François Michelin : le "bonhomme" en cinq dates

 |   |  418  mots
François Michelin est décédé à l'âge de 88 ans.
François Michelin est décédé à l'âge de 88 ans. (Crédits : DR)
La mort de François Michelin est l'occasion de rappeler le règne de celui qui a fait de sa petite société clermontoise un groupe mondial à la pointe de l'innovation.

Libéral, fervent chrétien, François Michelin n'a pas laissé indifférent. Il a en tout cas marqué l'histoire industrielle française de la seconde moitié du XXe siècle en imposant Michelin en leader mondial des pneumatiques. Mort ce mercredi 29 avril à l'âge de 88 ans, voici l'histoire de son règne, en cinq grandes dates.

1951: le parcours initiatique

François Michelin entre dans l'entreprise familiale de fabrication de pneus sous une fausse identité. Il entame alors une expérience de quatre ans qu'il veut initiatique dans l'entreprise dont il sait qu'elle sera sienne plus tard. A l'usine des Carmes, à Clermont-Ferrand, il travaille comme ouvrier-ajusteur dans les équipes soumises au rythme des 3 x 8. Il évoluera ensuite dans différents services, notamment au commercial et à la recherche.

1959: "Seul patron après Dieu"

Après 4 ans de cogérance, il obtient le statut de gérant et devient le patron de Michelin - "le seul patron après Dieu", comme il disait.. Il lance le pneu radial, une vieille invention maison que son prédécesseur avait mis au placard car sa longévité risquait de faire baisser les ventes de pneus... Cette invention va propulser Michelin à travers toute l'Europe, puis le monde avec cette image populaire du bonhomme Bibendum.

1968: le patriarche n'aime pas les syndicats...

Il claque la porte du CNPF (le Conseil national du patronat français, ancêtre du Medef) au lendemain des accords de Grenelle, négociés en mai 1968. Il reproche alors au syndicat patronal d'avoir cédé trop de lest. François Michelin, qui se targuait d'une approche paternaliste de sa relation avec ses salariés, a pourtant entretenu des relations tendues avec les syndicats.

1989: A la conquête de l'Amérique, avec un certain Carlos Ghosn

Michelin rachète Uniroyal Goodrich et s'implante durablement sur le marché américain en mettant la main sur son portefeuille de marques locales. La fusion est gérée par un certain Carlos Ghosn, un ingénieur entré chez Michelin en 1978.

1999: Le passage de témoin

Après avoir dirigé le groupe clermontois pendant quarante ans, il cède les rênes à son fils, Edouard Michelin, qui a fait ses armes auprès de Carlos Ghosn aux Etats-Unis. François quitte définitivement la cogérance en 2002. Quelques années plus tard, en 2006, son fils Edouard disparaît prématurément, emporté par la houle alors qu'il naviguait au large de l'île de Sein en Bretagne. Michelin est actuellement présidé par Jean-Dominique Sénard.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/08/2015 à 23:20 :
Ce raccourci est très étrange et me laisse dubitatif sur certains points. Par exemple, cette date de 1959 pour le lancement du pneu radial : en 1952 mon père avait une Ford V8, et elle était équipée en Michelin X , 165x380, le premier pneu radial, dont la mise au point a été réalisée à la fin des années 40. A la même époque, début 50, les Citroën - la marque est propriété de Michelin - sont aussi équipées d'origine de Michelin X. Donc 1959 comme début de commercialisation de cette révolution, c'est faux.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :