La disparition du diesel attendue pour 2030 ?

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La part du diesel dans les ventes de voiture neuves en France est passée de 77% en 2008 à 53% au premier semestre 2016.
La part du diesel dans les ventes de voiture neuves en France est passée de 77% en 2008 à 53% au premier semestre 2016. (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
D'après une étude, les nouveaux équipements imposés aux moteurs diesel en vue de mieux contrôler les émissions polluantes, pourraient largement entamer leur compétitivité. Dans le même temps, les voitures électriques les supplanteraient, même sans subventions publiques.

Le diesel bashing continue. Cette fois, c'est une note d'un cabinet d'étude qui accable cette technologie en pronostiquant sa disparition à horizon 2030. D'après AlixPartners, les nouvelles réglementations à venir vont tellement renchérir le diesel, que cette motorisation ne sera plus du tout viable économiquement. Ainsi, pour respecter un objectif d'émission de 64g de CO2 par kilomètres, il faudra compter pas moins de 9.100 euros d'équipements supplémentaires à horizon 2030. La facture s'élèvera à 12.850 euros pour une grande voiture. Et ce budget équipement ne tiendra pas compte du coût de développement de nouvelles motorisations.

"Il faudrait que les constructeurs doublent voire davantage, leur budget recherche et développement sur les émissions pour passer durablement sous le seuil des 100g de CO2/km", juge Laurent Petizon, analyste automobile chez AlixPartners.

D'après l'étude, la voiture électrique devrait ainsi devenir plus compétitive que le diesel dans une dizaine d'années, et sans subventions.

Le diesel a déjà disparu des petites voitures

De fait, le phénomène décrit par AlixPartners a déjà fait son œuvre sur le segment A (Twingo, 106 ou C1) où le diesel n'est plus disponible. La succession de nouvelles réglementations a imposé de nouveaux équipements qui rendaient le diesel très peu compétitif sur ce segment.

La question du diesel est de plus en plus contestée par l'opinion publique. Cette motorisation a été déclarée cancérogène par l'Organisation mondiale de la santé en 2012. Elle a ensuite été la source du scandale Volkswagen aux Etats-Unis, qui a choisi d'installer un logiciel de triche plutôt que d'équiper ses voitures d'un système de dépollution.

Échaudé par les errements de son entreprise, Matthias Müller, Pdg du groupe Volkswagen, s'est récemment interrogé sur la pertinence de poursuivre ses investissements dans la technologie diesel.

"Au bout d'un moment, la question va se poser de savoir si nous devons dépenser encore beaucoup d'argent pour poursuivre le développement du diesel", a-t-il déclaré au quotidien allemand Handelsblatt le 21 juin dernier.

"Nous savons qu'une législation renforcée sur les émissions doit venir en 2020. Nous nous doutons de ce qui suivra cinq ou dix ans plus tard. Il est ainsi déjà prévisible aujourd'hui que la réduction des gaz polluants pour le diesel va devenir énormément coûteuse et sophistiquée. En même temps, l'électromobilité devient meilleure marché", avait pointé le dirigeant.

Le groupe veut justement se concentrer sur des solutions dites d'électromobilité, autrement dit, sur la voiture électrique.

La désaffection pour le diesel s'amplifie en France

Le retournement du marché en faveur de l'essence se confirme en France, pays traditionnellement très diésélisé. La part des motorisations diesel est passée de 77% à 58% des ventes entre 2008 et 2015. Au premier semestre 2016, cette part a même perdu 5 points de parts de marché pour pointer à 53%. A l'inverse, la voiture électrique est passée de 0,79% à 1,12% entre les premiers semestres 2015 et 2016.

Longtemps moquée, la voiture électrique est désormais dans toutes les bouches. BMW et Renault sont en passe de doubler l'autonomie de leurs modèles électriques à 300 km.

    |Lire aussi: Comment la voiture électrique s'est enfin imposée au monde

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Commentaires
a écrit le 06/07/2016 à 10:06 :
Votre article est bien optimiste, d'une part les petites voitures comme la Twingo par exemple au départ étaient sorties sans version diesel, ce que l'on comprend parfaitement techniquement puisque plus compliqués, plus bruyants, il était difficile à adapter à de tout petits modèles forcément plus inconfortables du coup et avec des dizaines de kilos d'isolants phoniques, c'était pas terrible, que du coup ils profitent de cet élan pour revenir à du bon sens semble logique.

"la voiture électrique est passée de 0,79% à 1,12% entre les premiers semestres 2015 et 2016."

Ce n'est pas assez significatif pour créer une tendance et 300kms dans un monde dans lequel on passe deux heurs par jour au moins dans nos bagnoles pour aller bosser ça me semble franchement insuffisant.

Donc on devrait voir certainement l'essence reprendre des parts sur le diesel, pour le reste, avec la puissance du lobby pétrolier un peu ébranlé mais certainement pas à terre, difficile de dire ce que demain sera fait.

Les véhicules électriques existent depuis plus d'un siècle, et on en est tout juste à 300 kilomètres d'autonomie et des batteries énormes et super lourdes, pensez vous que nos ingénieurs sont des pipes ou bien comme moi y voyez vous une sérieuse anomalie ?
Réponse de le 07/07/2016 à 16:10 :
Ça y est! Nous y voilà avec la théorie du complot, manipulation des pétroliers pour empêcher l'émergence de la voiture électrique! C'est bien français tout ça!!!
Le stockage de l'électricité est quelque chose de très complexe. De nombreux laboratoires dans le monde y travaillent intensément, et jusqu'à maintenant les progrès sont modestes (5 % /an environ). Le CEA en France travaille sur un nouveau concept qui peut-être sera un jour une percée technologique (batteries de 2000 Wh/kg versus 100 Wh/kg actuellement).
a écrit le 06/07/2016 à 8:34 :
L'auteur de l'article n'a visiblement pas un background technique! Il y a beaucoup de confusion dans l'article.
Ce n'est le CO2 qui est une menace pour l'avenir du diesel, ou alors l'essence est bien plus menacé que le diesel (un diesel produit environ 20 % de CO2 en moins qu'un essence à puissance équivalente). L'auteur aurait dû dire que le moteur thermique en général (essence, diesel, GPL) est menacé par la baisse des émissions de CO2 qui seront requises dans le futur.

Ce qui menace le diesel par rapport à l'essence, ce sont les émissions de NOx (oxydes d'azote). Il est déjà très difficile pour les constructeurs de passer la norme Euro6 en conduite normale avec des systèmes assez compliqués (AddBlue + catalyseur SRC). Aux USA où les normes en NOx sont plus sévères, les constructeurs n'y arrivent pas avec les systèmes actuels. Il a fallu que VW triche pour y arriver! Donc dépolluer les diesel coûtera de plus en plus cher et cela condamne à terme l'utilisation de ce type de moteur sur de petites voitures pas chères.
A plus long terme, ce sont tous les moteurs thermiques qui disparaîtront avec l'arriver de l'électrique, lorsque le problème de stockage de l'électricité aura été résolue de manière bien plus satisfaisant qu'actuellement.
a écrit le 06/07/2016 à 2:53 :
Brûler du diesel, c'est gaspiller une ressource précieuse. Le développement de sa consommation été et rendue possible par une taxation favorable qui reste déraisonnable.
Réponse de le 06/07/2016 à 8:43 :
Ce que vous dites sur le diesel tient tout autant sur l'essence. La nature a mis des millions d'années à fabriquer le pétrole, et il est effectivement dommage de le gaspiller en le brûlant. Mieux vaut le transformer en matières utilisable dans la vie courante par la pétrochimie et la chimie.

Quant à la taxation du diesel par rapport à l'essence, il n'y a effectivement aucune raison pour qu'elle soit différente. Ce sont les gouvernements qui en sont responsables, car ils ont voulu favoriser un carburant moins émetteur de CO2 que l'essence, tout en favorisant nos constructeurs nationaux.

Par contre si le diesel a des points négatifs par rapport à l'essence (émissions de NOx surtout, car on sait régler le problème de"s émissions de particules), il a des points positifs (meilleurs rendement qu'un essence de 25 % environ, conduisant à une consommation moindre à puissance équivalence, et donc à des émissions de CO2 moindre (20 % de moins environ)).
a écrit le 05/07/2016 à 18:02 :
En ce qui concerne les camions, ils vont aller vers quelle carburation en 2030 ?
Le gazole, il faudra bien en faire quelque chose. Reforming en raffinerie (transformer les paraffiniques en produits à haut indice d'octane) ? Le pétrole comporte des fractions légères, moyennes, lourdes, ..
Le kérosène des avions, il ne pollue pas du tout ? Le fuel lourd des bateaux de commerce qui dégage 1000 ou 3000 fois plus de SO2 (mais en mer) que le gazole terrestre, il sera mieux raffiné (désulfurisé) ?
Les camions Euro2 sont interdits de passage dans le tunnel sous le MtBlanc, sais pas quand les Euro3 seront également interdits, améliorons l'air de la montagne ! Ils auraient dû le creuser plus bas, ce tunnel, ça grimpe fort pour monter sur Chamonix, vive le frein moteur à la descente.... mais il aurait été beaucoup plus long....
a écrit le 05/07/2016 à 17:14 :
Joli complot contre le diesel, qui pourtant fournit un couple tout à fait remarquable , et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il équipa en priorité les gros engins à moteur. Mais il faut croire que les intérêts ont du changer, que d'aucuns ont la certitude de gagner aujourd'hui beaucoup d'argent autrement qu'avec lui , donc on décrète la mort du diésel, pour vendre autre chose, peu importe quoi d'ailleurs, l'essentiel étant de le vendre ,puis de le déclarer à son tour hors la loi, afin d'engranger d'autres profits, une fois les investissements amortis. Et le "con-tribuable" lui n'y verra rien, si on lui serine que c'est pour sa santé, enfin, en principe. La preuve dans un autre domaine: Nos élus ont détruit le chemin de fer de ceinture et supprimé les tramway, qui existaient il y a cinquante ans, à Paris pour les rétablir à grand frais aujourd’hui, qui s'en émeut ? Personne, ou presque, ils ont donc raison de faire n'importe quoi, mais cela reste n'importe quoi.
Réponse de le 05/07/2016 à 20:55 :
Tout simplement c'est pas leur pognon.
Après avoir favorisé durant des décennies le diésel (Peugeot), ils font mettre à la casse des véhicules qui pourraient être utiles et que des petites Gens ont payé fort cher de leur sueur.
Elle est belle notre "élite"
Réponse de le 06/07/2016 à 8:50 :
Il y a du vrai. Le Gouvernement, avec le support des média souvent, tape maintenant sur le diesel pour orienter le marché de plus en plus vers l'essence. Il y a plusieurs raison à cela. L'une d'elle est le manque à gagner fiscal. Le litre de diesel est moins taxé que l'essence et le gouvernement ne peut pas faire la rattrapage trop vite car électoralement ce serait un désastre. Une voiture diesel consomme aussi 20 % de moins qu'une essence toute chose égale par ailleurs. Tout cela fait que l'Etat perçoit moins de rentrées fiscales que si tout le parc automobile roulait en essence. Et cela représente un manque à gagner de 4 milliards d'Euro pour l'Etat, à un moment ou l'Etat ne sait quoi inventer pour augmenter ses ressources car il se montre incapable de baisser sa dépence.
a écrit le 05/07/2016 à 16:51 :
Bosch qui est des principaux équipementiers automobile vient d'investir plusieurs millions d'euros dans son usine de Rodez qui produit des injecteurs pour les moteurs diesel ce qui laisse penser que le diesel à encore de l'avenir .
Quant aux projections en 2030 bien plus que les motorisations diesel auront disparues ...nous n'aurons plus besoin de nous déplacer pour nous rendre à notre travail ...les villes seront rendues aux piétons et cyclistes , la pollution de l'air , les bruits de circulation auront disparus ,plus de stress, plus de maladies respiratoires il y aura des pelouses sur les voies sur berges etc....
a écrit le 05/07/2016 à 15:12 :
A méditer:Un bourrage de crane par les anti diesel
Remplir son réservoir d’urée, un geste que seuls les possesseurs de véhicules diesel récents ont déjà pratiqué, mais qui sera peut-être bientôt dépassé. L’équipementier français Plastic Omnium, qui fournit des réservoirs d’urée via sa filiale Auto Inergy, a dévoilé sa dernière innovation en matière de dépollution : le Dinox Solid. L’idée est de remplacer le réservoir d’urée liquide par un système de cartouches rechargeables. Les avantages par rapport au SCR classique sont nombreux.

Pour rappel, le SCR (Selective catalyst reduction) est à ce jour la technologie la plus efficace pour lutter contre l’un des principaux polluants des moteurs diesel : les oxydes d’azote, ou NOx (NO et NO2). Son taux d’élimination des NOx est très élevé, supérieur à 95 %. Pour autant, le système SCR classique, à base d’urée, n’est pas exempt de défauts.
Réponse de le 05/07/2016 à 17:54 :
supérieur à 95%, j'avais lu qu'il arrivait à 95%, plus sais pas, mais déjà ça consomme la solution d'urée plus que la fréquence de révision, et si c'est "inutile" de neutraliser le NOx pour "dépasser" la norme, vaut-ce la peine ? Au moins y a de la marge de réglage.
Un fichier de l'ADAC montre que ma 208 est à 50% de la norme NOx en usage normal, ils ont réglé trop fort :-) ? Deux VW le sont aussi, comme quoi tout dépend du moteur.
Renault est mal parti avec son choix "économique", il lui faudra passer aussi à l'urée, ça compliquera le SAV (anciens moteurs, nouveaux, ..)

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