La métropole du Grand Paris veut faire mieux sur la rénovation des logements

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(Crédits : Mike Fouque)
Dans la continuité d'un plan climat air énergie métropolitain adopté en novembre dernier, la MGP veut montrer à l'Etat qu'elle est en pointe sur la réhabilitation des passoires thermiques franciliennes. La collectivité a donc réuni ce 2 juillet 2019 des représentants de l'administration, des collectivités et des propriétaires pour avancer ensemble sur ce sujet de santé publique.

Tous les jours ou presque depuis sa création le 1er janvier 2016, la métropole du Grand Paris veut prouver qu'elle existe. Après l'instauration hier de la zone à faibles émissions, elle a organisé ce 2 juillet une COP (conférence des parties, Ndlr) sur la rénovation des logements privés. Il y a en effet urgence : 72% des bâtiments résidentiels de la MGP ont été construits avant la première réglementation thermique de 1974 (qui fixait un objectif de réduction de 25% des consommations des bâtiments, Ndlr) et 25.000 ménages sur 7 millions d'habitants se trouvent en situation de précarité énergétique.

Dans le contexte de l'examen du projet de loi énergie et climat au Parlement, la métropole entend donc "massifier la rénovation du parc résidentiel". Son président Patrick Ollier rêve ainsi d'un "guichet unique sur l'amélioration de l'habitat avec un accès équitable à l'information".  Dans la continuité d'un plan climat air énergie métropolitain voté le 12 novembre dernier, il mise également sur l'appui de l'État pour "cibler le parc privé, construire un rendez-vous annuel et concilier le local et le national pour établir des passerelles".

L'accès aux PTZ, toujours aussi compliqué

En retour, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon se dit prête à aider la métropole, notamment "trouver les modalités financières". Mais elle rencontre le même écueil que la collectivité, à savoir faciliter l'accès aux prêts à taux zéro. "Des conseillers bancaires n'en ont jamais entendu parler, d'autres trouvent que c'est compliqué... Ce n'est plus possible !" s'impatiente-t-elle. "Il faut simplifier les cycles de décision dans les assemblées générales de copropriété."

La représentante du gouvernement en oublierait presque que l'exécutif peut proposer des projets de loi visant à simplifier les procédures. Le président de l'Agence parisienne du climat Yves Contassot va toutefois dans le même sens que la secrétaire d'État Emmanuelle Wargon : "3 à 4 ans, c'est le délai minimal entre le début d'une réflexion en copropriété et le début des travaux". Ce dernier plaide en outre pour "une accélération" des incitations et des sanctions prévues par la loi énergie et climat aux échéances de 2021, 2022, 2023 et 2028.

Concilier des restes à charge "acceptables" et une stabilisation des dispositifs d'aide

Autre problème qui se pose : le reste à charge payé par les copropriétaires, avant, pendant et après les travaux de réhabilitation. Représentant les propriétaires bailleurs et/ou occupants, le directeur de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) Pierre Hautus estime que la métropole du Grand Paris (MGP) pourrait "aider les agrégateurs d'aides". Valérie Mancret-Taylor, directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat, évoque, elle, une "contractualisation" entre la MGP et les parties prenantes. Le maire de Clichy-sous-Bois et président de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine Olivier Klein considère, lui, que "si ce montant n'est pas acceptable par les habitants, on revient à la case départ"... malgré les bonnes volontés initiales.

Par ailleurs, le succès de l'initiative métropolitaine passera par un changement d'échelle. Arnaud Cursente, directeur des grands projets et de la rénovation des copropriétés dégradées chez CDC Habitat (groupe Caisse des Dépôts), relève que "la Banque européenne d'investissement est prête à financer, mais elle ne veut pas venir pour 4 ou 5 copropriétés". Le président du Plan bâtiment durable Philippe Pelletier estime, pour sa part, que "la condition majeure" est la stabilisation des dispositifs d'aide. "Sinon, on n'a aucune raison de s'étonner qu'on n'arrive pas à massifier..."

Enfin, pour parvenir à des résultats tangibles, les acteurs publics et privés du Grand Paris ont réussi à s'entendre sur trois points : continuer à travailler ensemble sous ce format de conférence des parties (COP, Ndlr), pérenniser les dispositifs d'accompagnement existants, comme les agences locales de l'énergie et du climat (ALEC), et bien entendu faciliter l'accès aux financements.

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