A Mulhouse, Carlos Tavares et Bruno Le Maire célèbrent l'industrie automobile française

Carlos Tavares
Reuters

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A l'occasion de la présentation à l'usine de Mulhouse de son nouveau SUV, la DS7 Crossback, le président de PSA Carlos Tavares a loué les effets bénéfiques de la santé retrouvée du constructeur automobile sur la balance commerciale de la France.
Carlos Tavares évalue le solde excédentaire du groupe à 400.000 véhicules exportés, en hausse de 21%.
A Mulhouse, la modernisation du site et sa conversion aux principes de l'industrie 4.0 ont mobilisé 300 millions d'euros d'investissements depuis 2015. L'usine se retrouve métamorphosée, avec des chariots filoguidés qui apportent en flux synchrones tous les sous-éléments nécessaires à l'assemblage d'une voiture. Exit, les stocks de pièces intermédiaires. Le lancement de la DS7 Crossback, établi à la cadence de 100 véhicules par jour en février, précède de quelques mois le lancement à grande échelle de la nouvelle Peugeot 508, qui sera produite sur le même "Système1".
La chaîne de production restera partagée pendant quelques mois avec le petit Crossover Peugeot 2008 (900 véhicules/jour). Sur l'autre chaîne d'assemblage "Système 2", Mulhouse produit actuellement la Citroën C4, en fin de vie (213 véhicules/jour) et son dérivé DS4 (83 véhicules/jour). "Mulhouse est devenue la vitrine de l'usine du futur, aux meilleurs standards au monde", se félicite Carlos Tavares. L'usine alsacienne doit accueillir dès 2019 "la production d'un véhicule hybride rechargeable essence", a annoncé Carlos Tavares, sans préciser à quelle gamme ce modèle serait rattaché. PSA devrait sans surprise dévoiler l'année prochaine une déclinaison hybride de son DS7 baptisée E-Tense, développant 300 chevaux répartis entre 4 roues motrices, à un prix supérieur à 60.000 euros.
Au lancement, la DS7 Crossback est vendue entre 31 200 euros pour la version Blue HDi 130 (finition de base et boîte manuelle) et 48 900 euros pour la version essence (220 chevaux) la mieux équipée. Le nouveau modèle s'attaque, avec un temps de retard, à un marché du SUV premium déjà encombré, dominé par les constructeurs allemands (BMW X1 et X3, Audi Q3 et Q5), et sur lequel les Italiens (Alfa Romeo Stelvio) jouent déjà la carte de l'originalité stylistique. Sans oublier les productions japonaises (Infiniti, Lexus) et les britanniques (Land Rover Evoque et Discovery Sport et Jaguar F-Pace). Le pari du premium pour l'usine de Mulhouse dépendra donc de la capacité de la marque DS à se positionner sur ce segment très disputé, mais également très exigeant. Le risque sur le plan industriel et social est réel, mais si le pari est remporté, il pourrait signifier la pérennisation d'une production vertueuse en France.
Quelques minutes avant sa visite inaugurale jeudi matin, Carlos Tavares a été témoin d'un violent accrochage verbal entre un groupe d'une dizaine de salariés, emmenés par leurs délégués CGT, et le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. Venu en Alsace pour louer l'action de PSA dans l'innovation et la formation, ce dernier a été pris à partie sur la politique de l'emploi et de la politique salariale de PSA.
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En janvier 2018, la direction de PSA a organisé le départ de 177 salariés du site de Mulhouse dans le cadre de la nouvelle procédure de rupture conventionnelle collective, et celui de 100 autres en congés senior. Le 31 janvier, la direction a annoncé en comité d'établissement la perspective de 50 embauches en CDI. Le site compte à ce jour 5712 salariés en CDI et 1.438 intérimaires.