Essai auto : BMW X1, un agrément exceptionnel

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(Crédits : <small>DR</small>)
A trop hésiter entre un break, un 4x4, un coupé sportif, le célèbre constructeur bavarois a concocté un engin aux lignes moins personnelles que d'habitude. Mais le comportement routier phénoménal et le très bel agrément mécanique recueilleront tous les suffrages. Quel plaisir de conduite !

BMW jouit d?une réputation exceptionnelle dans le monde entier, que lui envient la plupart de ses concurrents. Oui, mais voilà. Le célèbre constructeur munichois se montre inquiet. Par ces temps où l?automobile est l?objet de toutes les critiques, il craint que son image de voitures sportives et agressives ne soit plus en phase avec les tendances du jour. Du coup, il abandonne sa communication concentrée jusqu?ici sur le plaisir de conduite au profit d?un slogan plus neutre et pépère, voire gnangnan, axé sur la "joie"? Et, pour coller à ce slogan, il sort des voitures plus rondouillardes et passe-partout, moins dominatrices.

C?est le cas du nouveau X1, aux lignes édulcorées et moins affirmées que naguère. Le design arbore même un côté pataud pour une BMW, avec un vague air de bébé labrador joufflu. Il est vrai que, à trop vouloir concilier les formes d?un 4x4, d?un break, d?un coupé, la firme munichoise a eu du mal à lui forger une vraie identité. Bref, ce break surélevé n?est certes pas laid - loin de là -, mais on ne le remarquera pas vraiment.

A l?intérieur, on retrouve heureusement une présentation plus typique, c?est-à-dire plus personnelle, cossue et de bon goût, voire même raffinée sur notre version d?essai Luxe avec boiseries et un magnifique cuir bordeaux pour les sièges. La qualité de fabrication est irréprochable, même si certains plastiques sont un ton en dessous de ce à quoi la marque nous avait habitués. Nous retrouvons aussi, avec moins de satisfaction, une autre caractéristique de la firme sur ses "petits" modèles, à savoir une sensation de confinement, une habitabilité peu généreuse ainsi qu?un coffre étroit et manquant de hauteur, impropre à une utilisation familiale. La position de conduite, comme souvent sur les voitures allemandes, convient aux grands gabarits, moins aux autres. Tout le monde n?aime pas être assis en creux, avec les genoux relevés. Et l?absence de réglage lombaire des dossiers à ce tarif est quand même bien mesquine. Mais on s?y habitue, et il n?y a rien là de rédhibitoire.

Toutefois, dès qu?on prend le volant, ces réserves s?estompent. Car, disons-le d?emblée, le plaisir de conduite est exceptionnel. Il s?agit d?une vraie BMW. Avec ses quatre roues motrices en permanence (sur notre modèle d?essai), le X1 offre un comportement d?une sécurité phénoménale. Agile, répondant à n?importe quelle sollicitation du conducteur, collant à la route au millimètre quelle que soit la qualité du revêtement, affrontant le vent, les flaques, les monceaux de boue qui encombrent actuellement les départementales de campagne, virevoltant d?un virage à l?autre, la voiture subit les pires épreuves sans broncher ni manifester la moindre réprobation. Et jamais les trains roulants ne s?emmêlent les pinceaux? Impressionnant. Nous avons même, sur des routes solitaires, forcé la cadence dans les pires conditions météo, pour voir. En vain, car nous ne sommes pas arrivés aux limites de ce merveilleux châssis.

C?est d?autant plus fantastique que les suspensions, fermes au demeurant, génèrent un confort très satisfaisant. On n?est en effet jamais secoué, tellement les trains roulants sont bien guidés. A noter que les chemins de campagne, même boueux, ne font pas peur au X1, comme nous l?avons expérimenté. Mais il faudra garder à l?esprit que la garde au sol n?est pas très haute et les pneus essentiellement à vocation routière.

Le moteur diesel de 177 chevaux se marie parfaitement au châssis. Souple, plein de ressources et dynamique, il permet des accélérations formidables pour le niveau de puissance. On double rapidement, sans danger. La transmission seconde parfaitement la mécanique. La boîte automatique optionnelle ajoute encore à l?agrément. En position "Sport", elle égrène rapidement les rapports, avec beaucoup de discernement et d?intelligence, rétrograde sans rechigner sur un simple coup de frein. Dans 98% des cas, elle passe le rapport inférieur au moment exact où le conducteur l?aurait fait lui-même avec une boîte manuelle. C?est une des transmissions automatiques les plus efficaces que nous connaissons.

Toutes ces qualités sont d?autant plus louables que les consommations restent contenues. D?ailleurs, le X1 à transmission mécanique (avec arrêt et redémarrage du moteur "Stop and Start") ne pâtit pas d?un malus, signe d?une sobriété rare pour une voiture à quatre roues motrices aussi sportive. La version à boîte automatique, pourtant également économe, doit en revanche s?acquitter d?une taxe à 200 euros.

Un tel concert de louanges ne nous empêche pas d?émettre quelques réserves sur le niveau sonore élevé du moteur, les sifflements aérodynamiques incongrus à partir de 120 kilomètres-heure et une certaine brusquerie des passages de rapports de la boîte automatique en ville dans les encombrements. Mais on pardonne volontiers ces écueils.

Evidemment, cette prouesse technologique, qui démontre le savoir-faire des spécialistes germaniques du haut de gamme, a un coût? élevé. Surtout si on considère le rapport espace intérieur-prix. Il faut compter 32.350 euros pour le modèle de base, doté déjà du moteur diesel de 177 chevaux mais aussi d?une simple transmission aux roues arrière qui le rend inapte à toute circulation sur la neige ou sur chemin de terre. Notre version d?essai à quatre roues motrices Xdrive et en finition de pointe Luxe atteignait des sommets : 40.850 euros avec boîte manuelle. Pour la très recommandable boîte automatique, il faut ajouter 2.150 euros. Mais, en termes de plaisir, ce X1 est largement au-dessus des concurrentes.
 

Modèle d?essai : BMW X1 2,0d Xdrive Luxe : 40.850 euros
Puissance du moteur : 177 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,45 mètres (long) x 1,8 (large) x 1,55 (haut)
Qualités : comportement routier exceptionnel, mécanique agréable, plaisir de conduite, qualité de fabrication, finition raffinée (Luxe)
Défauts : confinement intérieur, coffre limité, bruits aérodynamiques, prix élevé
Concurrents : Toyota Rav 4 Clean Power : 34.200 euros ; VW Tiguan 2,0 TDI 170 Carat 4 Motion : 36.460 euros

Note : 15,5 sur 20

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