Les pneus d’avions, l'increvable business de Michelin

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Plus de 1,5 million de pneus sont vendus chaque année
Plus de 1,5 million de pneus sont vendus chaque année (Crédits : DR)
Le groupe clermontois revendique le leadership sur ce marché, grâce notamment à ses innovations. Cette activité spécifique et très complexe est souvent méconnue.

Ils doivent supporter une charge nominale de 10 tonnes, des vitesses pouvant aller jusqu'à 420 km/h, des températures instables allant de -40 degrés (en altitude) à 250° au moment du décollage : c'est l'extraordinaire business des pneus d'avions, des "bêtes" qui peuvent peser jusqu'à 120 kilos, et coûter jusqu'à 4.000 euros au prix catalogue  (en pratique, ils sont vendus en moyenne 400 dollars). Un marché de plus de 1,5 million de pneus neufs par an, dominé par Michelin, lequel revendique la première place mondiale devant (par ordre alphabétique) Bridgestone, Dunlop et Goodyear, sans pour autant donner sa part de marché, ni aucun chiffre sur cette activité. Un business qui, par certains côtés, s'apparente à de l'artisanat. "Il y a beaucoup de processus manuels car ce sont des produits compliqués avec des séries qui ne sont pas énormes", a expliqué ce vendredi Mathias Kratzsch, vice-président marketing et ventes de l'activité aéronautique de Michelin devant l'association des journalistes profesionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE) . Il n'y a que pour les pneus destinés à l'Airbus A320, l'avion le plus produit sur le marché, que Michelin essaie d'automatiser la production.

 Innovation

Son leadership mondial, Michelin le doit à deux choses. Au fait, tout d'abord, qu'il est le seul industriel à être présent sur tous les segments de marchés, des avions commerciaux de plus de 100 places, aux avions de chasse en passant par les avions régionaux et d'aviation d'affaire, et, en second lieu, à l'innovation. «Toutes les avancés technologiques du pneu d'avions ont été inventées par Michelin », explique Mathias Kratzch, qui assure disposer « du plus important budget de R&D de l'industrie du pneu d'avion », développé dans ses centres de technologie de Greenville,  aux Etats-Unis (Caroline du Sud) et à Clermont-Ferrand.

Plus léger et plus résistant

Le groupe de Clermont-Ferrand a notamment amélioré la technologie Bias existante en lançant en 1997 une nouvelle technologie, puis, après avoir adapté la technologie radial sur un avion en 1981, optimise celle-ci avec le Radial NZG (New Zero Growth). Lancé en 2001, ce dernier équipe aujourd'hui l'A380, le Falcon 7X de Dassault…. et est en voie d'homologation pour l'A350. Avec sa surface de contact optimisée quand le pneu est gonflé, son enveloppe légère mais aussi au fait que le caoutchouc n'est pas étiré, ce pneu permet une usure moindre et donc d'augmenter  le nombre d'atterrissages (300, voire plus selon le type d'exploitation de la compagnie). Plus résistant, il permet de réduire les coûts de maintenance des compagnies aériennes. Plus léger de 11 kg qu'un pneu bias (qui compte beaucoup de matériaux en son sein) et de 2 à 3 kg qu'un pneu radial classique (nylon), le NZG contribue également à baisser la masse de l'avion, et à réduire la consommation de carburant. Selon Michelin, sur l'A350, le NZG apporte un gain de poids de 10% par rapport à l'autre pneu sélectionné sur cet avion (un radial nylon) et permet d'augmenter de 30% à la fois le nombre d'atterrissages et  la résistance au débris . Le gain sur le coût d'utilisation est de 10.000 dollars par an et par avion. Sur un Bombardier C-Series, il s'élève même à 20.000 euros.

Le radial a le vent en poupe

Les prix des pneus de première monte rapportent peu aux industriels. Ces derniers se rémunèrent sur les contrats de service signés avec les compagnies aériennes. Soit en facturant à l'atterrissage, soit au pneu à l'unité, qui peut être bien entendu rechappé (un pneu bias sur un B737 peut être rechappé 5 fois)

Si aujourd'hui, seuls 30% du marché est constitué de pneus radial, « la radialisation augmente plus vite que les autres pneus car chaque avion de nouvelle génération utilise des pneus radial. Un marché plein d'avenir avec les perspectives excellentes de l'aéronautique commerciale, dont la flotte mondiale est appelée à doubler d'ici à 20 ans.

 

 

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a écrit le 30/04/2014 à 14:01 :
4000€ doit être le prix catalogue d'un pneu neuf pour le plus gros pneu (A380, 1.400cm de diamètre). 400$ doit êtrele prix moyen de toutes les dimensions confondues, de 1.400 à 30cm de diamètre.
Selon mes info, un pneu neuf pour le train avant du A320 (dimension similaire à un pneu de voiture) coût entre 200 et 250€.
Ca se tient.
a écrit le 12/11/2013 à 20:19 :
"c'est l'extraordinaire business des pneus d'avions, des "bêtes" qui peuvent peser jusqu'à 120 kilos, et coûter jusqu'à 4.000 euros au prix catalogue (en pratique, ils sont vendus en moyenne 400 dollars)"

Je ne comprends pas l'utilité des prix catalogues si les vrais prix sont en moyenne 10x moins élevés?
Réponse de le 21/11/2013 à 11:42 :
Mes pneus de voiture 200$ pièce environ.
400 $ pour des pneus d'avion qui "doivent supporter une charge nominale de 10 tonnes, des vitesses pouvant aller jusqu'à 420 km/h, des températures instables allant de -40 degrés (en altitude) à 250° ".
Je dois me faire avoir quelque part !
a écrit le 10/11/2013 à 14:20 :
Je viens d achter des peneux d´hiver Michein ... fabriqué par une filiale coréenne !
a écrit le 10/11/2013 à 7:01 :
Est ce que quelqu'un peut me dire ou ces pneus sont ils produits? merci
Réponse de le 12/11/2013 à 13:17 :
Pour info, ma maman travaillait sur les pneus avions à l'usine de St Doulchard (à coté de Bourges)
a écrit le 09/11/2013 à 20:02 :
Michelin a toujours fourni d'excellents pneus que ce soit pour la NASA (navette) jusqu'aux voitures italiennes de chez Ferrari...
Réponse de le 10/11/2013 à 10:58 :
On peut ajouter que Michelin équipe la Bugatti Veyron de 1200cv (la voiture de série la plus puissante au monde) Ce pneu supporte une vitesse supérieure à 400 km/h. On doit mentionner également le palmarès de Michelin en endurance, en F1, en Rallye etc..
Michelin fait aussi bien les pneus extrêmes que ceux pour le véhicule de base. C'est la grande force de ce manufacturier, le plus prestigieux au monde.
a écrit le 09/11/2013 à 17:42 :
''rechapé'' (avec un p) ou ''remodelé''. nettement plus sécuritaire, surtout pour un avion?
a écrit le 09/11/2013 à 13:38 :
Michelin, le top du pneumatique. Sur ma voiture il n'y aura jamais que des Michelin. Sûrs, économiques à l'usage, performants. J'ai tout essayé, et rien ne vaut des Michelin.
a écrit le 09/11/2013 à 12:32 :
Michelin symbolise parfaitement la capacité de la France d'innover et de garder le leadership mondial dans le domaine industriel. Maintenant, il faut recréer les conditions politiques et fiscales nécessaires pour faire prospérer dans l'Hexagone d'autres entreprises de cette fibre.
a écrit le 09/11/2013 à 11:59 :
Suite à son rachat Michelin peut remercier Kleber colomb qui était leader sur ce marché avec pour seul concurant Dunlop A l'époque Michelin fut critiqué de racheter une ruine , mais en tant qu'ancien de l'aéronautique j'étais certain que ce rachat porterait ses fruits ...Même les avions militaires en font partie et croyez moi ça fait des pneus Je ne vais pas vous expliquer le système par points pour les pneus des avions de chasse , mais Mirages , rafales et autres mais certains ne font que 1 seul attérissage et voir 5 maximum..
Réponse de le 10/11/2013 à 14:18 :
Les pilotes sont aussi mauvais que vous le laissert entendre ??
Réponse de le 11/11/2013 à 3:27 :
A vous entendre, les pilotes de chasse sont de veritable cowboys qui me savent pas menager leur monture. Ils mettent la postcombustion tout en serrant les freins au max ou quoi ?Je comprends alors pourquoi les couts d'exploitation des avions de combats soient si chers.
a écrit le 09/11/2013 à 11:05 :
Un industriel qui réussit dans un pays aussi nul que la France, n'est-ce pas un peu suspect ?
Réponse de le 09/11/2013 à 12:05 :
Pourquoi ???? on peut encore réussir en France avec une TPE , PE , PME ou grosse entreprise , heureusement , seulement seuls les meilleurs subsistent en tant de crise.
C'est impensable comme un gouvernement qui doute , fini par faire douter tout le monde
Réponse de le 09/11/2013 à 13:53 :
@Theophile . Oui c'est vrai que Michelin est une belle réussite de notre industrie mais Michelin n'a pas été crée hier, c'est une entreprise qui a été fondé alors que vos grand parent n'étaient pas encore venue au monde.
Réponse de le 09/11/2013 à 13:55 :
@Theophile . Oui c'est vrai que Michelin est une belle réussite de notre industrie mais Michelin n'a pas été crée hier, c'est une entreprise qui a été fondé alors que vos grand parent n'étaient pas encore venue au monde. Mais je vous accorde que l'on attend toujours le Google, le Microsoft, le Intel, le Appel français . En effet, la plupart des grandes entreprises du CAC 40 ont toute été fondé avant la seconde guerre mondiale.
Réponse de le 10/11/2013 à 1:48 :
Et voila la mentalite 100% francaise renfermee Sud Elle meme : " ça gagne des sous c'est louche, c'est un fraud eur OU vole ur OU exploiteur". Arretez de jalouser ceux qui reussissent, inspirez-en vous, arretez d'attendre toujours que l'etat vous nourisse a la cuillere!
Réponse de le 11/11/2013 à 20:35 :
@ Jason Bourne : "Appel" ...hum...vous voulez dire "Apple" sans doute ? Et bien oui l'Apple français s'appelait le Micral...

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