Gigafactory : un "Airbus des batteries" pour faire décoller les Hauts-de-France ?
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Photo d'illustration
Pôle métropolitain de l'Artois
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Pôle métropolitain de l'Artois
En 2019, c'était la douche froide pour la CCI Grand Hainaut : Tesla n'avait pas retenu sa candidature de Valenciennes pour accueillir sa gigafactory, préférant l'Allemagne et Berlin. En tant que première région automobile de France, produisant 700.000 véhicules, 1,3 million de boîtes de vitesse et 750.000 moteurs par an, les Hauts-de-France pouvaient-ils rater le coche des « gigafactories » ? Certainement pas.
Surtout quand on sait que la filière régionale pèse 56.000 emplois, répartis dans près de 800 établissements, dont 157 équipementiers et 625 autres fournisseurs sous-traitants, selon une étude de l'ARIA (Association régionale de l'Industrie automobile) et la CCI Hauts-de-France. Les sept principaux sites d'assemblage, que sont Renault (Cuincy), Toyota (Onnaing), Française De Mécanique (Douvrin), Sevelnord (Hordain), PSA (Trith-Saint-Léger) et MCA (Maubeuge), représentaient à eux seuls 15.400 emplois en 2019.
C'est peut-être ce tissu industriel de premier ordre (voire aussi le futur parc éolien qui devrait voir le jour au large de Dunkerque) qui semble séduire le chinois Envision. Le leader mondial dans le secteur des turbines éoliennes intelligentes, qui a racheté l'activité batteries de Nissan en 2018 lorgne sur Dunkerque, d'après le journal L'Opinion. Le port pourrait accueillir sa gigafactory, avec 1.000 emplois potentiellement créés à terme et près d'un milliard d'euros d'investissement. A ce jour, rien n'est encore officiellement décidé.
Un seul projet est aujourd'hui confirmé, celui d'Automotive Cells Company (ACC), joint-venture créée en août dernier, avec Saft (spécialiste des batteries et filiale de Total), PSA (devenu Stellantis avec la fusion de PSA et Chrysler Automobiles) et Opel. Pour attirer cette gigafactory dans le Pas-de-Calais, les élus ont sorti l'artillerie lourde. A commencer par les moyens financiers.
A cheval sur Douvrin et Billy-Berclau, au cœur de l'ex-bassin minier, cet « Airbus de la batterie » va mobiliser 2 milliards d'euros, dont 121 millions d'euros d'aides publiques : 80 millions d'euros du conseil régional Hauts-de-France (soit quasiment l'intégralité de son enveloppe consacrée à la relocalisation de l'industrie du plan de relance), 20 millions du Syndicat intercommunal de la zone industrielle Artois Flandres, 11,97 millions d'euros de la Communauté d'agglomération Béthune-Bruay-Artois-Lys Romane et 9,03 millions de la Communauté d'agglomération de Lens-Liévin.
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Gaëtane Deljurie, à Lille