Michelin : un modèle résilient avant le chantier de sa transformation

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(Crédits : Alessandro Bianchi)
Le manufacturier a présenté des résultats annuels encourageants, sans toutefois échapper à l'effondrement de ses profits. Après avoir démontré la résilience de son modèle pendant cet exercice, Michelin s'apprête à lancer un ambitieux plan de transformation stratégique pour 2030.

Le pneumaticien a sauvé les meubles en 2020. Dans le contexte de crise sanitaire, Michelin a fini son exercice sur une baisse contenue de son chiffre d'affaires à 20,4 milliards d'euros -15%). A l'inverse, les indicateurs de solvabilité enregistrent une baisse plus que proportionnelle puisque le résultat opérationnel a fondu de 48% d'une année sur l'autre, tandis que le résultat net a été réduit de 64% à 625 millions d'euros. Pour autant, la marge opérationnelle s'en sort avec un très honorable 9,2% (contre 12% en 2019). Le groupe de Clermont-Ferrand a également dégagé un confortable flux de trésorerie (2 milliards d'euros) et baissé de 11 points son ratio d'endettement.

Des prix défendus

La direction veut croire que le modèle Michelin a encore fait la démonstration de sa résilience. L'orientation du marché vers de plus grands pneus et plus haut-de-gamme a poussé à un meilleur mix-produit. Le fabricant de pneus estime également être parvenu à défendre ses prix premiums malgré le contexte.

De plus, et contrairement aux idées reçues, Michelin n'est pas directement corrélé au marché des voitures neuves qui a chuté de plus de 25% en 2020. Ce segment ne représente en réalité que 13% des ventes totales. Les trois quarts des ventes correspondent en fait au marché de remplacement.

L'équilibre géographique a également permis de mieux ventiler la performance. Les marchés asiatiques ont ainsi nettement rattrapé le premier trimestre marqué par la crise, tandis que l'Amérique du Nord, un marché très important pour Michelin, a retrouvé une forte dynamique au deuxième semestre.

Des économies engagées

Les mesures d'économies conséquentes ont également permis de ne pas dégrader davantage les comptes. Le report d'investissements de capacités de production a ainsi permis d'économiser près de 400 millions d'euros en 2020. Le groupe a également économisé 240 millions d'euros sur les frais généraux.

C'est sur ces bases plutôt solides que Florent Menegaux, PDG de Michelin, s'apprête à divulguer un plan de transformation du groupe à horizon 2030. Mais d'ici là, il est néanmoins resté prudent quant à la conjoncture à court terme et table sur une reprise progressive du marché.

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Commentaires
a écrit le 17/02/2021 à 8:52 :
Et il est dommage que l'Etat n'inbtervienne pas pour interdire tout ces nouveaux pneus neufs à 15 balles qui ne tiennent tout simplement pas la route, les fabricants y mettent des gommes très durs étant de véritables savonettes sur la route, particulièrement dangereux sous la pluie.

MIchelin sur sol mouillé reste de loin le meilleur ce qui fait que Michelin reste le meilleur mais il est évident que c'est plus cher et que les gens se font avoir du fait du prix sans regarder la durée de vie ni la qualité de conception. Alors pour être juste à moto j'ai eu quelques surpises avec leur pneus road mais par contre en voiture jamais.

Il faut que Michelin insiste auprès du gouvernement pour faire interdire le tiers des pneus, les plus mauvais, qui se vendent actuellement sur le marché, c'est pour le bien de tout le monde dont vous et moi. C'est le seul lien que nous avons avec le bitume.
Réponse de le 23/02/2021 à 17:18 :
Il me semble que Michelin fait du lobbyisme aupres l'UE pour des mesures allant dans ce sens. C'est avant tout pour proteger son business, certes, mais quand on voit la legislation autour de la securite automobile ainsi que les controles techniques, imposer un minima sur les performances pneu (tenue de route, durabilité), ca parait logique.... Apres, les lois economiques internationales sont souvent les arbitres, Limiter l'importation de produits chinois en Europe, c'est s'exposer a des mesures reciproques.... Le rapport de force avec la Chine, par sa taille et la stabilité de ses dirigeants (no comment) nous met a l'epreuve, la strategie chinois est sur le long terme, route de la soie, investissement en Afrique, Technologie..... Une Europe forte et unie permettrait de negocier, on en est loin, quand on voit les nationalistes de tout bord et la gestion hasardeuse de Bruxelles a bien des egards. Parfois, on peut se dire que la democratie et le bal des elections n'ont pas fini de nous affaiblir.

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