Automobile : l'offensive des constructeurs contre les normes CO2
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D'après l'ACEA, la part de marché des voitures électriques « est passée de 13,9% en 2023, à 12,6% cette année » en Europe.
Yves Herman
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D'après l'ACEA, la part de marché des voitures électriques « est passée de 13,9% en 2023, à 12,6% cette année » en Europe.
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Après avoir un temps trépigné en coulisses, ils sortent du bois. L'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) a tiré la sonnette d'alarme, ce jeudi matin, concernant la réglementation visant à réduire progressivement les émissions de CO2 des voitures neuves vendues. Le lobby, qui rassemble des grands noms du secteur comme Renault, Volkswagen, BMW, Toyota ou Ford, demande « instamment », dans un communiqué, une « action urgente et significative » de Bruxelles. Plus concrètement, il appelle la Commission européenne à « avancer en 2025 les révisions des réglementations sur les émissions de CO2 pour les véhicules légers et lourds respectivement prévues en 2026 et 2027 ».
A leurs yeux, la transition vers le « zéro émissions » pour les voitures neuves vendues sur le continent en 2035 vire au chemin de croix. Cet objectif sera « très difficile » à atteindre, écrit l'ACEA. Pourquoi ? A cause du « déclin » des ventes de voitures électriques. Leur part de marché « est passée de 13,9% en 2023, à 12,6% cette année », déplore le lobby. Les constructeurs considèrent que malgré leurs efforts et leurs « milliards d'euros » d'investissements dans la voiture électrique, les conditions ne sont pas réunies pour en vendre davantage. Ils fustigent l'insuffisance des infrastructures de recharge, l'environnement compétitif avec l'arrivée des nouvelles marques chinoises, ou encore le manque « d'incitations fiscales ou d'achat » des nouvelles autos.
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Surtout, certains constructeurs redoutent d'écoper de lourdes sanctions financières s'ils n'atteignent pas leurs objectifs de réduction des émissions de CO2 des voitures neuves vendues en 2025. L'ACEA fustige « la perspective décourageante d'amendes de plusieurs milliards d'euros ». Selon l'association, ces sanctions - qui pourraient dépasser les 15 milliards d'euros d'après Luca de Meo, le patron de Renault et actuel président du lobby - affaibliraient considérablement le secteur. Elles inciteraient les constructeurs à « réduire leur production », synonyme de « pertes d'emplois », avertit l'ACEA.