Une addition très salée pour le secteur automobile

La hausse des cours devrait se traduire par une facture de 700 millions sur l'année pour PSA, de 1,8 milliard pour Michelin.
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L'automobile est très vorace en matières premières (essentiellement fer, pétrole, caoutchouc...). Pas étonnant que les hausses se répercutent violemment sur cette industrie. "L'impact négatif des augmentations du coût des matières premières sur nos comptes a atteint 313 millions au premier semestre", assure le directeur financier de Renault, Dominique Thormann. Soit, pour l'ex-Régie, un coût deux fois supérieur à la facture du séisme au Japon.

Ces surcoûts représentent même carrément la moitié du bénéfice opérationnel semestriel du constructeur au losange. Ils "pèseront à hauteur de 700 millions pour l'année, soit 200 millions de plus que prévu initialement", renchérit le président de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, dont le groupe achète en moyenne pour 5 milliards d'euros annuellement de matières premières. Celles-ci - y compris celles qui entrent dans les pièces produites par les fournisseurs - représentent environ 7% du prix de vente moyen d'une voiture !

Pour certains composants, c'est bien davantage encore. Les matières premières entrent pour 60% dans le prix de revient d'un... pneu. Du coup, les hausses ont pesé sur les comptes de Michelin à hauteur de "848 millions d'euros au premier semestre. Sur l'année, l'impact négatif devrait atteindre 1,8 milliard. C'est considérable", assure le nouveau patron du manufacturier auvergnat, Jean-Dominique Senard, qui évoque des hausses record. Philippe Varin prévoit une nouvelle "dégradation de l'environnement au second semestre".

Et ce n'est pas fini. Michelin table sur un nouvel impact négatif de "400 à 500 millions en 2012". Les matières premières se maintiendront "structurellement à un niveau élevé dans les dix prochaines années", pronostique Jean-Dominique Senard.

Nouvelles économies

Malgré ces fortes hausses, les résultats financiers des constructeurs et équipementiers n'ont pas trop souffert au premier semestre. Paradoxe ? "Si nous n'avions pas réagi, ces hausses auraient mangé notre bénéfice opérationnel de l'an dernier", reconnaît-on chez Michelin. Mais le fabricant de pneus clermontois, qui a accru de 18% son profit opérationnel et de 32% son bénéfice net (à 667 millions) sur les six premiers mois de 2011, affirme avoir "répercuté à [ses] clients près de 100% du surcoût". Les constructeurs ont en partie également répercuté les hausses des cours sur l'acheteur final. Ils ont aussi compensé par de nouvelles économies. Mais ce n'est pas gagné pour autant. Car, sur l'ensemble de l'année, Philippe Varin redoute, lui, de ne compenser que "partiellement".

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