Le futur patron de Renault ne sera pas forcément français

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Vendredi 11 octobre, Renault a annoncé la démission de Thierry Bolloré, qui occupait le poste de directeur général.
Vendredi 11 octobre, Renault a annoncé la démission de Thierry Bolloré, qui occupait le poste de directeur général. (Crédits : Regis Duvignau)
C'est, du moins, ce qu'a déclaré la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, citant l'exemple d'Air France-KLM, qui a placé à sa tête le canadien Ben Smith.

Le futur directeur général de Renault devra avoir de l'expérience dans la transformation des entreprises et dans le secteur de l'industrie, des atouts primant sur la question de sa nationalité, a déclaré à Reuters la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher.

Le constructeur automobile a débarqué vendredi dernier Thierry Bolloré, qui avait succédé à Carlos Ghosn au poste de directeur général, afin de donner un nouveau souffle opérationnel au groupe au losange et à son partenariat avec Nissan, doté lui aussi depuis peu d'une nouvelle direction générale.

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L'exemple Air France

L'État, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, aborde la question avec l'esprit très ouvert, a dit Agnès Pannier-Runacher. "Quand on a dû chercher le meilleur profil pour Air France, on a eu quelqu'un qui n'était pas français, très bien", a-t-elle déclaré, faisant référence à la nomination de l'ancien patron d'Air Canada Ben Smith à la tête du groupe Air France-KLM , dont l'État français est également actionnaire.

Lire aussi : Ben Smith, le nouveau patron canadien d'Air France-KLM, arrive en terrain miné

"C'est le meilleur profil [qui compte], qui est capable de porter Renault et de jouer son rôle dans l'alliance à un moment de transformation majeure", a-t-elle ajouté.

Confrontés à un nouveau tour de vis de la réglementation européenne sur les émissions polluantes conjugué à un ralentissement général des marchés automobiles, les constructeurs doivent plus que jamais faire jouer les économies d'échelle s'ils veulent pouvoir continuer à investir dans les nouvelles technologies.

Assurer l'intérim

Renault a confié à titre intérimaire la direction générale à la directrice financière Clotilde Delbos, entourée de deux directeurs généraux adjoints, le temps de trouver un successeur définitif à Thierry Bolloré. La recherche du nouveau directeur général - ou directrice générale - a commencé mais s'annonce difficile en interne.

Lire aussi : Renault : pourquoi l'éviction de Thierry Bolloré ne résout (presque) rien

Selon une source du constructeur, cette mission a été confiée au cabinet NB Lemercier & Associés, fondé en 2006 par la spécialiste du recrutement de hauts dirigeants Brigitte Lemercier.

Lors du dernier renouvellement de son mandat à la tête du groupe, début 2018, Carlos Ghosn s'était vu confier comme mission la préparation de sa succession pour garantir que l'alliance Renault-Nissan survive à la génération de ses fondateurs.

Le successeur ? "Probablement une personne externe"

Mais l'ancien homme fort de Renault a tardé à engager ce travail, qui n'avait pas encore été véritablement lancé lorsqu'il a été brutalement arrêté au Japon en novembre dernier pour des accusations de malversations financières qu'il dément. Carlos Ghosn s'était alors contenté de nommer Thierry Bolloré directeur général adjoint.

Lire aussi : L'avocat de Carlos Ghosn s'en prend frontalement au parquet de Tokyo

 "Le successeur sera probablement une personne externe, car Carlos Ghosn n'a rien préparé et plutôt laissé la terre brûlée", a dit une source proche du processus de recrutement.

Selon une autre source proche du dossier, Renault compte bien au comité de direction plusieurs jeunes quinquagénaires prometteurs. Ceux-ci pourront aussi candidater au poste de directeur général mais la direction ayant tardé jusqu'ici à les promouvoir au comité exécutif, ils partent avec un réel handicap.

Aligner son équipe

Thierry Bolloré, qui incarnait depuis janvier le fil rouge opérationnel de Renault au côté du nouveau président Jean-Dominique Senard, a dénoncé sa révocation comme "un coup de force".

Lire aussi : Renault: Thierry Bolloré sur la sellette, la crise de trop !

"C'est un sujet où vous avez un patron qui arrive, qui met au point son équipe, qui l'aligne, rien que de très classique. [Jean-Dominique Senard] fait son travail, point", a commenté la secrétaire d'État.

Agnès Pannier-Runacher a également indiqué que le gouvernement n'était pas opposé à la relance possible du projet avorté de rapprochement entre Renault et Fiat Chrysler.

Lire aussi : Fiat Chrysler retire son offre de fusion avec Renault (qui plonge en Bourse)

"Encore une fois, tout est ouvert", a-t-elle poursuivi. "Dans l'ordre des facteurs, nous on est assez clairs, on veut un projet industriel, on veut une alliance renforcée au service de ce projet industriel."

Quant à la possibilité que l'État réduise sa participation dans Renault pour donner des gages à Nissan, ce n'est pas une priorité, a-t-elle précisé.

"On commence par une histoire industrielle, et après on en tire les conséquences éventuelles sur l'actionnariat", a dit Agnès Pannier-Runacher.

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Commentaires
a écrit le 16/10/2019 à 17:11 :
On garde les excellents moteurs et on retrouve de trop jolies voitures, dauphines ondines furent les dernières, à chaque exhibition rétro, il y a toujours une foule en admiration.
a écrit le 16/10/2019 à 16:44 :
Le Maire, PDG de facto de Renault a délégué à son directeur général Agnès Pannier-Runacher le choix du futur DG de Renault. C'est totalement hallucinant cette ingérence de l'état dans le management de cette entreprise. Sénard président fantoche de l'entreprise automobile la moins valorisée au monde devra continuer à avaler des couleuvres et cela pour combien de temps encore?
a écrit le 16/10/2019 à 15:15 :
Comme digne successeur de Goshn, Lemaire Philippe Macron devraient proposer Sylvie Goulard ...-)
a écrit le 16/10/2019 à 14:13 :
Si l'esprit est ouvert, cette entreprise devrait être rendue au Privé car elle n'a rien à faire dans les propriétés de l'Etat; jusqu'à présent, elle n'a servi qu'à offrir des fromages à des hauts fonctionnaires et l'intervention intempestive des gouvernements et de l'actuel Président lui ont été plutôt nocive.
a écrit le 16/10/2019 à 13:53 :
TB a été démis de ses fonctions de DG de Renault certainement à cause de mésentente avec JDS et les sujets devaient être nbreux...
Avt de devenir DG, il a pu fortement s'imprégner du secteur automobile et des fortes évolutions en préparation ou en cours, d'abord chez Faurecia ds le marketing, la RD, l'industrie et la qualité et puis ensuite chez Renault à partir de 2012 dans l'industrialisation et la compétitivité avec des résultats probants car les ventes et les succès des modèles se sont bien tenus y compris ds l'électrique au cours de la période.
Par ailleurs, Ben Smith est un homme du secteur aéronautique qui s'est illustré ds le redressement d'Air Canada.
Dc, il me semble que pour tenir une telle fonction, une expérience industrielle réussie ds l'automobile me paraît indispensable cpte tenu de la complexité évolutive du secteur. Et que le lauréat soit français ou non importe peu...
Après, une alliance avec FCA ferait peut-être sens comme le succès de PSA avec Opel ds la recherche de synergies, mais il faudrait que Nissan accepte... car quel gain pourrait il en retirer, sachant que son réseau asiatique est très attractif pour FCA et que ce dernier a refusé l'alliance avec PSA.
a écrit le 16/10/2019 à 10:14 :
Ben voila, l'affaire devient limpide, le groupe Renault devient un groupe mondialisé avec son siège, au hasard, en Hollande ?? Et C. Ghosn peut enfin sortir de prison.
a écrit le 16/10/2019 à 9:53 :
Chez Nissan ils sont japonais donc ?,

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