Automobile: cinq questions pour comprendre la crise des semi-conducteurs
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Le marche automobile europeen s'est effondre d'un quart en 2020
Andreas Gebert
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Le marche automobile europeen s'est effondre d'un quart en 2020
Andreas Gebert
Une crise peut en cacher une autre... Après avoir été durement éprouvée par la crise du Covid en 2020, l'industrie automobile doit affronter celle de la pénurie de semi-conducteurs. Alors que les constructeurs automobiles français sont contraints de couper les lignes de plusieurs usines faute d'approvisionnements de cette pièce électronique, le gouvernement français a réuni les différents acteurs de la filière pour des mesures d'urgence. En réalité, tout laisse penser que la pénurie s'est installée pour plusieurs mois.
L'industrie automobile intègre de plus en plus d'équipements électroniques: contrôle du freinage, direction assistée, gestion du moteur... Les semi-conducteurs permettent de gérer, à la façon de mini-ordinateurs, cette électronique de plus en plus puissante et complexe. Les équipementiers de rang 1 (Valeo, Faurecia, Bosch...) achètent ces circuits imprimés auprès de fabricants d'électroniques comme Texas Instruments, Infineon ou STMicroelectronics. Eux-mêmes (à l'exception de STMicroelectronics), se fournissent auprès de fondeurs, puis de graveurs. Bercy estime qu'il existe sept fabricants d'électronique qui contrôlent 90% du marché mondial. Mais il existe un fondeur qui contrôle 70% du marché en amont, le taïwanais appelé TSMC. Seul le franco-italien STMicroelectronics a préféré internaliser l'activité fonderie sur le site de Crolle près de Grenoble.
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La crise des semi-conducteurs ressemble à une réplique de la crise du coronavirus. Après un effondrement des ventes au premier semestre, les constructeurs ont mal anticipé la vigoureuse reprise qui a suivi. Les équipementiers, qui n'avaient pas davantage vu venir cette reprise, ont puisé et épuisé leurs stocks de puces électroniques. En outre, la reprise du deuxième semestre s'est surtout faite autour de voitures électrifiées, où l'électronique joue un rôle beaucoup plus important, ce qui a ajouté de la tension sur l'approvisionnement en semi-conducteurs. Enfin, les fabricants d'électronique privilégient en général les biens de consommation (téléphones portables, consoles, tablettes...) D'autant que l'arrivée de la 5G relance les besoins d'équipements en téléphone ce qui accroît la demande de semi-conducteurs. L'industrie automobile représente une part minoritaire de la demande de puces, moins de 10% du marché mondial en volume, d'après Bercy. Et encore moins en valeur, tant les prix sont serrés... Les fabricants ont donc relégué les constructeurs automobiles au second rang de leurs priorités.
Comment est-on arrivé à cette situation de pénurie?