fabriquées hors de France car cela ne me semble pas procurer beaucoup de travail dans notre pays, ni au niveau des constructeurs, ni au niveau des sous traitants. Le problème n'est pas réglé. Les médias pourraient s'en inquiéter sur la base de chiffres respectables ...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
N'éspérons pas de réponses précises , faut'il privilégier cette option... plutot que celle là ! Il y a quelques mois , l'unique certitude que nous avions etait que le secteur automobile naviguait a vue ... maintenant un scénario bien plus inquiétant apparait .. l'angoisse est perceptible .. plus aucun indicateur n'est lisible ! En fait tous les fondamentaux sont ébranlés ; sans faire de catastrophisme excessif , et devant l'ampleur du constat une interrogation apparait : En l'état actuel , l'industrie automobile est t'elle capable de passer ce cap avant l'arrivée trés attendue , mais beaucoup trop tardives des hybrides et assimilés
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les voitures Françaises, et les autres, sont devenues bien trop chères.
C'est aussi simple que ça.......
Avec la stagnation des salaires depuis 10 ans, les Français n'ont plus les moyens de s'acheter des voitures neuves:
Baisse du pouvoir d'achat, surtout des classes moyennes.

Alors évidemment, la prime à la casse + les primes constructeurs vont faire vendre quelques voitures d'entrée de gamme....... presque 30% sur un Twingo, 3000? de remise sur une Clio normalement vendue à plus de 13000? on arrive à des prix "presque" abordables..... et encore !
Ce ne sont que des "basiques"......

Quand aux moyenne et haut de gamme, plus de clients.

Hors de prix par comparaison à un salaire moyen en France.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Que représente une prime de 1000? pour remplacer une veille voiture roulante pour des personnes démunies dont le pouvoir d'achat ne fait que baisser, le prix des voitures est exhorbitant sachant que les constructeurs engrangent des bénéfices faramineux sur les factures d'entretien pour le remplacement de piéces dites d'origine,piéces souvent réalisées par leurs sous-traitant et pas forcément réalisées en France, pouquoi ne pa faire des prêt a taux 0 et afficher clairement les prix des produits vendus, sur les marques Française il n'esiste pratiquement pas de publicité mentionnant les prix de vente, seule apparait les réductions écologique et reprise pour casse
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
pourquoi ne pas baisser les prix? en belgique on pffait un vehicule pour 1 achete de meme chez wolfsagenn! cherchons l erreur!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Prenons un exemple concret, je me rends chez un concessionnaire, les véhicules proposés dans leurs pub ne sont pas visible - le modèle présenté s'affiche a 18000? avec confort, options.... alors que celui qui m'intéressait fait 9990? déductions comprise.
donc je ne suis pas resté - Les concessionnaire n'ont pas changé leurs attitude - les constructeurs devrait diviser par 2 les Tarifs car les années passent, l'automatisation, la robotisation, l'externalisation sont passé par là et les prix n'ont pas diminués. Il me semble que l'objectif etant de réduire les couts permettrait de réduire aussi la facture - ahhh!!! oui c'est vrai, il faut payer les dividendes des actionnaires.
Finalement, c'est presque l'ideal une crise comme celle ci puisqu'on va chercher un nouveau job pres de chez soit afin d'aller bosser en velo (j'ai l'impression d'entendre fidel castro lol).
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je complète suite au propos de JPH.
Si l'état instaure ce genre de norme c'est aussi pour développer et conserver le business en France. En effet, si nous restons sur des technologie obsolète, les production se délocalisent car il n'y a pas de nécessité de compétence particulière (voir Dacia)
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Vous avez raison de comparer des mois en glissement annuel. Certes, il y a des fluctuation d'un mois à l'autre, mais comparer des périodes glissantes de douze mois vous mettrait en retard de six mois ! Inacceptable dans le contexte actuel. Vous pourriez donner une courbe des glissements au mois le mois.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il faut quand même reconnaitre que les prix des voitures n'ont pas baissé mais que dans le même temps, les équipements, tant de confort, que sécuritaires (merci à nos législateurs toujours prêts à en remettre une louche..)ont considérablement augmenté. Prenons l'exemple de l'ABS, dont je ne pense qu'une seule voiture soit commercialisée aujourd'hui sans. Certes, des économies d'échelle ont certainement été réalisées sur cet équipement, mais il représente toujours un surcoût par rapport à des véhicules qui n'en étaient pas équipés il y a 10 ans.Cet exemple peut être répété à l'envie par tout un tas d'équipements qui font aujourd'hui partie intégrante (et presque obligatoire) de nos véhicules (Airbag, ceintures pyrotechniques, climatisation, etc.....).
Alors bien évidemment, cela n'est pas la seule cause du prix des voitures, mais il y contribue pour une bonne proportion.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
@tous : Le prix des véhicules n'a pas baissé pour plusieurs raisons
1- les lancements de nouveaux véhicules ou restyling se font maintenant tous les 2 ans. D'ou des coûts d'amortissement sur des durées plus courte donc plus élevé par véhicule
2- la variété de modèles fait que par modèle; les ventes ont chutée. D'où un coût d'amortissement sur moins de véhicule donc plus important par véhicule
3- la technologie et le nombre d'accessoire de confort et sécurité est beaucoup plus important

Les marges des constructeurs ne sont pas mirobolante. Ils ne sont pas arrivé à leurs objectifs de 6% de marge brute mais sont plus prêt des 3%. Ce n'est pas la panacé.

Il y a une solution simple pour faire baisser le prix d'une voiture
=> réduire le nombre de modèle et les faire vivre plus longtemps. Mais comme les fringues, quand on a de l'argent on aime bien changé. Avec la crise nous reviendrons peut être à une consommation plus régulée et intelligente, ce qui ne sera pas plus mal pour la planète. Perso je préfère mettre 1000 dans une chose que j'utilise 10 que de mettre 100 dans 1 chose qui j'utilise 1 fois et jette ... On pourrais appeler ça de l'éco-consommation.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :