Michelin : l'exercice 2017, un bon cru gâché par les matières premières

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Michelin a vu sa marge opérationnelle à peine éraflée malgré le très fort impact des matières premières.
Michelin a vu sa marge opérationnelle à peine éraflée malgré le très fort impact des matières premières. (Crédits : Alessandro Bianchi)
Le fabricant de pneus a enregistré des résultats records en 2017, et ce, en dépit de la très forte hausse du coût des matières premières (+20%). La capacité à monter ses prix, mais également des volumes en hausse, ont permis de sauver les meubles. Les investisseurs, eux, restent néanmoins perplexes sur les perspectives 2018, et l'ont fait savoir...

Cela aurait pu être un exercice absolument exceptionnel... Michelin se contentera d'une année record. L'année 2017 aura effectivement été celle des meilleurs résultats de l'histoire du pneumaticien. Avec un bénéfice opérationnel sur activités courantes de 2,742 milliards d'euros, celui-ci s'inscrit néanmoins sur une hausse légère de 1,9% - d'ailleurs, l'Ebitda est, à 3 millions d'euros près, identique à celui de l'année précédente, à 4,084 milliards d'euros. Le résultat net progresse, mais également dans des proportions minimales à 1,693 milliard d'euros, soit quelque 26 millions en plus.

Dérapage des matières premières

La faute aux matières premières, l'éternel ennemi des pneumaticiens ! Le coût de ces matières premières a explosé de presque 20% en 2017 pour atteindre 23% du chiffre d'affaires, contre 20 % l'année précédente. La charge matière première aura ainsi coûté 700 millions d'euros à Michelin sur l'année 2017.

Le groupe français peut toutefois se targuer d'avoir su résister à une telle surcharge puisque la marge opérationnelle n'aura que très légèrement baissé passant de 12,9% à 12,5%, soit un niveau somme toute très élevé. Michelin met en avant son plan de compétitivité qui lui permet d'économiser 300 millions d'euros par an. L'autre levier a été les volumes qui ont tiré le chiffre d'affaires de 5% à 21,9 milliards d'euros. Le groupe revendique d'ailleurs des gains de parts de marché notamment sur le marché du pneu 18 pouces (75% du marché mondial). Sur le marché des pneus supérieurs à 19 pouces, le Français enregistre une hausse de 34% de ses ventes sur un marché en progression de 16%.

Sur le marché total, Michelin a réduit l'écart qui le sépare du numéro un mondial passant de 13,8 à 14 % de parts de marché, tandis que Bridgestone est passé de 15% à 14,6%. Le numéro trois, Goodyear, a également perdu du terrain passant de 9,2% à 9% du marché.

Michelin impose ses prix

Enfin, c'est la capacité de Michelin à imposer ses prix qui a permis au groupe de ne pas se laisser happer par le dérapage des matières premières. Ainsi, cet effet prix-mix (répercussion sur les prix des effets de matières premières) ont permis de rapporter 668 millions d'euros au résultat opérationnel sur activités courantes. Autrement dit, l'impact des matières premières a été quasiment neutre sur les résultats de Michelin puisque ni le profit ni les volumes, n'ont été pénalisés. Quant à la marge opérationnelle, l'éraflure reste superficielle.

La déception des marchés

Les marchés, eux, sont plus sévères. Ils ont sanctionné le titre Michelin dès l'ouverture des échanges ce mardi 13 février. Invest Securities est passé de neutre à vendre sur le titre. Il a qualifié l'exercice 2017 "d'un peu juste". Le broker se dit également déçu par les perspectives 2018 qui trahissent une prudence de la direction de Michelin. Les objectifs sont "loin de délivrer un relèvement de guidance", indique Invest Securities. Goldman Sachs, qui reste à l'achat, juge également la perspective 2018 en-deçà des attentes d'environ 2%. La progression du dividende de 3,25 euros par action à 3,55 n'aura pas suffi à calmer les investisseurs. Le titre Michelin recule de 1,32% en début de séance, caracolant en tête des plus grosses baisses du CAC 40.

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