Les équipementiers auto français en forme grâce à l'internationalisation

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Comme Valeo et Faurecia, le plasturgiste Plastic Omnium résiste à la crise européenne. Il affiche ainsi une activité en hausse de 9,5% au troisième trimestre à 1,13 milliard d'euros, grâce à l'Asie et l'Amérique du nord. La France représente à peine 14% de ses ventes aujourd'hui.

PSA est en crise structurelle grave et Renault n'arrive pas à remonter la pente pour ses ventes en Europe. Pendant ce temps, les grands équipementiers automobiles français résistent, eux, remarquablement. Le plasturgiste Plastic Omnium affiche ainsi une activité en hausse de 9,5% à périmètre et taux de change constants au troisième trimestre à 1,13 milliard. Logique: la société française suit la production automobile mondiale, dont elle rappelle qu'"elle a crû de 7,6%". Sur neuf mois, le volume d'affaires de Plastic Omnium progresse même de 15,2%, à 3,52 milliards! Le fabricant de composants précise que ses ventes en France ont reculé de 6,9% sur le trimestre. Mais la France représente désormais à peine 14% du volume de Plastic Omnium. Le chiffre d'affaires a progressé en revanche de 5,2% en Europe (hors Hexagone), de 16,7% en Amérique du nord, de 22,5% en Asie. Ces deux dernières régions "représentent désormais 47% du chiffre d'affaires automobile", note le groupe.

Nouvelles activités en Amérique du nord

"En Amérique du nord, le groupe renforce ses positions avec le démarrage de l'usine de systèmes à carburant de Huron (Michigan, Etats-Unis), où est progressivement transférée la totalité de la production de l'usine de Milan rachetée à Ford en juin 2011", souligne le communiqué. Par ailleurs, "Plastic Omnium enrichit son carnet de commandes avec le gain des pare-chocs des BMW X3 et X4 qui viennent s'ajouter à ceux des X5 et X6 déjà livrés à l'usine BMW de Spartanburg (Caroline du Sud)". Au Mexique, les "nouvelles usines de Puebla ont également lancé la production de pare-chocs et de réservoirs à essence pour le groupe Volkswagen". Enfin, en Asie, "cinq nouvelles usines sont en cours de construction, quatre en Chine et une en Inde". Le groupe vient, par ailleurs, de prendre le contrôle à 100% de ses activités pièces extérieures de carrosserie en Inde, auparavant détenues à 60%. Du coup, "la répartition du portefeuille clients, pays et produits de la Compagnie Plastic Omnium lui permettra à nouveau de faire mieux en 2012 que la production automobile mondiale, attendue en hausse de plus de 5%", précise le groupe dans son communiqué.

Valeo aussi progresse

L'équipementier automobile français Valeo avait publié dernièrement, lui aussi, un chiffre d'affaires satisfaisant, en hausse de 7% au troisième trimestre à 2,8 milliards d'euros. Sur neuf mois, il progresse de 11% à 8,8 milliards d'euros. Sur cette base, Valeo a  confirmé qu'il visait une marge opérationnelle pour 2012 "du même ordre de grandeur que celle réalisée sur l'année 2011". L'an dernier, celle-ci se montait à 704 millions d'euros, soit 6,5% du chiffre d'affaires. Sur les neuf premiers mois de l'année, le fabricant de composants, qui ne réalise plus que 20% de son chiffre d'affaires en France, a poursuivi son redéploiement vers l'Asie. La part des clients asiatiques représente désormais 29% du chiffre d'affaires première monte (ventes directes aux constructeurs) de Valeo, contre 23% sur la même période de 2011. La part des asiatiques est désormais au niveau de celle des clients allemands.

Faurecia s'en sort

Faurecia, l'équipementier automobile filiale de PSA, (à 57,4%) a publié également un chiffre d'affaires en hausse de 7,9% au troisième trimestre à 4,09 milliards d'euros, grâce à une croissance des ventes en Amérique du nord (+19%) et du sud ainsi qu'en Asie (+10%), et malgré "un repli significatif de 4% des ventes en Europe", selon un communiqué. Un chiffre un peu trompeur. Il intègre effectivement 136,3 millions d'euros d'effet périmètre, principalement lié à l'intégration de l'usine Ford Saline (Michigan, Etats-Unis), consolidée au 1er juin 2012, à hauteur de 112,8 millions d'euros. A données comparables (taux de change et périmètre constants), le chiffre d'affaires consolidé du fabricant de composants automobiles est demeuré stable par rapport au troisième trimestre de 2011. Déjà pas si mal! Sur neuf mois, le volumes grimpe de 7,6% à 12,85 milliards (+2,6% à périmètre comparable).

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Commentaires
a écrit le 26/10/2012 à 8:21 :
Plastic Omnium est l'arbre qui cache la forêt, la majorité des équipementiers français vont mal dans le sillage des constructeurs Français. Ces même constructeurs qui les poussent à délocaliser. Il est temps que le gouvernement se penche sur le sujet, des milliers d'emplois en France sont en jeux !
a écrit le 25/10/2012 à 16:45 :
Les équipementiers en général souffrent. Les emplois disparaissent, les entreprises ferment.
De fait la réussite de quelques uns correspond à une concentration réductrice et non additionnée. Le marché est mature. Il emploie moins de 200 000 personnes au total en France. Ces chiffres qui correspondent à ceux d'un "segment" parmi les 66 que compte l'économie française, ne sont pas mauvais, ils avaient juste été surévalués comme pour une bulle salariale. Ils montrent que le gouvernement doit s'intéresser aussi aux autres secteurs et notamment ceux qui sont totalement délaissés, la moitié environ.
a écrit le 25/10/2012 à 16:20 :
L'industrie automobile fait preuve d'une bonne santé lorsqu'elle est appréciée au regard des très bons résultats des équipementiers automobiles de taille mondiale.
C'est ce qui ressort des comptes publiés ...
http://www.sylevra.com/Veille-Filieres-Industries-Automobile.htm
a écrit le 25/10/2012 à 14:57 :
Pour un équipementier français, il vaut mieux travailler avec les constructeurs allemands: on est payé sous 30 jours à livraison et non 90 jours (voire plus) à date de facturation. Sans compter tous les artifices pour rallonger les délais de paiement!
a écrit le 25/10/2012 à 11:14 :
Toutes les entreprises sont dépendantes de leurs clients. Les clients ne sont pas des "amis". Il faut rester compétitif, et attentif pour les garder. Les relations commerciales ne se font pas en se méfiant de ses clients. C'est même naïf. La proximité géographique et les infra-structures partagées, l'euro etc par contre se traduisent par un intérêt accru de garder d'excellentes relations avec tous ses voisins. L'actuel président et le gouvernement me semble être un peu "troublé" à ce sujet.
a écrit le 25/10/2012 à 9:33 :
Malgré le dynamisme des constructeurs asiatiques, je mettrais en avant la part énorme des achats des constructeurs Allemands: chez Valeo donc 29 % du CA OEM, chez Plastic Omnium, même le marché amérique du Nord avec BMW aux USA et VW au Mexique. Sans le succès de nos voisins germaniques l'industrie des équipementiers français serait également en crise, sa performance en Asie, que je salue surtout après les déclarations scandaleuses de Montebourg sur l'industrie coréenne, ne serait suffisant pour combler la disparation des contructeurs français.
Réponse de le 25/10/2012 à 10:53 :
@Nos voisins
......Tout a fait d'accord ,sans le succces mondial des voitures allemandes Faurecia et Valeo seraient aux abois et ces entreprises francaises ne vendraient plus .Quand meme un resultat heureux pour la France et ses exportations .Mais attention a cette dependance avec l'Allemagne.Ils ne sont pas nos amis.
Réponse de le 25/10/2012 à 13:03 :
Les relations client-fournisseur ne sont pas nécessairement des relations amicales. Toutes entreprises dépendent de leurs clients. La méfiance, par contre, serait naïve. Il y a des avantages d'avoir des clients de proximité, grâce aux faibles coût de change (euro) de transport et de communication et du fait d'avoir des infra-structures communes. La présidence actuel et le gouvernement devrait bien se ressaisir au sujet d'entretenir de bonnes relations avec tous ses voisins.

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