Le torchon brûle entre les auto-écoles de proximité et leurs concurrentes en ligne. La pomme de discorde ? Un projet de refonte du permis de conduire. Depuis plusieurs mois, un groupe de travail sous l'égide de la Délégation de la sécurité routière (DSR), qui dépend du ministère de l'Intérieur, réfléchit à modifier l'arrêté du 22 décembre 2009 sur l'apprentissage de la conduite.
Les auto-écoles traditionnelles sont sur le pont. Elles militent d'abord pour une augmentation du volume minimum de formation pratique, aujourd'hui fixé à 20 heures, à 28 heures. Leur argumentaire est que certains candidats échouent à l'examen de conduite parce qu'ils le passent trop tôt. Cette situation « entraîne des coûts supplémentaires, estimés en moyenne à 20 % [du forfait de base] liés à la reprogrammation de l'examen », soutiennent les auto-écoles dans un communiqué publié ce mercredi par Mobilians, qui fédère ces professionnels.
Mais ce n'est pas tout. Ce que cette missive ne mentionne pas, c'est que ces acteurs cherchent également à ajouter des précisions sur le contenu de la formation pratique du permis. Dans leur viseur figurent les programmes d'e-learning des plateformes d'auto-écoles en ligne comme Ornikar, En voiture Simone, Stych et Le permis libre. Les nouveaux arrivants du numérique, eux, hurlent au loup. Ils jugent que les auto-écoles traditionnelles ne cherchent qu'à plomber leurs affaires.