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Entreprises & FinanceAutomobile

Opel, constructeur malade de l'Europe, cherche son salut du côté de PSA

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 28 février 2012 à 13:45 - Mis à jour le 28 février 2012 à 13:49

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Opel est au centre des discussions de son actionnaire GM avec le français PSA. Déficitaire, perdant des parts de marché en Europe, il souffre de surcapacités.

Opel est au centre des discussions entre PSA et GM. Et c'est bien là tout le problème ! Car la filiale allemande de l'américain est malade depuis au moins dix ans. Le groupe de Detroit a encore enregistré en Europe l'an dernier un déficit avant impôts de 700 millions de dollars (540 millions d'euros).

Sa filiale allemande Opel (et sa marque soeur britannique Vauxhall) ne parvient pas à enrayer la chute de ses parts de marché en Europe (7,3 % en 2011 hors utilitaires à 989.260 unités et même 5,7 % seulement en janvier dernier, contre plus de 10 % il y a dix ans) et se trouve toujours en surcapacités, malgré des plans de restructuration à répétition, dont la récente fermeture de l'usine belge d'Anvers.

GM avait déjà tenté vainement de marier Opel avec Fiat au début des années 2000, puis de vendre sa filiale germanique à l'équipementier canadien Magna allié à des intérêts russes en 2009... avant de sa raviser in extremis.

Pertes "inacceptables"

Certes réduites de presque moitié par rapport à 2010, les pertes de GM Europe sont "inacceptables", clame haut et fort  le vice-président et directeur financier du groupe américain, Dan Ammann. Toutes les parties reconnaissant "que la situation en Europe n'est pas entièrement différente de celle où le groupe se trouvait en Amérique du nord il y a trois ans", au moment de sa mise sous protection de la loi sur les faillites (Chapitre XI), a renchéri pour sa part récemment le PDG  de General Motors, Dan Akerson. A bon entendeur...

Car GM a alors restructuré aux Etats-Unis à la hache avec des dizaines de milliers d'emplois sacrifiés ! Les dirigeants de GM ont rappelé dernièrement qu'ils discutaient avec les syndicats en Europe pour abaisser encore les coûts. Dan Akerson a clairement évoqué des réductions de capacités de production. "Nous étudions toutes les options pour parvenir à abaisser le point mort", a-t-il martelé.

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Régression en Allemagne

En forme dans les années 90, Opel a tout d'abord souffert d'une brutale politique de réduction des coûts (déjà !) menée par le "gourou" industriel de l'époque, l'espagnol Jose Ignacio Lopez de Arriortua. Celui-ci a notamment réduit brutalement les prix d'achat des composants auprès des fournisseurs, ce qui s'est immédiatement traduit par une dégringolade de la qualité.

Opel, marque allemande, s'est dans le même temps mondialisée, avec des équipes d'ingénierie "globales", afin de fournir notamment des véhicules à Chevrolet (GM) pour les pays émergents comme le Brésil. Avec des problèmes de fiabilité, une perte d'identité et des retards technologiques cumulés faute d'argent frais (diesels, boîtes automatiques... ), Opel s'est mis à régresser brutalement sur son marché intérieur allemand, où il avait initialement profité de l'ouverture de l'ex-RDA après la chute du Mur.

Déficit d'image

Concurrencé ensuite au sein même de GM par les équipes d'ingénierie, plus productives, de la filiale coréenne GM Daewoo (marque Chevrolet), Opel a dû mal à trouver aujourd'hui sa place. Il est pris en tenaille entre la montée en puissance en Europe de la marque Chevrolet avec des produits moins chers et, d'un autre côté, l'offensive de Volkswagen et des nouveaux entrants comme le groupe coréen Hyundai-Kia.

Opel se retrouve donc avec des coûts de production élevés, puisque sa base industrielle est pour une bonne part située en Allemagne, alors même que la firme ne peut vendre ses produits au prix de ceux de Volkswagen, à cause de son déficit d'image. Opel fabrique notamment une partie de ses petits véhicules Outre-Rhin, quand Volkswagen assemble par exemple sa Polo en Espagne.

Cantonné à l'Europe

La firme de Rüsselsheim se retrouve de facto cantonnée aujourd'hui quasi-exclusivement à l'Europe, un gâteau ultra-concurrentiel et sans perspectives de croissance, où il continue de perdre des parts de marché... un peu comme PSA !

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Même s'il partage des plates-formes avec des produits Chevrolet, Opel est du coup un petit constructeur à l'échelle mondiale aujourd'hui. Certes, la qualité de ses produits s'est très nettement améliorée ces dernières années. Mais le fameux constructeur au "Blitz" (éclair) manque de véhicules réellement attractifs. Il prépare certes un petit 4x4 et un mini-véhicule. Mais, ce n'est pas suffisant.

Alain-Gabriel Verdevoye

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