Crise immobilière : bonne nouvelle, les réservations de logements neufs augmentent à nouveau
latribune.fr
Sur le trimestre, l'augmentation concerne les réservations de nouvelles constructions (+2,4%) et celles de logements neufs en construction sur existant (+10,4%), précise le ministère.
Le nombre de logements neufs commercialisés par des promoteurs immobiliers et réservés par des particuliers a augmenté de 3,3% entre le premier et le deuxième trimestre, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, dévoilés ce mercredi. Sur un an, cependant, la baisse des réservations reste toujours marquée.
Serait-ce le signe du retour des beaux jours pour l'immobilier ? Selon les statistiques provisoires du ministère de la Transition écologique publiées ce mercredi, le nombre de logements neufs commercialisés par des promoteurs immobiliers et réservés par des particuliers s'établit à 16.199 au deuxième trimestre 2024, en hausse de 3,3% par rapport au précédent. Un chiffre symbolique, puisqu'il s'agit d'une première hausse trimestrielle après 24 mois de dégringolade.
Dans le détail sur le trimestre, l'augmentation concerne les réservations de nouvelles constructions (+2,4%) et celles de logements neufs en construction sur existant (+10,4%), précise le ministère.
Il convient toutefois de nuancer ces chiffres. Sur un an, la diminution des réservations de logements neufs par des particuliers auprès des promoteurs se confirme, avec une nouvelle chute de 11,9% par rapport au deuxième trimestre 2023. Cela affecte en particulier les nouvelles constructions (14,2%), dans un contexte économique très défavorable pour la construction neuve.
Moins de logements mis en vente
A noter aussi et surtout : au deuxième trimestre 2024, 14.394 nouveaux logements neufs ont été mis en vente par les promoteurs, en baisse de 4,1% par rapport au premier trimestre, et en chute de 35,7% sur un an. Cette diminution du nombre de biens proposés à la vente concerne surtout les appartements (-5%), coeur de métier des promoteurs, tandis que davantage de maisons ont été mises sur le marché (+9,9%). Le stock de logements neufs disponibles est également en diminution par rapport au premier trimestre 2024, avec 124.229 logements disponibles (-3,4%), et sur l'année avec une baisse 5,8% par rapport au deuxième trimestre 2023.
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Le prix moyen au mètre carré des appartements neufs s'établit à 4.749 euros au deuxième trimestre 2024, en légère diminution comparé au trimestre précédent (-1%). Mais « cette diminution ne concerne pas les studios », précise le ministère.
Ces données corroborent les données provisoires publiées le 30 juillet par le ministère de la Transition écologique, affirmant que le nombre des permis de construire a continué de baisser en juin en France, atteignant un plus bas historique depuis au moins 2015. Entre juillet 2023 et juin 2024, 347.900 logements ont été autorisés à la construction, soit 15,3% de moins que lors des 12 mois précédents.
150.000 emplois menacés d'ici 2025
Ces nouveaux chiffres ne font que confirmer la crise qui frappe les logements neufs depuis 2022. Les coûts des chantiers ont augmenté, sous l'effet de la hausse des prix des matériaux de construction et du durcissement des exigences environnementales. La demande, elle, a dévissé, du fait de conditions défavorables pour emprunter et de la fin de niches fiscales favorables à l'investissement.
La situation commence à avoir des effets sur l'emploi, plusieurs promoteurs ayant annoncé des plans sociaux tandis que des acteurs plus petits déposent le bilan. La Fédération française du bâtiment craint 90.000 suppressions d'emplois d'ici fin 2024, puis 150.000 mi-2025.
Déjà, 25.000 emplois ont été supprimés au premier trimestre 2024, selon la FFB, pour qui cette tendance va continuer au cours de l'année.
«Malheureusement, à ce jour, ce n'est qu'un début. Et nous allons vers une grande glissade vers la fin de l'année 2024», a prévenu son président Olivier Salleron, lors d'une conférence le 10 juillet.
« S'il n'y a aucune mesure puissante de relance sur le neuf, (...) ce sont 150.000 emplois qui seront concernés dans le bâtiment » d'ici à 2025, a-t-il complété, plus 300.000 en prenant en compte les emplois induits.