La rénovation des bâtiments, "angle mort des politiques climatiques" (institut Montaigne)
César Armand

Photo d'illustration
Reuters
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Deux ans après une note "Energie, priorité au climat" censée "attirer l'attention des pouvoirs publics sur l'angle mort des politiques climatiques en France : le transport et le bâtiment", l'institut Montaigne publie ce mardi 23 juillet un rapport sur "la rénovation énergétique : chantier accessible à tous".
Au cours d'une vingtaine d'auditions avec des entreprises du secteur, des enseignants-chercheurs, un maire et un architecte, le think-tank dit avoir "essayé d'avoir une approche innovante en [se] mettant à la place de l'usager et en raisonnant par type de parcours client". Le résultat ne s'est pas fait attendre : "les objectifs doivent être clairs, les moyens bien dimensionnés et les résultats évalués de manière transparente".
Parmi les dix propositions, figurent le rétablissement du vote à la majorité simple des travaux d'efficacité énergétique en assemblée générale de copropriété, ou la nomination d'un médiateur de la rénovation énergétique pour renforcer la confiance des particuliers et traiter les litiges entre particuliers et artisans.
Sans attendre la parution officielle de son étude, le senior fellow Energie et climat l'a déjà portée à la connaissance des parlementaires qui se retrouveront le 25 juillet en commission mixte paritaire Assemblée nationale-Sénat pour examiner le projet de loi énergie et climat. La recommandation consistant à inciter les Caisses d'allocations familiales (CAF) à communiquer à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) la liste des potentiels bénéficiaires de ses aides pour en faciliter l'identification a ainsi déjà été reprise sous la forme d'un amendement.
Refusant pour autant de se définir comme "un lobby professionnel", l'institut Montaigne affirme vouloir l'émergence d'"idées qui ne sont toujours pas consensuelles parmi [ses] membres" en tentant de "faire des propositions rationnelles et argumentées" fondées sur des comparaisons internationales. Par exemple, les contrats de performance énergétique sont toujours intégrés à la dette des collectivités ou de l'Etat, alors qu'ils pourraient en être déconsolidés. "Faire accepter des propositions nouvelles prend souvent du temps", estime Benjamin Fremaux, ancien conseiller écologie et énergie de Christine Lagarde à Bercy. "Nous demandons simplement à l'Etat de réfléchir aux problèmes différemment."
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Interrogé par La Tribune, le professionnel des contrats de performance énergétique Rodolphe Roux estime que "ce rapport va dans le bon sens", ayant "le mérite de mettre le consommateur au centre des processus de décision" et proposant des solutions à "des problématiques opérationnelles quotidiennes" rencontrées par les acteurs de ce marché. Dans le même temps, le managing director de Crust Energie aurait aimé que l'étude aille "plus loin" avec des propositions "encore plus audacieuses et surtout stimulantes pour tous les acteurs clés de ce sujet majeur".
César Armand