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L'essai auto du week-end : Peugeot 508, l'anti-Volkswagen française

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 21 janvier 2011 à 17:21

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La firme au lion désigne clairement la cible : la Volkswagen Passat. La carrosserie en semble nettement inspirée, la planche de bord aussi. Avec une qualité de finition enfin digne d'une berline germanique, la nouvelle familiale de Peugeot est dotée de beaucoup d'atouts.

Au moins c'est clair ! La Peugeot 508 vise nommément la Volkswagen Passat. D'ailleurs, la firme au lion en a repris les recettes. La silhouette, équilibrée et harmonieuse, en semble nettement inspirée : même ligne de pavillon, découpe de portière arrière proche, proportions et dimensions voisines. Après les excentricités d'une 407 plus originale mais tape à l'?il, la 508 fait dans le classicisme, qui fut la marque de fabrique des anciennes 406, par exemple. But : passer à travers les années et les modes sans prendre une ride. Et sans perdre en qualité, assure le constructeur. Cela, on verra dans quelques années ! En revanche, la 508 n'affiche pas une très forte personnalité. Tant pis.

Qualité de fabrication

L'intérieur est tout aussi proche de la grande berline d'outre-Rhin. Planche de bord massive, simple et sans aspérités, cadrans ronds on ne peut plus traditionnels. C'est sûr, un client de Volkswagen ne sera pas dépaysé. Heureusement, Peugeot a aussi copié la... qualité. Et c'est peut-être la première fois qu'une voiture française arbore des matériaux et des assemblages dignes d'une production d'outre-Rhin ! Plastiques costauds, moussés sur une bonne partie de la planche de bord, accostages précis. Bravo.

Même les parties d'habitude négligées comme le bas de la console font sérieux. Et le bruit sourd des portières, lorsqu'on les referme, vaut celui d'une Volkswagen. C'est mieux que sur une Citroën C5. Preuve de cette fabrication soignée : l'absence de bruits de mobilier intérieur sur mauvaise route. Du beau travail, à l'initiative de Christan Streiff, ex-patron de PSA qui voulait que, au-delà des discours "bidon" habituels, une Peugeot vaille vraiment une Volkswagen. A priori, le pari est gagné. Mais il faudra attendre les premiers résultats des enquêtes auprès des clients sur la fiabilité et la durabilité...

Vaste habitabilité

L'intérieur est d'autant plus satisfaisant que l'habitabilité est bonne, tout comme l'accessibilité, le volume du coffre et la position de conduite, soigneusement étudiée. Les sièges sont eux aussi typés... Volkswagen, avec une assise en creux qui rehausse les cuisses, ce qui ne conviendra d'ailleurs pas à tous les gabarits. Même si c'est un peu moins flagrant que sur une allemande. Des détails, comme l'intelligente duplication en gros chiffres de la vitesse juste devant les yeux, ont également été repris sans vergogne à... qui ça, déjà ? Oui, vous avez deviné... à la firme de Wolfsburg.

En revanche, il y a quelques fautes, comme un accoudoir central non réglable, et qui est donc placé trop bas et trop en arrière. Le mélange, sur notre version de pointe GT, de placages en aluminium avec des revêtement laqués noirs, n'est pas non plus de très bon goût. D'ailleurs, si la qualité est bonne, l'ambiance manque un peu de raffinement. Pour la décoration, ils ne se sont pas trop foulés, chez Peugeot ! Mais reconnaissons que, au moins, divers coloris intérieurs sont disponibles. Tout n'est donc pas forcément noir.

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Comportement de haute sécurité

A la conduite, on n'est pas du tout déçus. Au contraire. Si les versions de base sont déjà très satisfaisantes, le modèle de pointe GT, avec un train avant spécifique à double triangulation, est d'une efficacité redoutable. Sur les routes bosselées et sinueuses autour d'Alicante (Espagne), où se déroulent les essais internationaux, nous avons pris d'autant plus de plaisir qu'il n'y avait... personne. Certes, la voiture est un peu lourde du nez, mais, sinon, ça passe très bien, presque à n'importe quelle vitesse. En conduite "à fond", jamais on ne se sent au-delà des limites d'adhérence. Une sécurité à toute épreuve, avec un freinage remarquable. Le tout dans un niveau de confort certes très ferme sur les petites inégalités (avec les roues de 18 pouces), mais tout à fait tolérable dans la plupart des autres cas. Félicitons les ingénieurs !

Boîte et moteur efficaces

Le moteur diesel 2,2 litres de 204 chevaux n'émet certes pas la voluptueuse mélodie de l'ancien V6 HDi de la 407. Mais, accélérations, reprises, sont cependant excellentes. La boîte automatique à six rapports est douce et fort réactive. En position "Sport", un bon coup de frein avant le virage permet de rétrograder sans problèmes en troisième ou en seconde. On peut donc se fier à l'intelligence de cette transmission. Moteurs et boîtes automatiques ont été retravaillées aussi dans le sens d'une meilleure consommation. L'allègement de 35 kilos par rapport à une 407 équivalente joue aussi son rôle. Tout comme un aérodynamisme rigoureux.

Du coup, les consommations sont honnêtes. Nous avons dépassé certes les 11 litres aux 100 durant l'essai, mais avec une conduite très dynamique que jamais un particulier n'adoptera dans la vie quotidienne. A allure soutenue, mais plus normale, comptez 9 litres. Rien d'exceptionnel, on en convient. Et BMW fait sans doute mieux. Mais ce n'est pas exagéré non plus, compte tenu des prestations. Et il y a des versions beaucoup plus sobres dans la gamme.

Impressionnant

Les prix ne sont pas spécialement attractifs, mais pas non plus exagérés. Ils démarrent à 24.750 euros en diesel (112 chevaux), version que nous avons aussi brièvement testée et qui donne satisfaction. La GT de notre essai, qui constitue le haut de gamme en attendant une version hybride de 200 chevaux, est à 37.860 euros en berline, 39.200 dans une version break encore plus réussie selon nous avec ses airs d'Audi A4 Avant. La GT offre frein de stationnement automatique, accès et démarrage mains libres, radars de stationnement déconnectables, sièges mi-cuir chauffants, affichage tête haute, détecteur de sous-gonflage des pneus. Il y a également des options : sièges en cuir à 1.500 euros, peinture métallisée à 540 (là, c'est mesquin !), toit ouvrant à 750.

Finalement, nous avons été impressionnés par la 508 et sommes réellement fiers, en tant que français, de constater qu'un constructeur hexagonal, s'il s'en donne les moyens, sait parfaitement réussir ses voitures et leur donner une homogénéité rare. Réconfortant...

Modèle d'essai : Peugeot 508 GT 2,2 HDi bva6 : 37.850 euros
Puissance du moteur : 204 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,79 mètres (long) x 1,85 (large) x 1,46 (haut)
Qualités : comportement routier remarquable, moteur efficace, transmission automatique réactive, habitabilité satisfaisante, finition de qualité
Défauts : confort ferme, détails d'ergonomie, décoration intérieure pas très réussie
Concurrentes : Ford Mondeo 2,2 TDCi Titanium bva : 33.550 euros, Citroën C5 2,2 HDi bva Exclusive : 36.850 euros, Volvo S60 D5 Geartronic Momentum : 40.800 euros

Note : 15 sur 20

Alain-Gabriel Verdevoye

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