Pourquoi Valeo dégringole en Bourse

Jacques Aschenbroich
Reuters
Cela commence à faire beaucoup. Avec la forte baisse de ce jeudi 26 juillet (entre 6% et 9% à la mi-journée, le titre a terminé en baisse de 4,69%), la baisse du cours Valeo depuis le début de l'année frôle les 30%. Une véritable contre-performance pour l'ex-star du marché.
La publication des résultats semestriels ont confirmé ce que les marchés redoutaient : la machine à croissance rentable Valeo est en plein ralentissement. Au premier semestre, le chiffre d'affaires a augmenté de 9%, mais à périmètre constant, la progression n'est que de 5%. Le résultat net, lui, s'inscrit carrément en baisse de 10%. Pis encore, le groupe abaisse ses prévisions au second semestre, « ...alors qu'il les avait confirmées trois mois plus tôt », notent, surpris, les analystes de Bryan Garnier, cités par l'AFP.
Chez Valeo, on maintient pourtant les objectifs à long terme, arguant que malgré les turpitudes conjoncturelles, les résultats restent dans la trajectoire. Ainsi, la marge opérationnelle reste stable à 7,7%... Et ce, malgré les « vents contraires » comme les droits de douane issus de la guerre commerciale initiée par Donald Trump, mais également la hausse des matières premières. « Nous avons compensé ces facteurs exogènes par notre efficience opérationnelle », a souligné Jacques Aschenbroich, Pdg du groupe. Mais cette bonne résistance de la marge opérationnelle a ses limites puisque Valeo a prévenu qu'elle sera impactée sur l'ensemble de l'exercice, et qu'elle sera « légèrement inférieure à celle de 2017 ».
Même les prises de commandes sont en retrait au premier semestre. Elles passent de 14,9 milliards à 14 milliards, alors même que la part des produits innovants est passée de 42 à 48%. Autrement dit, la baisse en volume est plus forte.
Mais Jacques Aschenbroich l'assure, le carnet de commandes est plein. Il est d'ailleurs équivalent à deux fois le chiffre d'affaires, voire plus de trois fois en Chine. Pour Robert Charvier, directeur financier, « c'est en 2019 que nous anticipons un retour à une croissance à deux chiffres ». À cet effet, Valeo a investi dans les capacités de production afin d'être en mesure de répondre à cette croissance.
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Il s'agit pour Valeo de se placer dans une perspective de moyen-terme et surtout de long-terme. C'est d'ailleurs pour cela que la direction a lourdement insisté autour de la coentreprise Valeo-Siemens (que le Français intégrera entièrement en 2022). Cette branche doit faire de Valeo le leader mondial des technologies électriques.
Créée fin 2016, elle engrange déjà les prises de commandes. Le carnet s'élève déjà à 11 milliards d'euros, et tout porte à croire que cela va s'accélérer. En attendant, la « jv » pèse comptablement puisque la marge opérationnelle avec la quote-part des sociétés mises en équivalence, baisse de 8 à 7,4%. « On ne créé pas une coentreprise comme celle-ci sans engranger de pertes au début », assume Jacques Aschenbroich.
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Pour résumer, Valeo n'est pas encore sorti de cette mauvaise séquence avec les marchés, et les résultats semestriels confirment le ralentissement de la dynamique qui a fait le succès de Valeo ces cinq dernières années, malgré le rebond du deuxième trimestre. En revanche, les perspectives à moyen et long terme, les perspectives restent solides.
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