Essai auto : Citroën C6, la dernière limousine française

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Avec son nouveau diesel V6 de 240 chevaux, elle distille un grand agrément mécanique, qui, avec sa tenue de route ultra-sécurisante et son confort exceptionnel, en fait une merveilleuse routière. Mais, trop tard. La C6 est malheureusement un échec commercial, avec 2.000 unités vendues à peine l'an dernier.

Après l'arrêt de la Renault Vel Satis fin 2009 et celui, programmé, de la Peugeot 607, la Citroën C6 sera la dernière limousine de haut de gamme produite en France. Lourde responsabilité que de brandir seule l'étendard du prestige tricolore. Surtout qu'elle ne constitue guère un succès commercial. Au contraire. Il s'agit même d'un "flop", puisque la belle a trouvé à peine 2.000 preneurs l'an dernier, soit 1% environ des immatriculations d'une Mercedes Classe E, par exemple. Et encore la plupart des clients sont-ils des ministères, ambassades ou entreprises nationales, obligés de rouler dans un modèle français.

Cet échec, dû à un prix élevé comme à l'absence d'image haut de gamme des constructeurs hexagonaux, est pourtant parfaitement injuste. La C6 reste en effet un merveilleux "tapis roulant", auquel la nouvelle motorisation diesel V6 HDi de 240 chevaux apporte l'agrément qui lui faisait un peu défaut jusqu'ici. Issue des accords entre Ford et PSA, cette mécanique n'a pas à rougir face à la concurrence. N'équipe-t-elle pas d'ailleurs les Jaguar et Land Rover, cédées récemment par le constructeur américain à l'Indien Tata ?

Certes, les presque deux tonnes de la voiture l'empêchent de fournir des performances époustouflantes. Mais, onctueuse, ronde, pleine de ressources, qui plus est mélodieuse à l'oreille, elle distille accélérations et reprises tout à fait suffisantes. Conjuguée à une transmission automatique douce, intelligente, vive, qui rétrograde d'elle-même à bon escient (en position "S"), elle se révèle extrêmement agréable et digne des meilleures marques germaniques. Cette boîte propose aussi une position "hiver" fort utile pour démarrer sur terrain enneigé. Le bilan énergétique est en revanche moins bon que celui d'une BMW. Il faut compter autour de dix litres aux cent sur un parcours mixte route-autoroute-ville. Rien de rédhibitoire, vu l'agrément et le poids. Mais, la marque munichoise sait faire mieux sur ce point.

La suspension hydropneumatique - une spécialité Citroën depuis la Traction 15H de 1954, popularisée par la DS l'année suivante - fournit un comportement routier extrêmement sécurisant. La C6 est l'une des meilleures à cet égard, qu'il pleuve ou vente, en ligne droite à haute vitesse ou en virages. Freinage et précision de la direction ne souffrent aucune critique. Le tout avec un niveau de confort exceptionnel. Certes, les suspensions percutent un peu trop fermement sur les inégalités à faible vitesse. Mais, le bilan d'ensemble reste étonnant d'efficacité et de moelleux.

Par ailleurs, si elles travaillent parfois un peu bruyamment, les suspensions se montrent quand même beaucoup plus discrètes que naguère chez Citroën. Du coup, le bilan sonore est à la hauteur des ambitions du modèle. Enfin, la qualité de fabrication de "notre" C6 s'est révélée satisfaisante. Nous avons assez critiqué les grincements émis souvent par les voitures françaises pour ne pas saluer ici la quasi-absence de crissements, gage d'un assemblage soigné.

La C6 de notre essai arborait un intérieur beige clair, très accueillant. Les placages en vrai bois, les matériaux moussés, les discrètes touches de chrome, les sièges en cuir soyeux à réglages multiples, tout cela respire le luxe de bon aloi. Avec, en prime, une habitabilité généreuse. Malgré quelques faux pas. On peut ainsi déplorer les commandes autour du volant récupérées sur d'autres modèles de la gamme moins cossus, quelques pièces en plastique un peu légères à la base des sièges, une instrumentation digitale peu lisible quand on a le soleil dans le dos. La banquette arrière a beau être réglable, son dossier reste à notre goût toujours trop incliné pour qu'on s'y sente bien. Les portières arborent en outre des formes trop saillantes qui, à l'ouverture, risquent de... blesser celui qui n'y fait pas attention.

Mais c'est le prix à payer pour l'originalité esthétique d'un modèle qui ne ressemble à... aucun autre, sinon à la Cx de 1974. On peut aimer ou pas ces lignes fluides, cet énorme porte-à-faux avant - bien encombrant, d'autant que la voiture braque mal - et cet arrière tronqué dont la contenance du coffre fait les frais. Mais, Citroën a eu raison d'essayer de faire autre chose. Tout en ne tombant pas dans l'excentricité choquante d'une Renault Vel Satis !

Le prix, lui, fera tiquer. La C6 a toujours été très chère. Et "notre" C6 V6 HDi Exclusive réclame 56.450 euros. C'est trop, face à la concurrence. La version Business abuse un peu moins, à 49.450 euros. Par rapport à l'Exclusive, elle perd notamment un volant réglable électriquement et l'absence de vitres insonorisées ou de phares directionnels. Le mieux, c'est tout simplement d'attendre que la C6 V6 HDi 240 arrive en occasion ! Car, elle décote sensiblement. Un modèle âgé d'un an se révélera beaucoup plus abordable. Ce sera alors un très bon choix pour qui veut une routière cossue, sûre et confortable. Jusqu'à présent, la C6 n'enregistre pas de problèmes de fiabilité particuliers. Pas d'inquiétude spéciale, donc. Nous sommes toutefois un peu sceptiques concernant le vieillissement des multiples gadgets, comme sur une Mercedes ou une BMW d'ailleurs.

Prix du modèle d'essai : Citroën C6 V6 HDi 240 Exclusive : 56.450 euros (+ 750 euros de malus)
Puissance du moteur : 240 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,90 mètres (long) x 1,86 (large) x 1,46 (haut)
Qualités : comportement routier sécurisant, confort royal, agrément mécanique, luxe à bord
Défauts : prix excessif, voiture encombrante, portières aux formes dangereuses
Concurrents : Jaguar XF 3,0 V6 D Luxe : 51.050 euros ; Audi A6 3,0 V6 Quattro Ambition Luxe : 51.900 euros ; BMW 530d Luxe : 56.550 euros

Note : 14,5 sur 20

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Commentaires
a écrit le 28/02/2010 à 17:48 :
encore mieux que la 607 c'est la voiture qui me fait m'arrêter dans la rue quand j'en rencontre une, malheureusement trop rarement ! la C6 qui n'a jamais été restylée pas plus d'ailleurs que la 607 n'a pas pris une ride : elle est de la race des DS et des CX ! intemporelle ! deux petits reproches : un porte à faux avant un peu trop long ! sinon pour la forme, l'esthétique rien à redire elle est toujours dans le coup 6 ans ou plus après son lancement ! comme sa demi-soeur la 607 ! et alors que BMW, MERCEDES et AUDI ont subi pendant ce temps au moins deux cures de rajeunissement ! Alors pourquoi la C6 encore moins que la 607 ne se sont-elles pas bien vendu : certes la qualité perçue ( surtout pour la 607 car avec la C6 CITROEN avait dèjà fait un bond en avant considérable dans ce domaine bond confirmé ensuite avec la C5 alors que PEUGEOT commence vraiement à s'améliorer avec les 3008 et 5008 ! ) mais les vraies raisons de sa mévente ou de leur mévente ( ou plutôt la vraie raison car elles sont liées ) furent l'absence de moteurs tant essence que diésel dignes de leur classe, tant en puissance qu'en technologie ) et ce tout au moins jusqu'à l'arrivée tardive du V6 Diesel PSA-FORD et une image inexistante dans la catégorie "voiture de luxe" ( voir même négative après les échecs des calamiteuses XM et 605 ) domaine ou les constructeurs allemands règnent en mâitre avec des productions annuelles de plus de 100.000 ex. chacun pour leur modèle respectif : série5, E et A6. exportées dans le monde entier y compris aux USA !
Comment dans ces conditions pouvait-il exister en France et encore plus à l'export une clientèle prête à débourser de 35.000 à 50.000 Euro pour acheter ces deux modèles : encore que la 607 se soit nettement mieux vendue durant ses 5 ou 6 premières années d'existence car elle offrait un moteur de 2,3 litres et 136 CV de grande production et donc une voiture moins cher alors que la C6 n'offrait à ses débuts qu'un V6 essence peu performant l'entraînant dans des niveaux de prix qui rebutait le plus français des français ! Partant de là ces deux voitures qui faisaient pourtant tourner la tête aux Allemands étaient vouées à demeurer confidentielles !
Espérons s'il n'est pas trop tard que les futures 508, C5 / DS5 apporteront une qualité perçue et une fiabilité qui permettront enfin à PSA de venir mordre un peu sur les plate-bandes des teutonnes! CITROEN n'en est pas loin avec la nouvelle C5 et si M. Varin met au pas ses ingénieurs et acheteurs il devrait y arriver !!
a écrit le 28/02/2010 à 2:47 :
Et oui, voici notre nouveau "Rafale" automobile..... Une vrai concurence a Toyota, Audi, BMW, Mercedes.......etc

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