« Logements publics » à Paris : la piste d’Hidalgo pour retenir les classes moyennes
César Armand
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Anne Hidalgo, maire de Paris, voit loin pour tenter de retenir les classes moyennes qui désertent Paris.
Reuters
L'adjoint (PCF) au Logement de la maire de Paris, Ian Brossat, vient d'annoncer un objectif ambitieux: 40% de "logements publics" en 2035 ! Il s'agit ni plus ni moins que de retenir les classes moyennes, trop pauvres pour le parc privé et trop riches pour le parc social. Lors de sa campagne municipale de 2020, Anne Hidalgo avait en effet déjà annoncé son objectif de 20 milliards d'euros pour "reconquérir" 30.000 logements d'ici à 2026. Aujourd'hui, les modalités économiques et financières restent floues. Décryptage.
40% de « logements publics » à Paris en 2035 ! Rien de moins. Derrière ce pourcentage, l'adjoint (PCF) chargé du Logement veut atteindre, dans treize ans, les 30% de logements sociaux et 10% de logements abordables, des habitats dont les loyers sont inférieurs à 20% à ceux du marché.
Retenir les classes moyennes
Sauf que ce double objectif nécessite de produire 4.000 logements sociaux et autant de logements abordables supplémentaires dans les délais impartis. D'autant qu'à l'heure actuelle, Paris ne compte « que » 24,7% de logements sociaux, contre 13% en 2001 lorsque le socialiste Bertrand Delanoë a été élu maire de la capitale.
Entre un marché de l'achat privé cantonné aux classes supérieures et un parc social réservé aux classes populaires, l'exécutif parisien veut désormais retenir les classes moyennes. Ces dernières sont les premières à quitter la Ville-lumière pour d'autres communes dès lors qu'elles ont un enfant ou divorcent.
Une promesse de campagne d'Hidalgo... en janvier 2020
En réalité, Ian Brossat ne fait que reprendre à son compte une annonce d'Anne Hidalgo, alors candidate à sa réélection aux élections municipales. Le 15 janvier 2020, l'édile avait en effet choisi un garage aérien transformé en immeuble de logement social dans le 9ième arrondissement pour y annoncer la création d'une société mixte publique-privée proposant de la location à des prix abordables.
Aux côtés déjà de son adjoint (PCF) au Logement et d'Alain Dinin, président de Nexity, premier opérateur immobilier français, elle avait promis que cette future société serait d'un dotée d'un milliard d'euros de la Ville, de deux milliards d'une institution publique type Caisse des Dépôts et de trois milliards d'euros d'acteurs privés, comme les assureurs ou les banquiers.
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Lever 20 milliards pour "reconquérir" 30.000 logements d'ici à 2026
Déjà l'objectif d'Anne Hidalgo était ambitieux : lever 20 milliards d'euros pour « reconquérir » 30.000 logements d'ici à 2026 (date de fin du mandat actuel, Ndlr). Elle prenait l'exemple d'un couple qui démarre dans la vie active, qui a un enfant et qui souhaite accueillir un deuxième. « Les loyers seront 20% en-dessous du prix du marché actuel", avait-elle également fait savoir.