Crise du logement étudiant : la rentrée s’annonce très compliquée
Maxime Heuze
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Faute de logement, les étudiants « sont parfois obligés d'habiter chez leurs proches voire dormir dans leur voiture pendant plusieurs mois » alerte Hania Hamidi, secrétaire générale de l'UNEF.
Alors que 2,93 millions d’étudiants s’apprêtent à reprendre les cours, trouver un logement devient un sujet de plus en plus pressant. Le manque d’offres de studios à louer fait toutefois exploser la tension locative dans de nombreuses villes.
Les étudiants ont toujours connu des difficultés à se loger, mais cette rentrée pourrait bien être l'une des pires. Et pour cause, les studios - ciblés par les étudiants - ont connu une explosion des demandes dans de nombreuses villes.
Selon le site d'annonces immobilières Beanstock, un appartement parisien de 14 m² à 710 euros par mois a reçu 566 candidatures en une semaine au mois d'août, soit 69% de plus que lors de la rentrée 2023. Une situation qui concerne d'autres villes, comme Lille où un bien de 21 m² à 680 euros a vu son nombre de candidatures augmenter de 21% sur un an. Plus flagrant encore, selon le site Bien'ici la tension locative - la différence entre l'offre et la demande - pour des studios a augmenté de 63% à Bordeaux, 70% à Lille, et même de 114% à Rennes entre juillet-août 2023 et 2024.
Une tension venant principalement de la diminution du nombre d'offres à la location. Toujours selon Bien'ici, le nombre d'annonces de studios à louer dans les dix plus grandes métropoles a diminué de 19% par rapport à l'été dernier, et même de 43% par rapport à l'été 2021.
Un véritable problème pour les 2,93 millions d'étudiants qui vont faire leur rentrée ce mois-ci et «qui sont parfois obligés d'habiter chez leurs proches, voire dormir dans leur voiture pendant plusieurs mois», alerte Hania Hamidi, secrétaire générale de l'UNEF.
Certains seront peut-être même contraints de renoncer à leurs études faute de logement, comme ce fut le cas pour 12% d'entre eux en 2023, selon une étude OpinionWay pour Wellow, spécialiste de la colocation.
Mais alors, à qui la faute ? Le manque de locations à pourvoir vient d'abord d'un fort ralentissement de la rotation locative. Selon la start-up Imodirect, la durée moyenne des baux en France est passée de 30 mois en 2022 à 40 mois aujourd'hui pour tous les biens... et de 18 à 26 mois pour les studios meublés.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
«A cause de la difficulté à avoir un crédit et à devenir propriétaire, de nombreux ménages ne libèrent pas leurs locations», analyse le président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), Loïc Cantin.