Automobile : le marché français accélère sa chute en février

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(Crédits : Benoit Tessier)
Les ventes de voitures ont plongé de 21% en février accentuant la chute du mois de janvier (-6%). Les modèles diesel ont atteint un plus bas historique depuis les années 1980, mais les voitures 100% électrique n'ont pas reproduit leur performance des mois précédents. Les professionnels n'attendent pas de reprise avant le second semestre.

Le marché automobile français rattrape la tendance européenne... dans sa chute. Après un mois de janvier en baisse contenue (-6% contre -24% en Europe), les immatriculations neuves de l'Hexagone plongent en février de près de 21%, ce qui porte la chute à 15% sur deux mois.

Une chute attendue

Cette chute traduit l'attentisme des Français face à une conjoncture macroéconomique incertaine. François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles, a déclaré à l'AFP que les « Français repoussaient leurs achats lourds ». Autrement dit, ils préfèrent épargner. Selon lui, cette chute était déjà anticipée ce semestre avec un plus bas au premier trimestre. La reprise du marché n'est pas attendue avant le second semestre.

Une autre tendance participe à cette chute : les loueurs de courte durée ont baissé leurs achats (-55% d'après l'institut AAA Data cité par l'AFP). Au CCFA, on observe également une baisse structurelle des ventes de démonstration et des politiques de remises après des choix stratégiques très forts. L'adoption par Renault de cette stratégie dans le cadre du plan Renaulution amplifie le phénomène.

Le diesel s'effondre

Sur la répartition des ventes par type d'énergie, le mois de février a confirmé l'effondrement des ventes diesel constaté en janvier : 25% des immatriculations sur deux mois contre 33% un an auparavant. Il s'agit d'un niveau jamais vu depuis les années 1980.

Les ventes de voiture essence se sont érodées passant de 48 à 44%. Les voitures hybrides ont doublé leur part passant de 11 à 22%, avec une nette accélération pour les versions rechargeables (multipliées par trois à 7% du marché). En revanche, les voitures 100% électriques, elles, reculent de 7 à 6%.

Les Français à la peine, Dacia en pleine forme

Les marques françaises sont particulièrement touchées par cette chute. Renault perd 35%, Citroën 26%, et DS voit ses ventes s'effondrer de moitié en février, portant sa chute à 45% depuis le 1er janvier. Peugeot fait mieux que le marché avec une baisse de 17%.

Toujours à contre-courant, Dacia enregistre une hausse de 26% de ses immatriculations neuves mais c'est nettement moins qu'en janvier, ce qui porte sa progression à 55% sur deux mois, et lui fait doubler sa part de marché de 4 à 8%.

Lire aussi : «La filière automobile française peut inventer la voiture du futur», Marc Mortureux

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Commentaires
a écrit le 01/03/2021 à 20:29 :
Ils n'ont qu'a augmenter les salaires des salariés modestes et les ventes repartiront à la hausse. Beaucoup de gens ont actuellement besoin d'une voiture correcte.
a écrit le 01/03/2021 à 19:00 :
Pourquoi acheter une voiture neuve alors qu'on est confiné et restreint régulièrement de déplacement.? Un vieille caisse pour aller une fois par mois au Souk el Fellah, c'est largement suffisant.
a écrit le 01/03/2021 à 18:20 :
Le consommateur commence à intégrer que la valeur à la revente d'un véhicule à piles n'a rien à voir avec celle d'une véritable automobile.

Qui va aujourd'hui investir 30.000 ou 50.000 euros dans un moyen de transport individuel qui sera très rapidement obsolète, inutilisable (batterie morte) et dont la valeur résiduelle sera par conséquent rapidement très faible ?

De même, qui va aujourd'hui investir dans un véhicule thermique neuf alors que le thermique est littéralement diabolisé, chassé hors des villes et bientôt indésirable partout (cf. CRITAIR / ZFE) ?

La demande s'oriente donc, et à raison, vers l'automobile thermique d'occasion.
a écrit le 01/03/2021 à 18:09 :
Et là le gouvernement va se souvenir que l'automobile est pour lui une machine à taxes et à cash : entre TVA taxes sur le carburant , recettes des radars , péages et parkings ...et qu'ils sont entrain de tuer le veau d'or . Too late , fallait y penser avant .
a écrit le 01/03/2021 à 13:59 :
Le consommateur, même celui qui adore acheter beaucoup sans réfléchir, ne peut qu'être perdu, on lui dit que les véhicules diesel c'est terminé, il anticipe du coup une fin des véhicules essence et est sonné devant le faible choix en életrique de véhicules très chers alors qu'inconnus lui donnant l'impression de se jetter dans le vide ou d'être l'aventurier qui ouvre la voie électrique et ça fait belle lurette que le retraité il n'est plus aventurier.

Les jeunes seraient certainement bien plus enclins à acheter ces bagnoles électriques mais vu la crise économique actuelle ils sont pas prêt de le pouvoir eux non plus c'est vraiment un très mauvais timing. Bref une impasse est générée, du fait de l'avidité des actionnaires milliardaires qui ne baisseront jamais leurs marges bénéficiaires, et au final c'est pas plus mal que ça pour la planète hein.

Ce serait tellement beau que ce soit bel et bien la nature qui aie générée ce covid mais en dictature financière cela ne peut pas être une thèse prioritaire.

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