A Mulhouse, Carlos Tavares et Bruno Le Maire célèbrent l'industrie automobile française

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Carlos Tavares (à gauche) reçoit Bruno Le Maire, ministre de l'économie, dans l'usine PSA de Mulhouse qui a reçu plus de 300 millions d'euros d'investissements. Cette visite a été troublée par un échange musclé entre le ministre et des représentants syndicaux.
Carlos Tavares (à gauche) reçoit Bruno Le Maire, ministre de l'économie, dans l'usine PSA de Mulhouse qui a reçu plus de 300 millions d'euros d'investissements. Cette visite a été troublée par un échange musclé entre le ministre et des représentants syndicaux. (Crédits : Reuters)
[VIDEO] Le lancement à Mulhouse du nouveau SUV de luxe DS7 Crossback conforte le made in France, qui ne représente plus qu'un tiers de la production de PSA. Les usines françaises apporteraient, selon lui, un bénéfice de 5,54 milliards d'euros à la balance commerciale française. La visite du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a provoquée un échange musclé avec des représentants syndicaux.

A l'occasion de la présentation à l'usine de Mulhouse de son nouveau SUV, la DS7 Crossback, le président de PSA Carlos Tavares a loué les effets bénéfiques de la santé retrouvée du constructeur automobile sur la balance commerciale de la France.

"PSA est le premier constructeur automobile en termes de contribution à la balance commerciale de la France, avec un excédent de 5,54 milliards d'euros et en hausse de 15%", a-t-il déclaré.

Carlos Tavares évalue le solde excédentaire du groupe à 400.000 véhicules exportés, en hausse de 21%.

"Nos cinq usines d'assemblage françaises ont produit 1,1 million de véhicules en 2017. C'est plus d'un tiers de la production mondiale de véhicules du groupe, en augmentation de 13% par rapport à 2016. La France s'affirme comme une base forte de la croissance rentable du groupe PSA", a-t-il encore indiqué.

300 millions pour l'industrie 4.0

A Mulhouse, la modernisation du site et sa conversion aux principes de l'industrie 4.0 ont mobilisé 300 millions d'euros d'investissements depuis 2015. L'usine se retrouve métamorphosée, avec des chariots filoguidés qui apportent en flux synchrones tous les sous-éléments nécessaires à l'assemblage d'une voiture. Exit, les stocks de pièces intermédiaires. Le lancement de la DS7 Crossback, établi à la cadence de 100 véhicules par jour en février, précède de quelques mois le lancement à grande échelle de la nouvelle Peugeot 508, qui sera produite sur le même "Système1".

La chaîne de production restera partagée pendant quelques mois avec le petit Crossover Peugeot 2008 (900 véhicules/jour). Sur l'autre chaîne d'assemblage "Système 2", Mulhouse produit actuellement la Citroën C4, en fin de vie (213 véhicules/jour) et son dérivé DS4 (83 véhicules/jour). "Mulhouse est devenue la vitrine de l'usine du futur, aux meilleurs standards au monde", se félicite Carlos Tavares. L'usine alsacienne doit accueillir dès 2019 "la production d'un véhicule hybride rechargeable essence", a annoncé Carlos Tavares, sans préciser à quelle gamme ce modèle serait rattaché. PSA devrait sans surprise dévoiler l'année prochaine une déclinaison hybride de son DS7 baptisée E-Tense, développant 300 chevaux répartis entre 4 roues motrices, à un prix supérieur à 60.000 euros.

L'enjeu d'une industrie premium très disputée

Au lancement, la DS7 Crossback est vendue entre 31 200 euros pour la version Blue HDi 130 (finition de base et boîte manuelle) et 48 900 euros pour la version essence (220 chevaux) la mieux équipée. Le nouveau modèle s'attaque, avec un temps de retard, à un marché du SUV premium déjà encombré, dominé par les constructeurs allemands (BMW X1 et X3, Audi Q3 et Q5), et sur lequel les Italiens (Alfa Romeo Stelvio) jouent déjà la carte de l'originalité stylistique. Sans oublier les productions japonaises (Infiniti, Lexus) et les britanniques (Land Rover Evoque et Discovery Sport et Jaguar F-Pace). Le pari du premium pour l'usine de Mulhouse dépendra donc de la capacité de la marque DS à se positionner sur ce segment très disputé, mais également très exigeant. Le risque sur le plan industriel et social est réel, mais si le pari est remporté, il pourrait signifier la pérennisation d'une production vertueuse en France.

Bruno Le Maire fraîchement accueilli...

Quelques minutes avant sa visite inaugurale jeudi matin, Carlos Tavares a été témoin d'un violent accrochage verbal entre un groupe d'une dizaine de salariés, emmenés par leurs délégués CGT, et le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. Venu en Alsace pour louer l'action de PSA dans l'innovation et la formation, ce dernier a été pris à partie sur la politique de l'emploi et de la politique salariale de PSA.

"Ici, il y a 1.400 intérimaires. Cette année, il n'y a eu que 30 embauchés", a attaqué Salah Keltoumi, délégué CGT.

"Votre vision de l'économie, c'est celle qui coule la France depuis des années. Vous faites partie de ces gens qui mènent le pays à sa ruine", a répondu Bruno le Maire.

En janvier 2018, la direction de PSA a organisé le départ de 177 salariés du site de Mulhouse dans le cadre de la nouvelle procédure de rupture conventionnelle collective, et celui de 100 autres en congés senior. Le 31 janvier, la direction a annoncé en comité d'établissement la perspective de 50 embauches en CDI. Le site compte à ce jour 5712 salariés en CDI et 1.438 intérimaires.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2018 à 17:40 :
Il était temps qu'on est un ministre qui tienne la dragée haute devant ces "Terroriste". Déjà j'avais beaucoup apprécié son intervention face au "fainéant" de la SNCF au salon de l'agriculture.
a écrit le 26/02/2018 à 15:27 :
A l'ENA, on apprend surtout à gaspiller l'argent public en déplacements, à réinventer l'eau chaude et autres billevesées. Cet éblouissant ministraillon devrait, plutôt que d'en parler, réduire les dépenses du gouvernement, des deux chambres du parlement, des superrégions, des départements et autres collectivités qui nous font crouler sous les impôts; je ne vois pas qu'il y excelle. Il devrait même supprimer l'ENA qui ne brille pas, sauf dans le privé, par les produits qu'elle forme depuis GISCARD d'estaing.
a écrit le 25/02/2018 à 18:41 :
la CGT un syndicat en retard de 100 ans ! Lénine est mort et le dictature du prolétariat aussi avec la fin de l'URSS ! et chez nous la CGT croit encore à pouvoir l'instaurer !
avec de tels comportements la co-gestion à l'allemande n'est pas pour demain chez nous !
a écrit le 25/02/2018 à 11:36 :
S'il n'y a eu que 30 embauches, c'est qu'il n'y en avait pas besoin de plus, non?
Réponse de le 25/02/2018 à 13:59 :
Est ce que Peugeot a renoncé à des commandes clients avec cette quantité d'embauches?
a écrit le 24/02/2018 à 11:48 :
Pathétique Le Maire ! Périlleux de quitter son bureau ministériel pour débarquer dans un chaudron ouvrier : " Dites moi d'abord bonjour et serrez moi la main avant de discuter ..". Hautain, il doit apprendre la politesse à ces manants avant de leur démontrer les bienfaits du management de Tavarez : 50 % de réduction des effectifs,1400 intérimaires, emplois précaires et salaires très bas. Rappel : l’État détient 14% du capital de PSA .
Réponse de le 24/02/2018 à 14:07 :
Pour avoir vu la vidéo je pense que le mépris a commencé du côté du délégué CGT qui a mon avis aurait été plus audible si effectivement il avait dit bonjour et serré la main. Le rôle d'un délégué syndical est de représenter les salariés et de défendre leurs intérêts. Dans la vidéo, on comprend vite que l’intérêt du ministre est de ne pas rentrer dans la discussion. Bref tout cela donne l'image d'un syndicat qui se plaint d'une élite hautaine et qui refuse de parler avec cette élite. C'est dommage car sur le fond il y avait des arguments légitimes à mettre sur la table.
a écrit le 24/02/2018 à 10:45 :
la honte ! après avoir surtaxé l automobiliste !
a écrit le 24/02/2018 à 10:16 :
Il existera toujours une clientèle de gens aisés pour des voitures premium, cependant il serait souhaitable de mettre sur le marché des véhicules du type ancienne R5, Saxo,.. d'une faible masse, bridée à 110 km/h, d'une consommation voisine de 2,5 litres et qui seraient d'une conception conforme à nos connaissances actuelles sans réinventer la poudre. Quand à la pollution, n'oublions pas qu'elle est une fonction de la quantité du carburant consommé.
a écrit le 24/02/2018 à 10:07 :
la célèbre "REFORME" de micron avec les ordonnances sur le code du travail n'est qu'un vaste leurre. Un exemple; les ruptures conventionnelles collectives, sont en fait les préretraites d'il y a quelques années, ni plus ni moins, tout ce que fait micron pseudo réformette après pseudo réformette prouve s'il était besoin son incapacité à faire évoluer notre société. dernière en date la nomination des copains, copines comme jouanno prête à se faire retourner, comme les lemaire, darmanin et philippe et solere et bayrou et......quelqu'un ici a UNE seule pas deux UNE idée que micron a eu et qui est finalisée par un résultat positif. UN
a écrit le 24/02/2018 à 9:45 :
la cgt et le maire ne sont que des corporatistes plus préoccupés par leur nombril que par l'intérêt général du pays et de l'ensemble des français ce n'est pas avec des types qui se la jouent gros muscles et un type qui joue la star People que la France trouvera un équilibre social économique à l'exemple des pays nordiques Suède Danemark finlande. ..
a écrit le 24/02/2018 à 9:03 :
La honte est pour la CGT d'avoir des délégués du personnel aussi nul, des grandes gueules avec un poids chiche dans la tète. Heureusement qu'ils sont minoritaires chez PEUGEOT. Ils n'ont toujours pas compris pourquoi PEUGEOT est sorti de sa situation proche de la faillite industrielle , pour aujourd'hui produire des voitures de qualité supérieure qui rivalisent avec les voiture allemandes Chaque mois PEUGEOT augmente ses ventes. Quelle image désastreuse ce délégué de la CGT offre du syndicalisme français.
Réponse de le 24/02/2018 à 11:11 :
Excellent commentaire, rien à ajouter.
a écrit le 24/02/2018 à 8:48 :
1438 intérimaires pour un effectif de 5712 salarié en CDI, franchement il faut le reconnaître il y a un vrai problème la CGT a raison de pointer ce problème.
Est ce que la réforme du code du travail apportera la solution avec des embauches plus faciles et des licenciements facilités l’avenir nous le dira
a écrit le 23/02/2018 à 21:54 :
Avec des ministres comme le maire on avance!!!!!!! quelle honte
a écrit le 23/02/2018 à 19:21 :
Sont vraiment schizo au gouvernement. D'un côté, ils encensent l'industrie automobile. De l'autre côté, ils lui mettent constamment des bâtons dans les roues : restriction de circulation, communication sur les méfaits de l'automobile (pollution, sécurité routière), politique de sécurité routière délirante (80 km/h)...
Réponse de le 24/02/2018 à 10:06 :
Pourquoi ...? ParcE que limiter la vitesse est l' un des rares sujets sur lequel les gouvernements ont la main, pour le reste ils signent la feuille de route de Bruxelles une fois l' an ...!
Les deux rasions essentielles de la limitation de vitesse à 80 KMS/H sont qu' avec un delta de 50 kms avec l' autoroute, les français vont préférer se faire taxer par les copains du CAC 40 et que le budget paupérisé par l'appartenance à l' UE (bientôt 12 milliards perdus annuellement) ne permet plus d ' entretenir le réseau secondaire.

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon

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