Immobilier : pourquoi le viager connaît un regain d’intérêt
Frédéric Thual
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Sophie Richard, fondatrice de Viagimmo veut changer l'image du viager.
Viagimmo
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Sophie Richard, fondatrice de Viagimmo veut changer l'image du viager.
Viagimmo
Acheter une maison en versant une rente à vie au vendeur : méconnue, souvent raillée pour avoir été caricaturée par le septième art et la littérature, ce type de vente immobilière connaît pourtant un vrai regain d'intérêt depuis la crise sanitaire et les différents coups durs qui ont suivi comme la guerre en Ukraine, la crise énergétique et l'inflation. « Il y a eu un véritable basculement depuis deux ans », constate en effet Sophie Richard, fondatrice, en 2017, de l'enseigne Viagimmo devenue en début d'année, le premier réseau de franchises dédié à la vente en viager, avec une trentaine d'agences réparties sur le territoire national et l'ambition d'ouvrir huit à dix nouvelles agences par an pour répondre à une croissance de 30% depuis la crise sanitaire. « Le regard des héritiers, des investisseurs et des médias a évolué. Quand je vais sur un plateau télé, je n'ai plus le sentiment de monter sur un ring... Si bien, qu'aujourd'hui, on ne parle plus du viager comme un outil pour déshériter ses enfants ou faire un pari sur la mort, mais comme un moyen de répondre aux problématiques de la réforme des retraites, de la Silver économie ou de l'accession à la propriété pour les jeunes générations. Or, le viager peut être une réponse aux diverses crises sociétales », constate l'autrice de plusieurs « doctrines » visant à faire évoluer le métier, désireuse de dépoussiérer une profession morcelée.
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Selon la dirigeante de Viagimmo, l'appétence pour le viager est apparue au moment des Gilets Jaunes « lorsque les gens ont pris conscience que le système de retraite par répartition arrivait à bout de souffle », estime-t-elle. Pour elle, dans un pays à fort taux de propriété où l'on compte 60% de résidences principales, le viager peut être assimilé à une retraite complémentaire. « C'est un troc entre particuliers. Il permet de monétiser le capital immobilier en revenu complémentaire pour se constituer un pécule indispensable à la retraite. Le viager est un sujet ultra moderne, au cœur de l'actualité politique ! », défend la juriste en droit de l'immobilier, reconvertie il y cinq ans dans la défense et dans l'encadrement de la vente en viager. Elle n'exclut pas d'ailleurs de s'engager dans un comité consultatif lié à la réforme des retraites « pour instituer le viager comme une des solutions pour sécuriser sa retraite ». En 2012, déjà, après dix ans de droit, c'est le goût pour la gymnastique intellectuelle -dans les dossiers- et les rapports humains qui l'avait amené à réfléchir et modéliser un concept d'agences immobilières vouées au viager, avec, pour se démarquer de la concurrence des mandataires et autres commerciaux, la création d'agences physiques. « Pour des raisons de proximité, aussi. Le viager, ce sont des tranches de vie que l'on accompagne. La clientèle est moins volatile que dans les agences immobilières traditionnelles », dit-elle.
Frédéric Thual