A quoi sert le rapport sur PSA réclamé par Montebourg ?
Alain-Gabriel Verdevoye
Alain-Gabriel Verdevoye
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Faible taux d'utilisation des usines
Outil de production "surdimensionné" en Europe (61,4% de taux d'utilisation à peine des usines de petits modèles) à cause d'une croissance ratée et développement international trop "tardif" avec un "manque d'ambition", telles sont les deux erreurs stratégiques cruciales pointées par Emmanuel Sartorius, l'ingénieur des Mines auteur dudit rapport, qui rendent aujourd'hui inévitable la restructuration de PSA . La firme reste à la traîne en Chine (à peine un peu plus de 3% de part de marché), alors qu'elle y est allée dès 1985. PSA est aussi en retard en Amérique latine et « reste complètement absent d'Amérique du Nord », pointe le rapport.
58% des ventes en Europe
Conjoncturellement, et en corollaire, le rapport note que PSA est trop "dépendant" du marché européen en crise, lequel absorbe encore 58% de ses ventes, contre 48,6% pour Volkswagen. En outre, PSA, " dont l'outil de production reste largement centré sur la France ", demeure un "constructeur généraliste", présent principalement sur les voitures "petites" et "compactes", les créneaux "les plus concurrentiels" qui génèrent 77% de ses ventes (en 2011). La firme " se trouve prise en tenaille entre les autres généralistes produisant des voitures à bas coûts en Europe de l'est et les constructeurs allemands "premium" "... "Pris entre des ventes qui diminuent, des surcapacités et des perspectives de reprise du marché qui s'éloignent", PSA "connaît un rythme de consommation de cash opérationnel intenable de 954 millions d'euros au premier semestre", souligne Emmanuel Sartorius.
Limites des coopérations
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Le rapport critique aussi la politique de coopérations, sans alliance, menée par le groupe durant des décennies pour maintenir son indépendance, qui « atteint aujourd'hui leurs limites ». Face à la consolidation du secteur, PSA "n'est plus que le huitième constructeur mondial", déplore le rapport , qui pointe dans le même temps les « près de 450 millions d'euros de dividendes et de rachats d'actions inopportuns à partir de 2011". Côté propositions, le rapport demeure frugal! Sans analyser sur le fond l'alliance avec l'américain GM, nouée en février 2012, le rapport Sartorius se borne à insister sur la nécessité de limiter la casse sociale: "les mesures du plan doivent être limitées strictement à ce qui est nécessaire au redressement de l'entreprise". Bof, ça ne mange pas de pain. Pas sûr que ça suffise à PSA pour aller de l'avant...
Alain-Gabriel Verdevoye
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