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L'essai auto du week-end : Peugeot 508 SW, meilleure que les allemandes

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 18 mars 2011 à 18:12

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Après la berline, la firme au lion lance la 508 SW. Homogène, douce, sûre, plaisante, bien présentée, elle est LE meilleur break familial du moment.

La Volkswagen Passat, voilà l'ennemi ! Après la berline, Peugeot cible maintenant la très populaire version break du célèbre modèle germanique. Mais, ici, la firme au lion va plus loin encore. Si la 508 reprenait sans gêne les codes stylistiques de la Passat, la SW vise plus haut. Elle s'inspire en effet carrément d'une... Audi Avant. Comme quoi, le groupe Volkswagen demeure le grand inspirateur de la plupart des marques aujourd'hui. Pourquoi pas, même si c'est au mépris de l'originalité ? Le résultat, pour la 508 SW, en est une silhouette classique, équilibrée, d'une élégance intemporelle qui nous enchante, avouons-le ! Ce break nous semble d'ailleurs plus abouti esthétiquement que la berline. Après les excentricités de la 407, la firme sochalienne fait dans le "bon chic bon genre" bourgeois, qui fut la marque de fabrique des 504, 305, 405, 406. Le retour à la tradition.

Un intérieur accueillant et qualitatif

L'intérieur reste, lui, inspiré directement de la... Passat. Et c'est tant mieux. Tout y est simple, discrètement cossu, de bon aloi. Pas d'excentricité, de clinquant, de formes torturées. Non. La 508 est une voiture qui sait recevoir. Cette planche de bord plane, rationnelle, ne fait pas intrusion dans l'habitacle, ne restreint pas l'espace habitable, n'oblige pas à des contorsions pour pénétrer à bord. Le classicisme a du bon. S'il a copié les formes générales de la Passat, Peugeot s'est aussi inspiré de la qualité Volkswagen. Jusqu'à présent, il s'agissait d'un discours récurrent de la part du groupe PSA, mais la réalité était souvent décevante. Avec la 508, ce souci de la belle finition est devenu enfin tangible. Ici, pas d'économies déplacées. C'est peut-être la première fois qu'une voiture du constructeur arbore des matériaux aussi soignés, des assemblages dignes d'une production d'outre-Rhin ! Plastiques costauds, moussés sur une bonne partie de la planche de bord (c'est mieux à cet égard que sur une Passat), accostages précis. C'est bien. Même les parties d'habitude négligées comme le bas de la console sont traitées correctement. Et le bruit sourd des portières, lorsqu'on les referme, rassure. Preuve d'une fabrication soignée : l'absence de bruits de mobilier intérieur sur mauvaise route. Bravo.

Sensation d'espace

L'intérieur est vraiment satisfaisant. L'accessibilité ne pose aucun problème. Même s'il faut faire attention à ses jambes lors d'une ouverture trop brusque des portières, qui se referment tout aussi brutalement, faute de retenue suffisante ! La colonne de direction n'est placée ni trop bas, ni trop haut. L'impression d'espace est réelle - avec un coffre géométrique pratique, la visibilité très correcte, ce qui devient de plus en plus rare avec la mode des ceintures de caisse hautes. La position de conduite est au final excellente. Mieux que sur une allemande. Les sièges sont beaucoup plus accueillants. Même si Peugeot les a exagérément durcis par rapport à ses habitudes, histoire de singer les allemandes... même dans leurs défauts ! Notre modèle d'essai arborait un habitacle beige, particulièrement "classe" et chaleureux. On se sent bien à bord, comme dans une... Volvo, marque réputée justement pour son accueil. Le grand toit vitré (non ouvrant, malheureusement) contribue à la grande luminosité de ce salon roulant.

On note certes quelques détails qui fâchent, comme la forêt de boutons sur le volant. On s'y perd. Le recours à une molette centrale pour diverses fonctions, copiée d'Audi, n'est pas forcément non plus une bonne idée. Mais nous avons quand même trouvé tous les réglages possibles sans recourir au manuel de bord. Contrairement à ce qui se passe avec bien des rivales. Donc, finalement, l'ergonomie n'est pas si mal. Toutefois, si l'accoudoir central se règle longitudinalement, il ne se module pas en hauteur. Dommage. Autre défaut : les divers placages décoratifs détonnent. Du plastique laqué noir et du faux bois bas de gamme, cela fait beaucoup sur une même planche de bord. Tout ça se marie mal et gâche un peu l'ambiance. Une faute de goût, dont on espère que le prochain restylage la corrigera. Mais ce sont des broutilles.

Moteur doux et civilisé

Après avoir essayé précédemment le moteur diesel 2,2 litres de 204 chevaux, nous avons, cette fois, opté pour la motorisation diesel moyenne de 140 chevaux. Evidemment, ce n'est pas pareil. La voiture manque de puissance à bas régime. Le souci de réduire la consommation ainsi que les normes sévères d'anti-pollution ont anémié la mécanique, qui fonctionne sur une plage d'utilisation assez réduite. Ceci dit, le moteur se montre très civilisé, ne transmet pas d'à-coups et surprend par son onctuosité. C'est bien plus agréable qu'un TDI Volkswagen ! La boîte mécanique manque légèrement de fluidité dans le passage des rapports, un peu rêche. Mais, il n'y a rien là de rédhibitoire. Bref, l'ensemble moteur-boîte ne permet pas des performances décoiffantes, mais se montre globalement plaisant grâce à sa douceur d'ensemble. Les consommations sont honnêtes. Nous avons consommé entre 7 et 7,5 litres aux cent.

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Comportement réussi

A la conduite, nous ne retrouvons pas l'exceptionnelle efficacité de la version GT, testée antérieurement. Ici, il n'y a pas de train avant à double triangulation. Il n'empêche. Le toucher de route comme on dit chez Peugeot demeure remarquable. Sur routes bosselées, sinueuses, boueuses, la voiture reste imperturbable, lourde du nez certes, mais docile, maniable et prévenante. Avec un agrément de conduite de très bon niveau. La direction est juste comme il faut, sauf dans les man?uvres où le rayon de braquage exagéré rend le stationnement parfois délicat. Nous sommes en revanche plus réservés sur le confort, une spécialité traditionnelle française pourtant. Comme les sièges, les trains roulants ont été exagérément raffermis, à l'allemande. Une acculturation fâcheuse. C'est du coup trop raide sur les petites inégalités. Ceci dit, même si nous déplorons cette tendance, avouons que le confort demeure très supérieur à ce que fait la concurrence - Citroën excepté. L'équilibre comportement-confort a donc été bien étudié, malgré tout. Avis à Volkswagen, Mercedes, Opel ! Les ingénieurs germaniques devraient s'inspirer de leurs collègues français, qui restent les meilleurs du monde en matière de trains roulants. Du moins à ce niveau de gamme.

Bien-être général

Oui, c'est vrai, nous nous sentons gênés, tellement nous avons apprécié cette voiture. On va finir par nous taxer de manque d'objectivité, voire de chauvinisme. Mais nous avons suffisamment critiqué les voitures hexagonales par le passé, pour goûter sans arrière-pensées le bien-être exceptionnel distillé par cette 508 SW. La douceur générale, même des commandes ou des équipements, la disponibilité d'une voiture qui vous obéit au doigt et à l'?il sans jamais vous brusquer, vous secouer, forcent le respect. C'est efficace et onctueux à la fois. La bonne éducation de cette 508 nous a séduits, avec une homogénéité, un agrément général, et même un confort - en dépit de nos réserves - bien meilleurs que sur... une allemande souvent plus rugueuse, plus "tape-cul". Même des voitures autrement plus prestigieuses et chères comme l'Audi A4 Allorad ou la BMW 320d essayées récemment nous ont semblé bien moins équilibrées. La 508 concilie rigueur germanique et art de vivre à la française. Nous, on aime !

Des prix justifiés mais élevés

Evidemment, la Peugeot 508 fait payer au client ses bonnes manières. Les prix ne sont ainsi pas spécialement attractifs. Ils démarrent à 24.750 euros en diesel (berline, 112 chevaux) et grimpent vite. Notre 508 SW dotée du moteur HDi 140 en finition de pointe Féline est à 35.900 euros. Cher, mais la Féline offre un équipement pléthorique, avec le cuir, les radars de stationnement avant et arrière (déconnectables, merci Peugeot), l'affichage tête haute (devant les yeux) de la vitesse... L'Allure, la version juste inférieure à la Féline, s'affiche à 32.100 euros. Elle propose déjà l'accès et le démarrage mains libres, le frein de stationnement électrique, la navigation. Et c'est bien suffisant. D'ailleurs, nous conseillons aux clients intéressés de choisir cette Allure, moins onéreuse, quitte à s'offrir les beaux sièges en cuir pour 1.500 euros.

Modèle d'essai : Peugeot 508 SW HDi 140 Féline : 35.900 euros
Puissance du moteur : 140 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,81 mètres (long) x 1,85 (large) x 1,49 (haut)
Qualités : comportement routier équilibré et plaisant, moteur très civilisé, douceur générale, habitabilité satisfaisante, intérieur accueillant et lumineux, finition de qualité, ligne élégante
Défauts : confort un peu trop ferme, rayon de braquage exagéré, creux du moteur à bas régime, détails de décoration pas très réussis
Concurrentes : Citroën C5 Tourer HDi 140 Exclusive : 33.850 euros, Volkswagen Passat SW TDi 140 Carat : 34.490 euros, Audi A4 Avant TDi 143 Ambition Luxe : 41.280 euros

Note : 15,5 sur 20

Alain-Gabriel Verdevoye

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